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«Nous avons enlevé certaines contraintes au CEB»

22 novembre 2007, 00:00

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● <B> Pourquoi le CEB ne peut-il pas accepter de nouveaux opérateurs sur le réseau ?</B>

Le Central Electricity Board nous a toujours dit que son réseau est saturé jusqu?à 2009-2010 et qu?il n?a pas de place pour accommoder les besoins en énergie tels que définis dans la Multi Annual Adaptation Strategy (MAAS). Ce document de la réforme sucrière avait prévu quatre unités de 45 mégawatts (MW) chacun. Mais un rapport du CEB et du ministère des Services publics avait estimé que si l?on appliquait ce plan, le secteur public allait avoir des capacités inutilisées qui allaient coûter à ce secteur Rs 2,8 milliards sur cinq ans.

Dans cette optique, nous avons demandé au CEB d?essayer d?accommoder seulement deux centrales de 45 MW, c?est-à-dire une à Savannah et une à Fuel dans l?immédiat. Là aussi, le CEB n?a pas répondu favorablement à notre proposition.

● <B>Quelle a été la réaction du CEB ?</B>

Le CEB a dit que le minimum qu?il peut accommoder est une centrale de 25 MW à Savannah et une centrale de 35 MW à Fuel, mais que même cela allait lui coûter Rs 225 millions sur deux ans. Là aussi, nous ne sommes pas parvenus à une solution. Comme c?est une contrainte pour le CEB, qui ne peut pas nous donner le minimum dont nous avons besoin, nous avons proposé d?étaler la réforme de manière à ne pas avoir besoin de faire ces centrales tout de suite afin que le CEB n?ait pas d?excédent pour le réseau. Ce qui, en même temps, permet au CEB d?économiser ces Rs 225 millions. Et, quand le CEB aura besoin de production additionnelle, d?après son plan, nous répondrons à ces besoins, mais à l?intérieur d?un appel d?offres. Nous voulons être en compétition avec les autres.

● <B>Vous donnez en quelque sorte une flexibilité au CEB ?</B>

Nous donnons au CEB la flexibilité de choisir le moment et la possibilité de choisir entre nous et les autres soumissionnaires. Si, dans l?appel d?offres, le CEB arrive à trouver des soumissionnaires qui réussissent à proposer au CEB des contrats plus intéressants que les nôtres, il n?y a pas de problème.

● <B>Mais cela retarderait la réforme ?</B>

Au contraire, cette concession de notre part permettrait de démarrer la reforme même si deux centralisations seraient ainsi retardées. Par contre, cela donnerait la possibilité de faire les distilleries et raffineries comme prévu. Cela nous paraît être une concession importante au gouvernement et au CEB. Ils auront ainsi toute la latitude pour faire évoluer le volet énergétique dans les délais optima pour eux et avec le producteur d?électricité qui leur semblera le meilleur à la suite des futurs appels d?offres publics.

● <B>Est-ce que le CEB a plutôt pris en compte le projet de construction d?une centrale à charbon par la compagnie malaisienne «CT Power» à Pointe-aux-Caves, où il veut être partenaire ?</B>

Le CEB a dû prendre cela en compte. Nous n?avons pas d?objection à cela. Mais si jamais il décidait de lancer un appel d?offres, nous y participerons. C?est au CEB de voir où il peut avoir le meilleur deal. S?il pense qu?il a le meilleur deal avec CT Power ou tout autre producteur tant mieux.

● <B>La MSPA a accordé entre 22,5 % et 30 % d?actions au Sugar Investment Trust, aux employés, au CEB (si le gouvernement le veut) dans les centrales. Mais le SIT détient dans certains cas jusqu?à 20 % d?actions dans les centrales?</B>

Le SIT possède entre 10 % et 20 % d?actions actuellement. Il va passer maintenant entre 22,5 % et 30 %. Là où le SIT a 10 %, il va passer à au moins 20 %, peut-être plus. Là où il détient 15 %, il va passer à 22,5 % ou plus, et là où il a 20 %, il va passer à 30 %. Nous avons mieux expliqué nos propositions. Cela avait été mal compris dans les premières propositions.

Par exemple, à Fuel, la part du SIT va passer de 20 % à 30 %. A la centrale thermique du Sud, elle va passer de 15 % à 22,5 %. Et à Deep River Beau Champ, sa part passe de 10 % à 24 %.

Donc, dans tous les cas de figure, c?est une augmentation de 50 % par rapport à ce que le SIT a déjà. A la centrale thermique de Belle Vue (CTBV), le promoteur détient 51 % d?actions, le SIT 14 %, la State Investment Corporation 8 % et le partenaire stratégique 27 %. Nous sommes ouverts maintenant à n?importe quelle entité que le gouvernement décidera. La valeur des actions variera selon la centrale. Elle sera déterminée par plusieurs facteurs, mutuellement par les parties concernées. Il y a aussi CTBV, qui initiera une évaluation indépendante de son contrat.

● <B>Quelle est la position de la MSPA au sujet d?une possible renégociation des contrats avec le CEB si la question est soulevée ?</B>

C?est justement toute l?essence de la proposition de CTBV d?initier une évaluation indépendante de son contrat. Cette initiative permettrait d?analyser en détail la pertinence de son contrat, en sachant que c?est celui-ci qui semble poser le plus de problème à l?Etat.

● <B>Les risques sont-ils équitablement partagés au sujet des investissements dans les centrales, ou très peu de risques sont-ils pris par les sucriers ?</B>

C?est inexact de dire que les sucriers prennent très peu de risques. D?abord les risques opérationnels, c?est nous qui les prenons. Le CEB est tenu de payer seulement la production minimale que nous pourrons générer et qu?il ne prend pas. Ce sont des garanties qui sont normales dans un contrat où il y a un seul acquéreur. S?ils ne prennent pas ce seuil minimal de production nous n?aurons aucune autre alternative. Quand on investit Rs 2 milliards ou plus, il y a des risques que nous ne pouvons pas prendre.

● <B>Et si l?on taxait les profits des centrales thermiques ?</B>

Ce sera un mauvais signal pour l?économie de manière générale. Cela revient à réduire la profitabilité. Pourquoi sur les centrales thermiques, et pas sur les profits de Mauritius Telecom, d?Air Mauritius et d?autres secteurs de l?économie ? Ce serait un handicap très fort pour le pays qui aura besoin tôt ou tard d?investisseurs prêts à se lancer dans le secteur énergétique.

S?il n?y a pas de rémunération suffisamment attrayante, qui investira dans les centrales thermiques ? Plutôt mettre son argent en banque.

● <B>Où se trouvent les terres que la MSPA compte céder au gouvernement ?</B>

Elles seront assez équitablement réparties à travers l?île, partout où le Voluntary Retirement Scheme et le Blue Print seront appliqués et qui sont concernées par les mesures d?accompagnement. Nous ferons un travail en interne et nous communiquerons au gouvernement l?emplacement précis des terres que nous comptons mettre à sa disposition. Les sites n?ont pas encore été arrêtés.

Propos recueillis par <B>Alain BARBE</B>

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