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«L?avenir du MSM est bien sombre»
Quelle lecture faites-vous de la démission d?Anil Bachoo du Mouvement socialiste militant (MSM)? Ecoutez, ce qui se passe est tout à fait normal. Ce n?est pas la première fois qu?un politicien décide de partir parce qu?il n?est plus satisfait de l?état-major de son parti.
?et de l?attitude du Premier ministre (PM) qui s?est presque ingéré dans les affaires du MSM en affirmant qu?il allait révoquer Bachoo s?il ne démissionnait pas ?
D?abord, c?est la prérogative du PM de révoquer un ministre. Il n?a pas à donner des explications. Je ne connais pas tous les détails mais j?imagine que si Bérenger a pris la position que l?on sait, les choses ont dû arriver à un point de non-retour. Je ne parlerai pas d?ingérence. Je dirai plutôt que c?est un problème de personnalité au MSM. Cela n?a rien à voir avec Bérenger.
Selon vous quelles seront les répercussions sur le MSM ?
L?avenir du MSM s?annonce bien sombre. S?il y a autant de personnes qui désavouent un parti ? parce que j?entends dire qu?il y en d?autres ?, cela veut dire qu?il y quelque chose qui ne va pas dans ce parti. En temps normal quand une personne est élue sous la bannière d?un parti, elle ne part pas à moins d?un problème grave. Si, à six ou sept mois des élections, il y a autant de mécontentement, cela veut dire qu?il y a un manque sérieux de leadership. C?est très mauvais pour le parti. C?est un test pour Pravind Jugnauth qui est, par ailleurs, une personne intelligente et posée.
Ces personnes qui quittent le MSM, iront-elles vers le Parti travailliste (PTr) ? Je crois qu?il est trop tôt pour se prononcer. Ces personnes, Anil Bachoo et d?autres, sont parties parce qu?elles ne sont pas satisfaites. Maintenant elles vont négocier. Elles ne vont certainement pas négocier avec le MMM mais c?est inévitable qu?elles se tournent vers le PTr. Ce sera au leader de décider.
Vous aviez fait une sortie contre les «transfuges politiques». Est-ce que cela voudrait dire que vous serez contre une éventuelle adhésion de Bachoo et compagnie au PTr ? J?avais dit être contre le principe d?accepter n?importe qui au parti. Mais si ces personnes sont valables et sincères, et si nous pouvons justifier leur adhésion, in n?y a pas de problème.
Vous aviez des personnes en tête quand vous aviez fait cette déclaration ?
Non, c?était un commentaire général. Je parlais d?expérience. Dans le passé, il y a eu beaucoup qui ont changé de couleur dépendant de la direction du vent. Le PTr n?est pas un lieu de refuge. Cela dit, il y en a qui sont sincères et ce commentaire ne s?applique pas à eux.
Est-ce que Bachoo est l?un de ceux-là ?
Oui. Je pense que c?est un garçon sincère.
Pravind Jugnauth qualifiait le «New Labour» de parti de transfuges, samedi dernier. Que pensez-vous de ce qualificatif ?
Il exagère. J?avais dit de faire attention tout simplement. Comment peut-on accuser Rama Sithanen, Sheila Bappoo et Vasant Bunwaree d?être des transfuges ? Ils sont là depuis longtemps, ils ont perdu des élections et ils sont toujours là. La preuve qu?ils sont sincères. Sinon tous les politiciens seraient des transfuges.
Et vous-même, président d?honneur du PTr, comment décrivez-vous le «New Labour» ? Au PTr nous avons toujours cru qu?il faut, à un moment ou un autre, passer les rênes du parti. Le parti n?est le bien personnel de personne, ce n?est pas le Sun Trust. Navin Ramgoolam était un bon choix. Il est discret, il n?est pas blagueur et c?est un travailleur. Il a réussi à rallier des gens autour de lui. Valeur du jour, le PTr est le parti le plus fort du pays. Maintenant, après la performance de Bérenger comme PM, nous savons que Ramgoolam va mener le parti au pouvoir. Le PTr d?aujourd?hui est comme le PTr d?autrefois. Il est porteur d?espoir.
Beaucoup de gens se souviennent aussi de la performance de Navin Ramgoolam en tant que Premier ministre de 1995-2000? Laissez-moi vous dire que c?est dû à une campagne menée par les médias que les gens ont un mauvais souvenir de Navin en tant que PM. Aujourd?hui, nous voyons que tous les projets du PTr ont été repris par le gouvernement actuel. Il n?y a rien de nouveau. Mais le PTr a peut-être été un peu lent à réaliser ses projets. C?est une bonne chose. Il faut y aller avec précaution car ils sont nombreux à attendre la moindre erreur au tournant. C?est pourquoi on l?a accusé d?inactivité mais c?était malhonnête. Aujourd?hui, tous les Mauriciens se rendent compte que ce gouvernement là est une grande déception. Ils n?ont rien fait à part construire des bâtiments. La corruption, n?en parlons pas.
Et la performance de Paul Bérenger en tant que PM ?
Je dois avouer que j?attendais beaucoup de la part de Bérenger. Sa lutte à travers les travailleurs était louable. Mais il est devenu un PM tellement électoraliste et d?une faiblesse inouïe. A chaque lobby qu?il reçoit, il dit toujours oui.
Quelle est sa grande faiblesse ?
Bérenger ? C?est qu?il ne veut pas perdre le pouvoir. Un PM doit penser au pays, pas aux prochaines élections. Il n?a que cela en tête. Mais là, avec la désintégration de son partenaire, où va-t-il ?
Partagez-vous l?idée que c?est ce que cherche Bérenger quelque part ? ébranler le MSM ?
Je ne suis pas du tout d?accord. Ce sont deux partenaires soudés. Pravind Jugnauth a presque fait le serment qu?il restera fidèle à l?alliance. Le vrai problème, c?est que Bérenger s?est rendu impopulaire.
Pour en revenir à Ramgoolam, une des raisons qui l?ont probablement amené à la défaite est son inaction et la gestion des émeutes de 1999, par exemple. Vous êtes d?accord ?
Faux. Totalement faux. En 1999, il était PM. Qu?aurait-il fallu qu?il fasse ? Aller sur les lieux et être battu à mort ? Il a fait ce que les chefs de gouvernement font. Attendre les rapports et consulter ses conseillers avant de prendre une décision. Vous savez comment fonctionne notre police ? Ils attendent que les choses se calment avant d?aller sur place. C?est quand les gens sont à court d?arguments qu?ils disent des choses pareilles. Bérenger se serait probablement rendu sur place tout de suite mais Navin est réfléchi et il consulte. Un chef de gouvernement doit pas s?identifier à ceux qui se battent.
Et que pensez-vous de Suttyhudeo Tengur ?
(Rires?) C?est un phénomène ! Je l?aime beaucoup sa piti la. Je pense qu?il va changer s?il s?engage en politique mais il gardera sa spécificité.
Comment voyez-vous la prochaine campagne électorale ?
Ce sera une campagne comme les autres à la différence qu?il y aura beaucoup d?argent qui sera distribué. On a d?ailleurs déjà vu des campagnes briani. Ce financement des partis politiques, c?est une chose terrible. C?est un poison !
Sommes-nous condamnés à une campagne communale ? C?est inévitable. Ce ne sera pas aussi ouvert mais ce sera ainsi.
Ce sera «la communauté majoritaire» contre les autres ?
Voyez-vous, quand les hindous disent qu?ils ne veulent pas de Bérenger, ils sont communaux mais quand les musulmans ou les créoles disent qu?ils n?aiment pas Ramgoolam, c?est acceptable.
Que pensez-vous de Harish Boodhoo ? Write him off. Il s?est brûlé. C?est dommage car il avait beaucoup de potentiel.
Cas de figure : Ramgoolam PM, Bérenger leader de l?opposition. Est-une situation gérable ?
Bien sûr. A un moment donné, Navin était PM et Bérenger dans l?opposition. Il n?y avait pas de problème.
Le PTr ou l?Alliance sociale combattant le MSM-Mouvement militant mauricien (MMM) sera gagnante d?après vous ? Sans aucun doute. La preuve, quand on parle de l?alliance sociale, on dit le PTr. L?histoire a démontré que le Independent Forward Block est mort parce qu?il était centré sur un individu. Le MSM est toujours là parce qu?il a, et c?est important, un bureau, le Sun Trust. Le MMM n?existera plus sans Bérenger comme c?est le cas au PMSD. Mais le PTr a une structure démocratique, c?est une tradition. Nous sommes forts......
«Ce sera une campagne comme les autres à la différence qu?il y aura beaucoup d?argent qui sera distribué. On a d?ailleurs déjà vu des campagnes «briani». Ce financement des partis politiques, c?est une chose terrible. C?est un poison !
«J?imagine que si Bérenger a pris la position que l?on sait, les choses ont dû arriver à un point de non-retour. Je ne parlerai pas d?ingérence.
Je dirai plutôt que c?est un problème de personnalité au MSM. Cela n?a rien à voir avec Bérenger.»
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