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«La land-based oceanic industry rapportera Rs 1milliard»
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«La land-based oceanic industry rapportera Rs 1milliard»
● On parle sans cesse du concept de «Maurice île du-rable». Dans ce contexte, le MRC vient avec le projet de «Land-based oceanic industry» (LBOI) basé sur l?exploitation des ressources naturelles. Comment réconciliez-vous durabi-lité et exploitation ?
Je n?aime pas particulièrement le mot «exploitation» mais je l?utilise à défaut de trouver mieux. Je précise que je suis un défenseur invétéré de l?environnement parce que je suis très conscient des conséquences des actes qui ne respectent pas l?environnement. Donc «exploitation» n?est pas le bon mot parce qu?il ne faut pas exploiter. Mais au-delà de ça, nous devons être un pays autonome. Et pour l?être il faut de facto être autonome en produits alimentaires et en eau. Le LBOI va nous permettre de l?être. Ce projet est à multiples facettes et l?exploiter adéquatement ? et encore une fois j?utilise le terme exploiter avec réticence ? peut pouvoir dire que nous avons trouvé la solution à beaucoup de nos problèmes.
● Comment comptez-vous «exploiter» cette eau ?
D?abord l?eau est froide. Je précise qu?il faut descendre à plus d?un kilomètre de profondeur de la côte ouest pour trouver cette eau. Elle est remplie de minéraux et de nutriments et elle est microbiologiquement très propre. L?eau des profondeurs pourrait être une source d?eau refroidissante naturelle qui nous permettrait éventuellement d?alimenter des climatiseurs. Puis il y a l?eau qu?on va dessaler pour l?embouteiller et l?exporter. Cela se fait déjà à Hawaï ; ils exportent à peu près 2 500 conteneurs de ces bouteilles par semaine. Il y a aussi des algues dans la mer qui peuvent donner des fertilisants pour nos légumes et la bagasse peut produire de l?électricité.
Il y a beaucoup d?autres possibilités mais nos futurs partenaires stratégiques dans ce projet doivent aussi se servir de leur imagination. Nous leur donnons cette eau et nous leur garantissons qu?elle a des propriétés extraordinaires. A eux de voir comment l?exploiter au maximum.
● Vous allez leur donner l?eau ? Que veut dire cela ? A qui va appartenir l?eau ?
La mer appartient a l?état ; le projet à ce stade n?a pas été défini à 100 % mais quoi qu?il arrive, l?état va investir partiellement et être actionnaire du projet. L?état a créé une compagnie qui s?appelle Mauritius Land-Based Oceanic Park. Et c?est à travers elle que l?état va faire du business. La dernière chose que nous voulons c?est une multinationale qui va venir et tout accaparer. C?est pour cela que l?état aura un droit de regard. La démocratisation aura lieu une fois l?eau ramenée sur terre car tout le monde pourra l?acheter ? elle sera vendue à un prix dérisoire à qui veut mais en retour, quand ces personnes ou compagnies deviennent profitables, nous prendrons un pourcentage de leurs revenus.
● Nous entendons parler de ce projet depuis un moment mais il n?y a rien de concret jusqu?ici. Etes-vous inquiet ?
Au départ oui, j?étais un peu inquiet mais avec le recul je pense que c?est une bonne chose que cela ait pris du temps. C?est un projet énorme ? et unique au monde ? et donc compliqué. Nous avons employé divers consultants ceux qu?on appelle des transaction advisors. C?est une équipe internationale composée d?avocats, de comptables, d?ingénieurs, entre autres. Nous parlons d?un investissement de $80 millions et il est clair que nous devons présenter un projet bien ficelé aux investisseurs. Donc nos consultants seront à la disposition des investisseurs pour les conseiller. A ce stade, nous savons que le projet est viable et nous estimons qu?à décembre de cette année, nous aurons déjà choisi notre partenaire stratégique. Et à partir de là, nous aurons besoin d?une année encore pour construire les infrastructures nécessaires pour ramener l?eau à terre.
● Combien ce projet va-t-il rapporter au pays?
On a estimé que cela rapportera Rs 1 milliard au pays.
● C?est beaucoup d?argent pour un projet d?exploitation des ressources marines. L?aquaculture fait partie du projet. Ses conséquences environnemen-tales ne vous interpellent pas ?
En tant que chercheur, je refuserai d?entreprendre un projet si je sais qu?il y aura des conséquences néfastes pour l?environnement. Cela dit, il ne faut pas oublier que notre priorité c?est le développement. L?aquaculture se fait partout ? donc arguer si c?est une bonne chose ou pas est un faux débat . Ce qui est important c?est de le faire dans les normes. On n?a pas d?autre choix que d?exploiter les ressources ma-rines. Le développement doit être notre priorité. Bien évidemment celui dont je parle est le développement durable.
● N?y a-t-il pas contradiction entre les mots «aquaculture» et «durable» ?
Il faut savoir ce qu?on veut. Comme je l?ai dit, notre priorité c?est le développement ; mais un développement alternatif et durable. En fin de compte, nous réalisons que les ressources de la terre sont limitées. Je suis persuadé que nos solutions se trouvent dans la mer. L?aquaculture en fait partie.
● Et quel sera l?impact dans nos eaux si l?on continue avec l?aquaculture ?
Encore une fois, le monitoring est la clé du problème. Tout dépendra de cela. Mais ce qu?il ne faut pas oublier ? et j?insiste là- dessus ? c?est le bottom line et il faut que nous allions dans cette direction, que nous construisions des fermes aquacoles. Il faut faire la part des choses entre le déve-loppement et l?environne-ment.
«Nous avons tellement de mer autour de nous que l?aquaculture faite de manière responsable, est un développement naturel.»
● Mais n?est-ce pas une activité naturelle?
(Hésitations...) Et la lumière que vous utilisez, est-elle naturelle ? Finalement tout ce que nous faisons est contre la nature !
● Il faut quand même mettre les choses dans leur juste perspective ! Au centre d?Albion, ils sont en train de modifier génétiquement des espèces pour les cultiver. Est-ce normal ?
Là, c?est un autre débat. En tant que scientifique, ma position c?est que l?homme a toujours voulu altérer la nature. Consciemment ou pas.
● Oui et nous avons la preuve avec tout ce qui se passe aujourd?hui que ce n?est pas toujours une bonne idée !
Tout à fait. Mais la vie est ainsi faite ? trial and error. Quelquefois vous avez raison et d?autres pas. Finalement, l?important, c?est de se demander à quelles fins nous manipulons la nature ? Vous me donnez une corde, je peux choisir de me pendre ou de grimper sur une montagne. C?est pareil pour l?aquaculture. Je reviens à ce que je disais plus tôt ? tout est dans le monitoring. Si nous réalisons que les normes ne sont pas respectées, nous n?aurons qu?à fermer ces fermes aquacoles !
● Vous allez fermer une ferme aquacole qui rapporte de l?argent ?
Bien sûr. L?argent n?est pas tout et ne devrait pas être l?argument principal. Je crois qu?il y a des facteurs plus importants que l?argent. Quand je quitterai ce monde, j?aurai préféré que les gens disent de moi que je laisse derrière moi le projet LBOI plutôt que dire que j?ai amassé beaucoup d?argent.
● Ça c?est vous mais les entrepreneurs font de l?aquaculture pour l?argent, voyons ! Pas par philanthropie.
Je ne suis pas tout à fait d?accord. Je crois qu?il faut voir les choses d?après deux perspectives ? nous avons besoin de développement. Nous avons tellement de mer autour de nous que l?aquaculture, si nous le faisons de manière responsable, est un développement naturel.
● Certainement pas naturel !
Non pas le processus, effectivement. (Hésitations...) Disons les choses ainsi ? l?océan est limité. Je sais qu?il y a beaucoup de récriminations contre l?aquaculture mais quelle est l?alternative ?
● Ne pas manger de poisson !
(Rires...) Et pourquoi pas les seaweeds !
● Justement vous fondez de grands espoirs sur le «seaweed» comme source d?énergie renouvelable. Mais paradoxalement la part d?énergie renouvelable dans notre production énergétique a chuté de 10 % ces 10 dernières années. Comment l?expliquez-vous ?
Si nous pouvons amener chaque famille a produire sa propre énergie ? et c?est faisable ? alors oui, nous pourrons éventuellement réduire drastiquement notre dépendance des énergies fossiles.
● Comment combler l?écart entre la théorie et la pratique ?
Vous savez, cela m?a pris 18 mois pour convaincre les gens de la justesse du projet LBOI. Pourquoi les gens s?intéressent-ils maintenant à ce projet ? Parce que le timing était bon. Le timing était que le prix du sucre avait baissé, que l?industrie du textile était en difficulté et le pays avait besoin d?un autre pilier économique. Si nous étions venus avec ce projet il y a 10 ans, personne n?aurait réagi. De la même façon, je pense qu?à un moment quand cela va véritablement faire mal financièrement, les gens vont se tourner vers les énergies renouvelables. Laissons le temps au temps...
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