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«Le client n?accepte plus de surpayer le transport aérien»
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«Le client n?accepte plus de surpayer le transport aérien»
● Quelle est votre appréciation des premiers mois d?opération de Corsair comme transporteur régulier sur Maurice ?
Depuis que notre premier vol a atterri à Maurice il y a cinq mois, nous avons fait voyager plus de 45 000 personnes. 86 % de nos clients sont des touristes ayant acheté un package, c?est-à-dire un vol et une prestation hôtelière. Les prestations hôtelières sont de natures diverses puisque nous avons doublé nos ventes durant cette période sur les catégories d?hôtels trois-étoiles, quatre-étoiles et cinq-étoiles.
Nos vols sur Maurice affichent un taux d?occupation cumulé de 82 % qui se traduit par un mois de novembre d?environ 60 % et ensuite des taux d?occupation qui frôlent 90 % sur les mois suivants. Nous avons aussi enregistré, durant cette période, une hausse de 20 % de clients qui ont embarqué au départ de Lyon. Nous avons ouvert cette nouvelle ligne sur Maurice et elle est en train de progresser rapidement.
● Dans quelle mesure Corsair a-t-elle contribué à rétablir les arrivées de France après l?épisode du chikungunya ?
Les statistiques du Cercle d?études des tour-opérateurs de France (85 % des voyagistes français) sont très claires. Sur les chiffres disponibles à fin février, nous avons noté une évolution notable des touristes qui viennent à Maurice. 90 % de cette progression est directement imputable à la performance du groupe Nouvelles Frontières. Les mois de novembre et décembre 2005, ainsi que janvier et février 2006, ont été particulièrement bons pour Maurice. La régression du trafic a commencé au mois de mars. Nous sommes en train de comparer les arrivés de l?hiver (européen) 2006-2007 à une performance exceptionnelle de l?hiver précédent.
● Quels sont les arguments que vous mettez en avant pour vendre la destination à votre clientèle ?
La destination a bien des attraits, à la fois en raison de sa dimension balnéaire et de la richesse de son intérieur du pays. La qualité de ses services, la gentillesse de sa population et le professionnalisme de son industrie hôtelière sont autant d?arguments qui favorisent l?attrait du pays.
Il ne suffit pas d?avoir des valeurs intrinsèques. Il faut aussi les promouvoir. Les grandes ambitions touristiques de Maurice rejaillissent à travers les tour-opérateurs qui accompagnent ce phénomène et qui se font de véritables échos de cette volonté gouvernementale. De notre côté, nous mettons en avant, auprès de nos réseaux de distribution, les forces de la destination mauricienne. L?île Maurice est à l?honneur sur ces qualités. Il y a aussi des nouveautés sur les plans hôtelier et aérien. Les clients européens sont sensibles à ces nouveautés et choisissent Maurice au détriment d?autres destinations ou, reviennent sur un coup de foudre.
L?ouverture de la desserte Lyon-Maurice est un nouveau gisement de touristes. Il s?agit de 20 % de nouveaux clients pour Maurice. Ceux-ci ont choisi Maurice parce qu?il y a ce vol direct.
● N?y a-t-il pas de glissement des clientèles d?Air France ou d?Air Mauritius vers Corsair ?
Je ne le crois pas, le trafic cumulé étant en hausse. Ce sont de véritables nouveaux clients. Nous sommes un groupe intégré, avec 220 agences sous la marque Nouvelles Frontières et 120 sous la marque Havas Voyages. Nous opérons face à une clientèle captive qui suit nos recommandations. Raison pour laquelle le gouvernement mauricien a choisi le groupe TUI qui fait partie de Nouvelles Frontières.
Il s?agit de faire en sorte que les clients de TUI en Europe choisissent Maurice. Ce n?est pas au détriment de tel ou tel acteur sur le marché. Corsair représente, avec ses 105 000 sièges offerts, 20 % de l?offre aérienne existante entre la France et Maurice. Ce poids n?est pas négligeable, mais Corsair n?est pas non plus un acteur dominant.
● Comment voyez-vous évoluer le marché mauricien dans les prochaines années ?
La consommation touristique devrait continuer à croître en Europe, donc en France. Nous pensons qu?il nous faut tabler sur une croissance raisonnable de 2 % à 3 % par an. Les voyages à l?étranger devraient pouvoir se développer.
Nos clients veulent être en sécurité lorsqu?ils sont à l?étranger. D?autre part, le niveau d?exigence de qualité augmente. On veut, pour le même prix, plus de service, plus de confort et plus de temps de séjour. Maurice a un rôle à jouer sur ce tableau.
On peut être optimiste pour l?évolution de Maurice au départ de France. Il faut que la croissance hôtelière puisse accompagner ce développement touristique.
Le ciel s?ouvre à Maurice de façon progressive et avec des opérateurs qui ont des choses à apporter. Notre ambition est d?être là 12 mois sur l?année. Nous multiplions par trois nos réservations pour les prochains mois. Nous avons d?excellentes perspectives pour l?été (européen).
● Il y a la crainte que les nouveaux transporteurs apportent un tourisme de masse à Maurice?
Cela est faux. Nous avons doublé nos ventes sur les catégories quatre et cinq-étoiles. Il nous faut respecter les aspirations du client. Nos clients ont un pouvoir d?achat qui, globalement, augmente. Mais ce n?est pas pour autant qu?ils acceptent de surpayer les prestations. Le client n?accepte plus de surpayer le transport aérien. Ils sont prêts à payer plus pour un hôtel de meilleur standing. Ce n?est pas parce qu?on achète un cinq-étoiles qu?on doit payer plus cher son billet d?avion.
Propos recueillis par Akilesh ROOPUN
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