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«Les risques d?une spirale inflationniste sont réels»
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«Les risques d?une spirale inflationniste sont réels»
«Les risques à la croissance économique et à l?inflation sont bien réels. Mais les menaces inflationnistes sont plus fortes. Le comité a considéré judicieux de revoir sa position sur la politique monétaire afin d?empêcher l?économie nationale de sombrer dans une spirale inflationniste.» C?est en ces termes que le Monetary Policy Committee (MPC) justifie sa décision d?augmentation du taux d?intérêt directeur de la Banque centrale de 0,25 %, le 21 juillet dernier. Le key repo rate est ainsi passé de 8 % à 8,25 %.
Dans son communiqué, le comité chargé de définir la politique monétaire de la Bank of Mauritius (BoM) a apporté des éclaircissements sur sa démarche, jugée controversée. Sa décision de relever le taux d?intérêt directeur de 25 points de base, qui a fait couler autant d?encre que de salive, est motivée par plusieurs facteurs.
L?évolution de la situation économique au plan international aurait été déterminante dans ce choix. «L?inflation sur le plan mondial continue à prendre de l?ampleur, atteignant des chiffres records dans plusieurs pays, pouvait-on lire dans le communiqué, particulièrement dans les économies en développement et les pays émergents. En toile de fond, les prix des commodités et du pétrole, extrêmement élevés».
Inflation vs croissance</B>
Le MPC se fait l?écho d?un rapport de la Food and Agricultural Organi-sation qui estime que les prix des denrées alimentaires continueront à flamber sur les dix prochaines années. La forte demande en biocarburant, l?augmentation stupéfiante du coût de l?énergie et les spéculations dont les commodités sont l?objet sont à la base de cette inflation.
Selon le MPC, cette situation amène les banques centrales à travers le monde à porter leur attention plus sur l?inflation que sur la croissance. Quant à cette dernière, elle a été revue à la hausse par le Fonds monétaire international.
Les prévisions de croissance à l?échelle mondiale sont passées de 3,7 % à 4,1 % en avril de cette année. Selon le MPC, de 5 % en 2007, les prévisions de croissance pour la deuxième moitié de 2008 sont à la baisse de façon significative, pour reprendre petit à petit en 2009.
Le comité chargé de définir la politique monétaire de la Banque centrale exprime ses inquiétudes concernant la croissance économique dans la zone euro, aux États-Unis et en Grande-Bretagne, qui sont nos principaux marchés d?exportation.
Sur le plan local, la consommation pourrait reprendre en 2008, avec la stimulation fiscale provenant du budget 2008-2009 et l?augmentation des salaires dans le secteur public. Les revendications salariales dans le secteur privé pourraient également donner un coup de pouce à la consommation, estime le MPC. «Du point de vue de la majorité des membres du MPC, les risques d?une baisse de la croissance se sont amplifiés durant ces derniers mois», précisait le communiqué. «Les craintes que la croissance des entreprises d?ex-portation ne ralentisse persistent. Au milieu de fortes incertitudes et de dépenses de consommation à la baisse sur les principaux marchés d?exportation de Maurice», selon le MPC. «Bien que les prévisions de la croissance économique pour 2008 aient été revues à la baisse, la croissance était toujours au-dessus de la tendance et pourrait demeurer robuste.»
<B>Pressions extérieures</B>
Cependant, le comité s?inquiète des dangers à l?inflation dans le pays. «Sur la base des taux d?expansion actuels, les conditions monétaires et de crédit sont favorables à une plus forte inflation au moyen terme», note le MPC. Il mentionne le taux d?inflation général qui a atteint 8,8 % le mois dernier et qui est sous l?emprise de pressions de l?extérieur. L?inflation au rythme annuel, (9,7 % en juin) est aussi montrée du doigt. Le MPC estime que si rien n?est fait, cette pression pourrait affecter la structure interne des prix. «Les perspectives inflationnistes au plan local ont empiré au lendemain de la dernière décision d?augmenter les prix des produits pétroliers», constate le MPC.
Cette menace serait aussi l?effet des augmentations de salaires du Pay Research Bureau et des demandes salariales formulées par le secteur privé. Le MPC précise que certains de ses membres ont voulu une augmentation conséquente du taux d?in-térêt. Cela pour contenir les tendances inflationnistes, normaliser la politique monétaire et remettre le taux d?intérêt réel en terrain positif.
Le MPC estime quant à lui que «bien que le taux de change ait été caractérisé par une relative stabilité dans un passé récent, des inquiétudes subsistent sur l?implication d?une hausse substantielle du taux d?intérêt sur le taux de change».
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