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«Les Tic : mon défi...»

4 novembre 2005, 20:00

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● <B>On vous attendait à l?Environnement, vous atterrissez aux Tic. Heureux du choix du Premier ministre ? </B>

Tout à fait. Je suis non seulement heureux mais je vois ma nomination aux Tic comme un super défi. Personnellement, je suis convaincu que c?est l?un des ministères les plus importants de ce pays. Quand on regarde l?état de santé des autres secteurs, je crois que le tourisme, les secteurs financiers et les Tic sont appelés à jouer un grand rôle si Maurice veut surmonter la galère économique qui résulte, dans une large mesure, de la mauvaise gestion de l?ancien gouvernement.

● <B>Justement, on parle de priorités en ce qui concerne les Tic mais on n?en est pas convaincu à la lumière de la visite du Premier ministre en Inde. </B>

Je suis sûr et certain que les Tic ont occupé une place importante dans la mission du Premier ministre. Il y a d?ailleurs consacré toute une journée durant son séjour en Inde. Le ministre Rao m?a aussi fait part de l?insistance du chief minister de l?Andhra Pradesh pour que les Tic occupent une place importance dans nos relations.

● <B>Mais dans le concret qu?est-ce que cela veut dire et qu?est-ce que cela nous apporte ? </B>

Ce que cela veut dire, ce que cela nous apporte ? Nous voulons une coopération, nous demandons de l?aide là où nous avons besoin d?aide. Il y a trois moteurs fondamentaux dans chaque secteur : l?investissement, les ressources humaines et l?infrastructure. Si je vais dans un centre qui est mondialement reconnu, je vais voir ce qu?ils ont comme infrastructures, comme ressources humaines. Je me documente sur les domaines d?investissements qu?ils exploitent. Je ne vois pas en quoi cela n?est pas concret. Êtes-vous en train de me provoquer ou bien pensez-vous vraiment qu?il n?y a rien de concret ?

● <B>Je ne fais que vous relayer une perception. </B>

Mais les gens devraient commencer à mieux réflechir. Nous prétendons être un pays qui est en train d?être transformé en cyberîle. Pour que ce pays soit une cyber- île, il nous faut une assiette d?emplois, apte à satisfaire les investisseurs. Pour avoir cette assiette d?emplois, il nous faut des ressources humaines qui pourront remplir ces postes. Comment peut-on s?attendre à avoir des milliers de gens qui pourront être employés dans ce secteur quand nos étudiants n?ont pas suffisament d?accès à l?outil informatique qui les y pousse ? Ce n?est que durant les trois premiers mois du gouvernement de Navin Ramgoolam que le gouvernement a décidé de mettre l?ADSL (le broadband internet) dans tous les collèges de l?île. Ce qui me surprend et me choque, c?est que le gouvernement précédent n?a rien fait durant les cinq dernières années. Certains devraient réflechir un peu plus avant de dire n?importe quoi !

● <B>Entre-temps, nous n?avons pas les ressources humaines ? </B>

On ne peut pas dire que nous n?en avons pas. J?ai moi-même remis des diplômes en génie informatique, en software development et dans des matières liées aux Tic dans plusieurs institutions du privé et du public. Cela vous fait probablement plus de 500 personnes pendant deux mois.

● <B>Vous dites que nous avons un nombre adéquat ? </B>

On ne peut pas dire adéquat. Nous ne savons pas avec précision quelle sera la mesure de l?investissement, quel est le nombre de sociétés qui viendra, quel est le nombre d?employés dont on aura besoin et quelle sera l?infrastructure que nous aurons. J?estime que le secteur va prendre au moins deux ans pour vraiment décoller.

● <B>Et ce n?est qu?à ce moment-là que nous commencerons à avoir de l?investissement ? </B>

L?investissement a déjà débuté et continuera dans la durée. Les domaines d?investissements ne se limiteront pas au côté pur et dur de la technologie informatique tels le software development et autres. Il y a aussi les domaines qui se trouvent un peu plus bas sur l?échelle. C?est dommage quand je vois que certains sont en train de dévaloriser les centres d?appels. Pour faire simple, si c?est plus rentable qu?une personne à Maurice prenne des rendez-vous pour un médecin de France, où est le problème ?

● <B>Je crois que la critique veut qu?il y ait plus de «call centres» à la cybertour qu?autre chose. Fallait-il une cybertour pour caser les centres d?appels ? </B>

Eh bien, il faudrait demander à PaulBérenger. C?est lui qui l?a fait. Mais moi, ce que je conteste, c?est le choix du site d?Ebène. Cela s?appelle un scandale immobilier.

● <B>Donc vous dites que la cybercité?</B>

? La cybercité à Ebène, avant d?être un projet informatique, est un coup foncier de l?ancien gouvernement.

● <B>Mais le projet informatique, vous y croyez ? </B>

Mais c?est quand même le Parti travailliste qui l?a initié !

● <B>A ce stade, ce projet informatique consiste donc principalement en un déménagement des firmes qui existent à Ebène. Quel est le vrai potentiel de cette cité ? </B>

Je dirai que Maurice a le potentiel de faire bien mieux mais nous devons agencer ces trois moteurs dont je parle plus haut. Il y a des secteurs qui ne sont pas des sciences exactes. C?est un mélange d?agencement, de circonstances. Il y en a que nous contrôlons, d?autres pas.

● <B>Pour une cyberîle en devenir, la majorité des Mauriciens n?a pas d?accès à un ordinateur. </B>

La décision d?installer l?internet à haut débit dans les collèges et les bibliothèques publics touchera 150 000 jeunes. Nous avons aussi les prêts de la Banque de développement avec un intérêt à 3 %. J?ajoute que je vais à Tunis la semaine prochaine pour justement faire état de ce problème lors du sommet mondial sur la société de l?information. Personnellement, j?aurais voulu offrir de meilleures facilités aux Mauriciens mais quand vous avez une dette de Rs120 milliards laissée par ceux qui ont trouvé que Maurice était le pays le mieux géré au monde, notre marge de man?uvre est assez limitée.

● <B> «L?express» avait annoncé une possible hausse des prix de SMS. Vous avez démenti. N?est-ce pas là une décision qui aurait dû revenir à l?Information and Communication Technology Authority (Icta) ? </B>

Le titre de l?article était que le SMS est condamné à augmenter. J?ai dit non. Je suis affirmatif : il n?est pas question que le SMS soit condamné à augmenter. D?après les règlements en cours, l?autorité régulatrice doit examiner une requête et comparer les chiffres avant de décider.

● <B>Vous vous substituez à l?autorité régulatrice ? </B>

Absolument pas. Mais en observateur éclairé, je peux dire non tant qu?il n?y a pas de demande dans ce sens à l?autorité régulatrice, ni de chiffres fournis pour justifier une telle augmentation.

● <B>Pourquoi n?y a-t-il toujours pas de président à l?Icta ? </B>

Je n?ai aucun problème par rapport à cela parce que je ne pense pas que la MCB avait des difficultés à opérer lorsque Pierre-Guy Noël était en congé.

● <B>Le Premier ministre a accusé les activistes travaillistes d?être des «roder bout». Vos commentaires ? </B>

Je connais le Premier ministre et je ne pense pas qu?il ait accusé les travaillistes d?être des roder bout.

● <B>La presse a donc mal rapporté des propos en ce sens... </B>

Cela ne m?étonnerait pas. Je connais le Premier ministre et il ne dira pas cela des travaillistes. Il pourrait reprocher à certains, même travaillistes, d?être des roder bout mais il ne géneraliserait jamais.

● <B>Avant d?être ministre, on vous entendait souvent. Cela a changé depuis. </B>

Mais vous ne me sollicitez pas ! Je suis libre de ma parole et je garde cette liberté mais dans la limite de mes responsabilités bien évidemment.

● <B>Vous étiez une des cibles favorites de Paul Bérenger durant la campagne. Est-ce que votre relation a changé maintenant ? </B>

Je n?ai jamais eu de mauvaises relations avec Paul Bérenger mais je dis ce que je pense. Et c?est peut-être un défaut en politique. ( Rires?) Il y a un prix à payer pour cela. Si je ne l?ai pas encore payé, je suis sûr que je le paierai un jour !

<I>«Pour que ce pays soit une cyberîle, il nous faut une assiette d?emplois, apte à satisfaire les investisseurs.»

«La cybercité à Ebène, avant d?être un projet informatique, est un coup foncier de l?ancien gouvernement.»</I>

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