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«La montagne a accouché d?une fourmi»

11 juin 2004, 20:00

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«Nous attendions des mesures pour stopper le déclin économique, mais rien n?est venu. Ce budget n?a pas de fil conducteur, pas d?objectif précis. La montagne n?a pas accouché d?une souris mais d?une fourmi», commente Xavier-Luc- Duval, leader du Parti mauricien-Xavier-Duval, avant d?en rajouter une couche. «Pendant neuf mois Pravind Jugnauth n?a rien dit en tant que ministre des Finances. Aujourd?hui, nous constatons qu?il n?a tout simplement rien à dire».

Deux critiques majeures viennent des rangs de l?opposition. Primo, ils constatent de multiples contradictions et incohérences dans ce premier budget présenté par Pravind Jugnauth. Secundo, l?opposition dénonce le démantèlement de l?Etat providence (wellfare state). Elle rejoint ainsi le point de vue des syndicalistes.

«Le discours est incohérent et rempli de contradictions», déclare Navin Ramgoolam, leader de l?opposition, à sa sortie de l?hémicycle.

Comme l?année dernière, il regrette, à l?instar de ses autres partenaires de l?opposition, l?absence de mesures concrètes pour relancer l?emploi. A ce titre, Pravind Jugnauth n?a donc pas fait mieux, aux yeux de l?opposition, que le précédent grand argentier et actuel Premier ministre, Paul Bérenger.

Madan Dulloo, leader du Mouvement militant social mauricien, est sur la même longueur d?onde que ses partenaires de l?alliance sociale. «Incohérences et confusions seraient un bon résumé de ce discours. Il a tiré dans tous les sens, mais en substance c?est un zéro pointé.»

Le Mouvement Républicain (MR) tient le même discours.

Lindsey Collen, porte-parole de Lalit, va encore plus loin dans ses critiques. «Se enn bidze iresponsab e mem kriminel», peut-on lire sur le communiqué officiel de Lalit envoyé aux salles de rédaction.

Que l?opposition critique durement un ministre des Finances après la lecture du budget n?est pas nouveau ! C?est une tradition. Cette année cependant, les mêmes réactions font surface dans les différents rangs.

Une critique précise revient chez tous les partis de l?opposition : le démantèlement de l?Etat providence.

Sommairement, il est reproché à Pravind Jugnauth de catégoriser les citoyens mauriciens. Qu?il fasse une distinction entre les «pauvres», en leur offrant une attention particulière, et «les autres» n?est pas du tout apprécié.

«Guvernman finn kree 2 diferan grad sitwayen. Seki «merit» serten «kudme» akoz li pov, ek leres dimunn», écrit Lindsey Collen.

Pour Madan Dulloo, «ce gouvernement commence a mettre des barrières entre les différentes classes sociales, et c?est mauvais signe».

Navin Ramgoolam, leader du Parti travailliste (PTr), et Rama Sithanen, responsable de la commission économie et finances de ce parti, développeront ce sujet lors d?une conférence de presse aujourd?hui. Dans une première réaction à chaud, Rama Sithanen, a affirmé que «ce qui est donné de la main gauche et repris de la main droite».

Cette commission, composée d?une quinzaine de travaillistes, a d?ailleurs planché jusqu?à fort tard hier soir pour examiner les implications du budget dont les points négatifs seront présentés aujourd?hui. Ces membres ont par ailleurs suivis le discours du budget à partir du quartier général du PTr au Square Guy Rozemont.

<B> MESURES MAQUILLEES </B>

Pour les partis de l?opposition, Le vice-Premier ministre et ministre des Finances a maquillé des mesures pour faire croire qu?il démocratisait l?économie. «Sa définition et la mienne ne sont définitivement pas les mêmes. Les terres qu?il veut donner sont très marginales. Les actions de compagnies aux employés est une vraie blague», dit Navin Ramgoolam.

«Lorsque je serai au pouvoir, je viendrai avec des mesures très radicales pour permettre une vraie démocratisation de l?économie», annonce-t-il.

Rama Valayden, leader du MR soulève un autre point : la taxe sur les touristes. «Venir à Maurice est déjà exorbitant. Nous aurions préféré une taxe sur l?écologie.» Ce parti estime aussi que «le combat contre la fraude et la corruption a tout simplement été oublié». Mercredi, Rama Valayden fera son «alternative budget speech».

Manou Bheenick, ancien ministre des Finances et membre du PTr, relève cependant quelques points positifs. «Au moins, Pravind Jugnauth est plus humble que son prédécesseur. Je le félicite aussi pour ne pas avoir mis les mauvaises performances de l?économie sur le dos des travaillistes. Pour le reste, ce budget est décevant ».

<I>«Incohérences et confusions seraient un bon résumé de ce discours. Il a tiré dans tous les sens, mais en substance c?est un zéro pointé.»</I>

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