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À L?ÈRE DU FLEXITIME
Le flexitime que le gouvernement envisage d?introduire, les fonctionnaires n?en ont qu?une vague idée. Une variante est en vigueur dans la fonction publique depuis le début de l?année. Mais pour bénéficier pleinement des avantages du système, dit d?horaire mobile, un aménagement beaucoup plus important est nécessaire.
Le fonctionnaire a actuellement 30 minutes de flexibilité le matin, entre 8 h 45 et 9 h 15. S?il arrive à 9 heures, il part à 16 h 15, s?il arrive à 9 h 15, il part à 16 h 30 et ainsi de suite. Histoire de remplacer le retard.
Le vrai flexitime, c?est autre chose. En Grande-Bretagne, par exemple, la flexibilité est de deux heures et demie. L?employé britannique, après accord avec son bureau, a le droit de prendre le travail entre 7 h 30 et 10 heures et partir entre 16 heures et 19 h 30.
D?un pays à l?autre, le motif du recours au flexitime varie, et les formules aussi. C?est par égard pour les mères de famille que la Grande-Bretagne a revu sa législation du travail. Au Royaume-Uni, l?horaire mobile est un droit et toute entreprise qui se trouve devant une telle demande de la part de ses employés se doit de travailler une formule acceptable aux deux parties.
L?horaire mobile a également cours au Canada, au Luxembourg, en Suisse et en Malaisie notamment. La formule a marché dans tous les pays où elle a été introduite. En Europe, on parle même d?un gain net en productivité?
ALLÉGER LA CONGESTION ROUTIÈRE
Notre gouvernement songe, lui, à recourir au flexitime pour alléger le problème de congestion routière. S?il est adopté, des fonctionnaires arrivant à 7 h 30 au bureau auront le droit de partir à 14 h 45, et ceux qui arrivent à 10 heures devront travailler jusqu?à 17 h 15. Bien que les fonctionnaires ne constituent pas la grosse population d?automobilistes, cela devrait dissiper la pression.
La formule mauricienne n?est toutefois pas encore née, bien qu?un expert de la Malaisie avait été délégué par le Commonwealth, après la publication du rapport du PRB, afin d?aider le gouvernement à concevoir un plan pour l?horaire mobile. Le ministère de la Fonction publique travaille actuellement avec un expert étranger dans le but de trouver une formule. Elle pourrait être rendue publique dans les semaines à venir.
Des constantes existent cependant dans tout système. Ainsi, un plan fixe de travail (core time) est déterminé. Pendant ces heures, tous les employés doivent être au bureau. « C?est un peu ce qui est en cours depuis le début de l?année. Notre plan fixe de travail dans la fonction publique est de 9 h 15 à 16 heures. Pendant cette tranche d?horaire ? à l?exception de midi à midi trente pour le déjeuner ? tous les fonctionnaires doivent être à leur poste», explique un technicien du ministère.
En Grande-Bretagne, le plan fixe est de 10 heures à midi et de 14 heures à 16 heures. Dépendant de son heure d?arrivée, l?employé quitte le bureau entre 16 heures et 19 h 30. Quel que soit son choix, il doit fournir ses 35 heures par semaine. Tout travail dépassant les 140 heures n?est pas comptabilisé ; tout employé qui travaille au-dessous des 140 heures est sanctionné.
TRAVAIL D?ÉQUIPE
A Maurice, certains techniciens ne cachent pas leur scepticisme. Dans d?autres pays, le flexitime est une facilité offerte à l?employé. Or, si c?est une mesure que l?Etat introduit pour résoudre un problème national, il faudra imposer à certains des heures qui ne les arrangeront pas forcément. «Imaginons qu?on donne aux fonctionnaires une flexibilité d?une heure et trente minutes le matin, c?est-à-dire le droit d?arriver entre 7 h 45 et 9 h 15 et de partir entre 15 heures et 16 h 30. Davantage de personnes souhaiteront prendre leur travail plus tôt. Comment les départager? Va-t-on les obliger ?»
Le ministère n?a pas décidé non plus des départements qui seront concernés. De l?avis de certains techniciens, la formule ne sera pas applicable à tous les services gouvernementaux. A la National Transport Authority (NTA), par exemple, les caisses doivent être ouvertes de 9 h à 14 heures. Faudra-t-il changer les heures d?ouverture ? Difficile? «D?un autre côté, empêcher ces caissiers de profiter du flexitime serait une mesure discriminatoire et il faut trouver une formule.»
Le succès du flexitime réside également dans la solidarité et le travail d?équipe. «Si vous avez deux plantons qui ouvrent le bureau, l?un peut choisir d?arriver à 8 h 45 et de partir à 15 heures alors que le deuxième doit alors forcément arriver à 9 h 15 pour partir à 16 h 30. Libre à eux d?alterner et d?arriver tôt à tour de rôle.» Ce n?est là qu?un exemple de collaboration qui devra s?établir de mille autres façons. Les fonctionnaires devront être suffisamment convaincus des bénéfices pour qu?ils arrivent à un consensus.
Dans tous les cas, l?Etat devra avoir recours à des pointeuses. Ce qui suppose un sacré travail de comptabilisation pour le département du personnel.
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