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À l?appel du printemps

22 janvier 2006, 20:00

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Printemps chinois sous latitudes tropicales. Qu?est-ce que cela donne ? Du mandarin enseigné dans les écoles primaires depuis l?indépendance. Cela a-t-il aidé à une meilleure connaissance de cette culture ? Combien de petits Mauriciens, n?ayant pas d?ascendance chinoise, ont vraiment appris la langue du Pays du Milieu ?

Si c?est un fait que l?apprentissage de la langue est une porte d?entrée privilégiée dans une culture donnée, à Maurice elle a l?air d?être seulement entrebâillée. Ce, alors que le mandarin est parmi l?une des langues les plus parlées au monde, avec l?anglais et l?hindi. À qui la faute ? À quelle réticence, pour ne pas dire à quelle étroitesse d?esprit ? Étions-nous trop occupés à revendiquer un quelconque ?boute? au lieu de nous assurer que le système scolaire remplisse l?une de ses fonctions primordiales, qui est d?enseigner l?ouverture d?esprit.

Pourquoi plus de petits Mauriciens n?ont pas profité de cet enseignement ?faible certes mais acceptable,? comme le qualifie André Chung Koy Chung How, président du conseil d?administration de la Chinese Middle School, alors que la langue maternelle, celle des concitoyens de toutes les origines confondues, n?a pas entièrement fait son entrée à l?école. Une lacune qu?il est plus que temps de réparer, une grafi dont il faudrait laisser résonner larmoni. Il ne suffit pas qu?une matière soit disponible pour qu?elle soit forcément recherchée par les apprenants. Où est-ce que cela cloche ?

D?accord, nous entendons déjà les voix des parents et des pédagogues qui se lamentent sur les rigueurs du système. La course est désormais ouverte aux A+. ?Vous croyez que mon gosse a le temps d?apprendre une langue qui n?est pas la sienne.? Ne nous voilons pas la face. Cette réaction est celle de nombreux parents. Nous comprenons leurs inquiétudes. Mais qu?en est-il de ce sens de l?interculturel que nous nous acharnons à vouloir léguer à nos enfants ?

Sommes-nous condamnés à n?être que le pays de l?arc-en-ciel permanent ? Est-ce qu?encore une fois, les couleurs n?auront fait que se côtoyer sans se mélanger pour de vrai ? Non. Nous refusons de croire que la rencontre avec l?Autre, se limite au partage du gato lasir, et de chipek. Si au quotidien, les boulettes et mine frit apaisent efficacement notre faim corporelle, qu?en est-il de notre soif culturelle. Cette fringale de comprendre et de partager.

Il est temps d?aller au-delà du cliché. Certes, la plupart des immigrants chinois se sont installés dans le commerce. Leurs descendants ont su prendre la relève avec brio. Mais ce n?est pas pour autant qu?il faut les cantonner ( le jeu de mot est douteux ) à une culture de comptoir.

Au risque de se répéter, distançons-nous des clichés. De ces composite shows rapiécés par le ministère des Arts et de la Culture, qui réduisent printemps après printemps l?art chinois à un ballet de petits parasols et d?éventails délicats.

Qui prend vraiment la peine de nous expliquer le symbolisme de ces moments, qui vus de l?extérieur, ressemblent forts à des instants de pure coquetterie. De nombreuses agences de la culture chinoise existent. Nous avons poussé leurs portes, histoire de montrer que la voie du milieu n?est pas celle qui est la plus éloignée de nos préoccupations.

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