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«Maurice a soif de formation technique?»

28 juillet 2008, 00:00

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Vous avez choisi Maurice pour la première édition du festival international du film marathi, qui prend fin demain. Pourquoi ?

C?était le meilleur choix possible. Ici, à ce qu?on m?a dit, 5% de la population parle marathi, le comprend, ou a des origines marathi. Voilà pourquoi nous avons choisi de commencer à Maurice. C?est une initiative conjointe du gouvernement de l?état du Maharastra et du gouvernement de Maurice. Cela fait suite aux discussions entre Vilarao Deshmukh, Chief minister, Ashok Chavan le ministre des Affaires culturelles et leurs homologues mauriciens. Nous travaillons également en collaboration avec la Mauritius Film Development Corporation (MFDC) et la Mauritius Marathi Mandali Federation.

A part cette partie de la population, Maurice a sans doute d?autres atouts ?

Notre intention est de toucher les gens qui ont un lien avec le marathi. C?est la première phase. En Inde, il n?y a pas de barrière en tant que telle, de séparation à proprement parler, entre la culture de langue marathi et celle de langue hindi. La langue est la seule différence, mais la culture est la même. C?est la même chose pour le cinéma. Le cinéma ne parle pas une langue particulière. Le cinéma a un langage qui lui est propre. Donc, le cinéma peut être vu par n?importe qui, peut importe la langue que parle cette personne.

Ceci dit, les films à l?affiche sont sous-titrés ?

Tous sans exception sont sous-titrés en anglais. Nous avons aussi préparé une brochure pour le spectateur qui donne une idée du synopsis de chaque film. Ce qui va aider le public mauricien à mieux comprendre les films. Nous avons choisi une variété de styles. Il y en a pour tous les goûts. Il y a du suspense, de la comédie, des mélodrames familiaux?

Nos distributeurs de films ont vu beaucoup de potentiel ici. D?ailleurs, je peux vous affirmer, au nom du gouvernement du Maharastra que ce ne sera pas un «one way trafic». Nous ne sommes pas là pour montrer un aperçu de la culture marathi et repartir. Nous avons aussi envie d?inviter des Mauriciens au Maharastra.

Qui ?

Nous travaillons dessus. Nous avons eu une réunion de travail avec les ministres de la Sécurité sociale, des Arts et de la Culture. Il a été décidé qu?il faut d?abord établir et faire signer un Memorandum of Understanding. Il existe déjà un entre l?Inde et Maurice, mais il en faudrait établir un autre spécifiquement avec l?Etat du Maharastra, pour ensuite avoir un programme d?échanges culturels. Pas seulement pour des événements mais aussi pour des ateliers de travail, des sessions de formation, pour véritablement échanger la culture.

Ici, il y a beaucoup de potentiel. C?est un fait. Les gens ici ont envie d?inviter des producteurs mais il y a une difficulté majeure qu?il faut d?abord surmonter pour que ces producteurs fasse le voyage de l?Inde, pour venir tourner des films à Maurice. C?est qu?ils ne trouvent pas suffisamment de soutien logistique ici. Nous pouvons venir avec les acteurs et les actrices, avec le matériel aussi, mais nous avons besoin d?une équipe technique. Et cela c?est difficile de trouver. Vous savez, dans le cinéma, il n?y pas que les actrices et le caméraman. Il y a au moins une quinzaine d?autres métiers. Cela va des décorateurs, aux coiffeurs, aux artistes de make-up etc?et on n?en trouve pas toujours ici.

Nous avons aussi rencontré Nirveda Ramyead de la MFDC. Maurice a soif de formation technique. En plus, cela ne nous demanderait même pas d?être impliqué financièrement. La partie mauricienne pourrait inviter nos experts ici pour des sessions de formation. Après les cours, il y aurait des formations sur le terrain, au Maharastra et quand ces personnes reviendraient à Maurice, elles pourraient en former d?autres à leur tour.

Vous êtes directeur des affaires culturelles. Vous avez d?autres intérêts à part le cinéma. Y a-t-il d?autres secteurs où la coopération culturelle est envisageable ?

Je m?occupe de danse, de musique, de théâtre. Comme je vous l?ai dit, il faut d?abord établir le Memorandum of Understanding. C?est ce document qui établira les paramètres pour les échanges. Ceci dit, nous envisageons d?organiser un Maharastra mahotsao, c?est-à-dire un grand festival, à l?occasion de divali. Reste encore à peaufiner les détails.

Le festival de films va-t-il rester à Maurice, ou est-ce que ce sera un événement tournant ?

Une décision n?a pas encore été arrêtée à ce sujet. Pour tout vous dire, c?est parce que le gouvernement de Maurice s?est montré très coopératif que nous avons pu organiser cet événement ici. Nous verrons.

Le public est plus familier avec le cinéma bollywoodien. Comment se porte la filière en langue marathi ?

Il y a quelques années, nous produisions 30 à 40 films par an, mais au cours de ces trois dernières années, ce chiffre est passé à 80 à 90 films par an. Il faut dire que ce cinéma est subventionné par le gouvernement de l?Etat du Maharastra. Il y a mieux. Il y a maintenant des lois qui obligent les multiplexes à diffuser un quota de films en marathi, sinon, ils n?auraient eu qu?une place marginale comparée aux films de Bollywood ou de Hollywood.

Pour ce qui est de la qualité, nous affirmons que nous essayons de suivre les standards internationaux. Les films en marathi abordent plus de sujets que les films en hindi.

Vous serez sans doute étonnée de savoir qu?a Mumbai, cette année, certains films en marathi ont fait plus d?entrées que des films en hindi. Donc plus de recettes.

Il y a deux ans, nous avons frappé aux portes de la cérémonie des Oscars avec le film «Shwas» qui veut dire le «savoir vivre». Malheureusement nous n?avons pu décrocher une nomination, mais c?était une entrée officielle de l?Inde à la cérémonie des Oscars. Cette année, un prétendant sérieux pour décrocher une nomination aux Oscars est «Tingya». J?espère que ce sera le nominé de l?Inde, c?est notre fierté. C?est aussi pour cela que nous avons senti qu?il était temps d?organiser un festival international du film marathi.

Et puis il y a pas mal d?acteurs et de techniciens à Bollywood qui sont d?origine marathi. Ils exercent donc une influence sur l?industrie. Au Maharastra, le théâtre est une industrie très forte, les gens du cinéma marathi viennent du théâtre pour la plupart. Ce qui fait que la sincérité est là, le talent est là, le travail assidu est là.

Qu?en est-il des tournages de films en marathi chez nous ?

«Uladhaal» a été tourné récemment à Maurice, c?était le premier film en marathi ici, il sortira en septembre.

Parlez-nous des invités de ce festival.

Huit réalisateurs sont là. il y a aussi des producteurs qui comptent avoir une série de rencontres avec des hauts officiels. Ils comptent aussi visiter des sites de tournage en extérieur.

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