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«Il faut des preuves pour se débarrasser des brebis galeuses»

13 août 2008, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

● <B>On ne compte plus les cas d?étudiants escroqués par des agents recruteurs. Certains montrent du doigt un agent dûment enregistré. </B>

Dans toutes les professions, il y a des brebis galeuses. Je n?ai pas de preuves mais j?ai fait une petite enquête et il y a en effet un agent recruteur dûment enregistré auprès du ministère de l?Education qui est en train de ternir la réputation des autres. C?est dramatique qu?aujourd?hui, ce soit des agences enregistrées qui fassent n?importe quoi.

● <B>L?enregistrement serait-il uniquement une garantie de légitimité et non pas d?un service de qualité ? </B>

On ne peut pas généraliser. Jusqu?à preuve du contraire, les agences enregistrées travaillent comme il faut. Par contre, si les étudiants qui disent avoir été escroqués en apportent la preuve, alors là, nous pourrons aller de l?avant et assainir la profession. Nous débarrasser des brebis galeuses. Et puis, tout est une question d?intégrité. Le ministère a octroyé un permis d?opérer et s?attend que les agents travaillent selon les normes.

● <B>Que suggérez-vous pour assainir la profession ? </B>

Il est évident qu?il faut appliquer la loi dans toute sa vigueur. Mais il faut également s?assurer que le problème est bien réel.

● <B> Que voulez-vous dire ? </B>

Que nous ne pouvons agir sans qu?il y ait des preuves. L?agent dit quelque chose. L?étudiant autre chose. Qui dit vrai ? Certaines choses m?échappent. Comment une personne peut-elle se retrouver sans ressources au bout de trois semaines alors qu?il faut justement justifier de certaines ressources pour pouvoir prétendre à un visa ?

● <B>Insinuez-vous qu?ils auraient falsifié leurs documents bancaires ? </B>

Je préfère ne pas m?avancer sur ce sujet mais je dis juste que je trouve ça un peu bizarre. Il est vrai cependant que certains agents promettent n?importe quoi aux étudiants. Il y a beaucoup de publicités mensongères.

● <B>Puisque vous abordez le sujet, est-ce légal de promettre un travail à quelqu?un ? </B>

Si l?agence est enregistrée auprès du ministère de l?Emploi du pays de destination, normalement oui. Il y a également les cas où un «work placement» est prévu dans le cursus scolaire. Il est alors fréquent que l?école s?organise pour placer l?étudiant dans une entreprise. Personnellement, je précise sur chacune de mes publicités «work and study». Je ne promets pas un emploi mais informe tout simplement les futurs étudiants qu?ils peuvent étudier et travailler à mi-temps en même temps. Garantir un emploi, c?est autre chose. Comment quelqu?un peut-il, de Maurice, promettre un emploi à quelqu?un en Australie ? Il faut passer des entretiens d?embauche, etc. C?est malhonnête de promettre un travail.

● <B>Si les étudiants estiment avoir été dupés, quels recours ont-ils ? </B>

Ils peuvent rapporter l?affaire à la police. Et puis, étant donné que pour pouvoir s?enregistrer auprès du ministère, l?agent doit, en plus s?acquitter de frais de Rs 50 000, fournir une garantie bancaire de Rs 500 000, ces étudiants peuvent faire appel au ministère afin que ce dernier puise dedans pour les rembourser.

● <B>Rs 500 000, cela suffit si une poignée d?étudiants se sont fait avoir mais que faire s?ils sont une vingtaine ? </B>

Dans ce cas-là, il est vrai que c?est plus difficile?

● <B>Ne faut-il pas augmenter le montant de la garantie bancaire alors ? </B>

Le problème n?est pas là. Même si la garantie s?élève à Rs 5 millions, cela ne changera rien. Peu importe les garanties si l?agent n?est pas intègre.

● <B> Est-ce que vous dites cela parce qu?à l?agenda de votre association, figure une demande pour que baissent les frais d?enregistrement et le montant de la garantie bancaire ? </B>

Je n?ai rien à dire dessus. Si ce n?est que pour la garantie bancaire, je trouve le montant justifié. Mais concernant le montant pour l?enregistrement auprès du ministère, je dois dire que c?est assez élevé. On devrait pouvoir en discuter.

● <B> A part cela, que conseillez-vous aux étudiants qui décident de retenir les services d?un agent recruteur ? </B>

Tout simplement de faire leur marché. De ne pas se contenter des dires d?une seule agence. D?en consulter plusieurs. Ils sont libres également d?appeler l?école en question, afin de vérifier les dires de l?agent.

● <B>Pourquoi vous êtes-vous regroupés en association, l?«Association of Licensed International Consultants in Education» ? </B>

L?idée était de redonner ses lettres de noblesse à la profession d?agent recruteur. Le but était également de donner une garantie additionnelle aux étudiants.

● <B>Toutes les 21 agences enregistrées auprès du ministère ne font pas partie de votre association?</B>

Nous sommes treize au sein de l?association. Si les autres ne veulent pas venir avec nous, cela les concerne. Nous nous assurons que nos membres font du bon travail. Si l?un d?entre eux commet une faute, il sera expulsé de notre association. Nous ferons également appel au ministère pour qu?il le sanctionne. Nous prônons le «name and shame». Il est dommage que certaines personnes ne soient pas à l?aise pour travailler selon notre code de conduite et d?éthique?

● <B> Pensez-vous que le ministère est suffisamment sévère ? </B>

Le ministère a fait un bon travail en réglementant la profession. Je pense que la loi est déjà assez sévère comme ça, car un agent recruteur qui est pris en faute peut être passible d?une amende allant jusqu?à Rs 50 000 et jusqu?à cinq ans d?emprisonnement. Nous verrons quand même avec le ministère s?il est possible d?amender la loi pour qu?elle soit plus sévère. J?ai d?ailleurs rendez-vous au ministère aujourd?hui.

<I>Propos recueillis par</I> <B>Valérie OLLA</B>

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