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«Sans la réforme c?est la faillite de l?industrie sucrière»

26 novembre 2007, 00:00

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Votre groupe a de gros intérêts dans le secteur sucre. Qu?adviendra-t-il de l?industrie sucrière si la réforme n?a pas lieu ?

Avec la réduction du prix du sucre de 36 % dans deux ans et compte tenu des coûts et des structures actuelles de la majorité des compagnies sucrières, nous ferons face à d?importantes pertes chroniques. Ceci est insoutenable. Il faut donc appliquer les éléments de la réforme, dont, principalement, la centralisation des usines et la réduction du nombre d?employés permanents dans les champs par le truchement d?une mise à la retraite volontaire.

Ce n?est pas financièrement faisable pour nous d?emprunter pour financer les indemnités de départ telles que prévues par les règlements. Nous sommes donc dans une situation de catch 22.

Les coûts sociaux de la réforme sont insupportables, sauf avec de l?argent qui provient de sources externes, telles les mesures d?accompagnement de l?Union européenne (UE). Sans ces mesures, il n?y a pas de réforme et sans la réforme c?est la faillite de l?industrie sucrière.

Vu l?avancée des discussions, il est très probable qu?il n?y ait pas d?accord entre les sucriers et le gouvernement et que le projet de restructuration tel qu?il est soit abandonné. Avez-vous un plan B ?

Je reste confiant que la raison va prévaloir et que nous allons rentrer dans une phase de dialogue avec le bureau du Premier ministre. L?objectif est de trouver une solution acceptable par tous pour permettre à la réforme d?avancer.

Nous avons déjà remis au Premier ministre des propositions qui vont très loin et qui tiennent compte des besoins exprimés pour les intérêts nationaux, indépendamment des éléments retenus et agréés dans la Multi Annual Adaptation Strategy (MAAS).

La Mauritius Sugar Producers Association (MSPA) a fait preuve de beaucoup de bonne volonté et de solidarité nationale. Ce qui devrait permettre à un réel dialogue de s?instaurer entre le gouvernement et les producteurs.

Le gouvernement a avancé de nouvelles idées à la table des discussions. Elles concernent la vente des terres aux métayers et la cession d?actions des compagnies thermiques gratuitement à des entités désignées par l?Etat. La MSPA s?est-elle penchée sur ces dernières requêtes ?

La MSPA n?a rien reçu par rapport à ces propositions. Nous ne jugeons pas ces requêtes comme venant du gouvernement. De ce fait, nous ne les contemplons pas dans le cadre de la réforme.

Si une requête formelle dans ce sens vous est formulée, quelle serait votre réaction ?

D?un avis personnel, je ne vois pas comment nous pourrons entretenir de telles demandes. Les terres concédées en métayage le sont dans le but de produire de la canne et non à des fins d?enrichissement foncier. Ces requêtes ne tiennent donc pas en équilibre dans les composantes de la réforme.

Le gouvernement souhaite également que les sucriers cèdent au «Sugar Investment Trust» (SIT) et à d?autres entités désignées par l?Etat à hauteur de 40 % du capital des centrales thermiques. Est-ce une proposition acceptable ?

Non, elle ne l?est pas. Il faut tenir compte des risques qui ont été pris par les promoteurs d?une part et d?autre part qu?il y a un partenaire stratégique à hauteur de 25 % de l?actionnariat. Il est évident que le promoteur souhaiterait garder une partie significative de l?affaire. Les sucriers doivent détenir au moins 51 % dans les centrales thermiques.

Cela résulte en une participation possible d?un maximum de 30 % dépendant des parts détenues par les partenaires stratégiques. Nous avons déjà indiqué que cet espace est disponible à des termes et conditions que nous souhaiterions discuter dépendant des projets.

Dans le cas de la centrale thermique de Savannah (CTSAV), par exemple, le SIT détient 15 % de l?actionnariat. Cette part, qui pourrait être celle de n?importe quelle autre organisation choisie par le gouvernement, pourrait passer à 22,5 %.

Là où il n?y a pas de partenaire stratégique, peut-être qu?il y aurait un plus grand espace pour accommoder des organismes et groupes désignés par l?Etat tels les planteurs ou le Central Electricity Board (CEB). Cela devra se négocier avec les promoteurs concernés.

Il est aussi question de céder des actions des compagnies thermiques gratuitement?

Il n?en est pas question. Il faut savoir que les parts de ces projets sont détenues par des compagnies aux actionnariats élargis, dont certaines sont cotées en Bourse. Nous ne pouvons pas disposer des biens qui appartiennent à des actionnaires comme s?ils nous appartenaient à nous seuls. Je ne peux pas me permettre, même si je le souhaitais, de donner ces parts en cadeau à quiconque.

Il ne peut être question de don. Il faudra obligatoirement que nous trouvions un modus operandi acceptable pour évaluer les parts. Il appartiendra à l?Etat de déterminer les conditions auxquelles ces participations accrues seraient acquises et de les subventionner s?il le jugeait opportun.

J?insiste : beaucoup de ces compagnies sont détenues par de nombreux actionnaires de tailles variées. Dans certains cas, jusqu?à 2 000 actionnaires. Notre groupe, par exemple, a 1 000 actionnaires dans Savannah et pratiquement le même nombre dans Mon Désert Alma. Il s?agit de sociétés cotées en Bourse et il y a des lois et des règlements qu?on ne peut ignorer.

Le prix de vente de l?électricité au CEB aura été au c?ur du dossier de la réforme sucrière. Etes-vous disposés à revoir certaines conditions de l?accord de vente ?

En droit, la réponse est simple. Les accords ont force de loi et les parties doivent prendre leurs responsabilités. On négocie avant et non pas après la signature des accords. Dans le cas de CTSAV, il y a eu des requests for proposals. Nous avons négocié et nous sommes arrivés à un accord avec le CEB. Je comprends que cet accord satisfait toutes les parties.

Dans le cas de la centrale thermique d?Union St-Aubin, il y a aussi eu un appel d?offres et nous avons été sélectionnés.

J?entends qu?il y a des récriminations concernant les termes de l?accord avec la centrale thermique de Belle-Vue qui a indiqué qu?elle était disposée à ce que les termes du contrat soient examinés par un expert indépendant. Cette compagnie fait donc preuve de beaucoup d?ouverture d?esprit en la circonstance.

Il est reproché aux centrales de l?industrie sucrière de faire de gros profits au détriment du consommateur. Qu?en dites-vous ?

J?ai beaucoup entendu parler des profits générés qui semblent être trop généreux aux yeux de certains. La vraie question est de savoir si le CEB aurait pu produire lui-même cette énergie à un coût inférieur au prix qu?il est en train de payer aux producteurs indépendants.

L?industrie sucrière est tout à fait disposée à participer dans un environnement de concurrence à des exercices d?appels d?offres pour les projets à venir. Puisque, malgré nos accords dans le cadre de la réforme, notre acheteur unique, le CEB, semble être embarrassé par ces engagements, nous n?en faisons pas une précondition.

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