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«Il est nécessaire de changer nos habitudes de travail»
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«Il est nécessaire de changer nos habitudes de travail»
● <B>Quelle est la tendance d?évolution du nombre de travailleurs étrangers à Maurice ?</B>
En comparant les chiffres de décembre 2006 à ceux de décembre 2007, nous constatons que le nombre de permis de travail délivré aux travailleurs étrangers est nettement en hausse. Cette évolution est essentiellement due aux multiples possibilités d?emplois qui existent aujourd?hui et dont des Mauriciens jugent les horaires inadaptés à leurs habitudes. C?est ainsi qu?une campagne sera initiée pour sensibiliser la population à un fonctionnement 24 heures sur 24 (24h/24) et sept jours sur sept (7/7) de l?économie mauricienne.
● <B>Comment se fera ce changement de fonctionnement ?</B>
La campagne de sensibilisation va bientôt démarrer. Un comité a été mis sur pied à cet effet. Il se chargera de réfléchir aux dispositions nécessaires à la mise en place d?un environnement favorable au fonctionnement d?une économie à la hauteur de nos ambitions. Cette campagne de sensibilisation a, pour rôle principal, de faire comprendre à la population mauricienne qu?il est nécessaire de changer nos habitudes de travail. Les heures normales de travail auxquelles nous étions, jusque-là, habitués, sont adaptées à une économie traditionnelle.
Si nous optons pour le développement du secteur de l?offshore, de l?Internet and Communication Technology, du Business Process Outsourcing, nous devons être prêts à revoir nos habitudes de travail. L?économie singapourienne en est un exemple palpable.
L?objectif de cette campagne est de nous orienter dans la même direction et amener les Mauriciens à prendre des emplois à des heures irrégulières. Ce qui éviterait aux entreprises de recourir à la main-d??uvre étrangère. A titre d?exemple, il y a environ 3 000 postes vacants dans des entreprises à Maurice.
● <B> Certaines entreprises, qui traversent des difficultés financières, menacent de réduire leurs effectifs. Pensez-vous qu?elles profiteraient d?un fonctionnement 24h/24 ?</B>
Tout cela est basé sur des données économiques. Nous savons bien qu?il y a des entreprises qui connaissent des moments favorables de croissance. Par contre, il y en a d?autres qui rencontrent des difficultés liées, dans la plupart des cas, à leur secteur d?activité. Ces entreprises se doivent de revoir leurs stratégies pour tirer profit du mode de fonctionnement d?une économie moderne.
La tendance est actuellement à la polyvalence dans le travail (le multi-skilling). Le temps du ?job for a life? est révolu. Sur le marché international du travail, la tendance est entre cinq et six changements d?emploi au cours d?une carrière. Avec le développement des nouvelles technologies, un employé qualifié est complètement dépassé en moins de dix ans, s?il ne s?adapte pas, de façon régulière, aux évolutions technologiques liées à son domaine d?activité.
Nous développons un programme sur le multi-skilling afin de permettre aux travailleurs d?avoir une certaine polyvalence. Progressivement, cela leur permettra d?avoir une compétence en adéquation permanente avec les besoins du marché du travail.
● <B>Quels sont les avantages d?une économie fonctionnant 24h/24 pour Maurice ?</B>
Les gens ont peur des changements. Il y en a qui pensent que le nombre d?heures de travail augmentera. Il s?agira plutôt d?une meilleure organisation du travail avec des shifts qui se relayent. Ce système créera deux à trois fois plus d?emplois dans certains secteurs d?activité. Il y a d?énormes possibilités à exploiter. Je pense, par exemple, au virtual work, qui permettra à certaines personnes de travailler à partir de leur maison. Elles pourraient même y faire participer leur famille.
Les touristes qui visitent notre île préfèrent profiter du soleil en passant leur journée à la plage, ou en visitant divers autres lieux d?attraction. En fin de journée, ils voudraient bien faire du shopping mais tous les magasins sont fermés. Nos magasins pourraient rester ouverts beaucoup plus tard et ainsi permettre aux touristes de mieux profiter de leur séjour. Pour y arriver, nous devons revoir certains aspects, dont notamment les systèmes juridique, de sécurité et de transport.
Nous sommes conscients du défi. C?est une campagne qui prendra du temps. Et si nous changeons 10 à 15 % de mentalités, après un ou deux ans, ce serait un pas de franchi.
<I>Propos recueillis par</I> <B>Fidèle HONVOU</B>
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