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« Vous n?avez encore rien vu en matière d?investissement !»

24 juin 2007, 00:00

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Le ministre des Finances évoque la barre de Rs 10 milliards d?investissements directs étrangers (IDE) en 2007. Qu?est-ce qui vous permet d?être optimiste par rapport à cet objectif ?

Nous sommes optimistes parce que cette prévision est basée sur des projets qui ont débuté depuis plus d?un an. Mais nous ne travaillons pas qu?en fonction de ce seul objectif financier. Il y a d?autres fa-cettes importantes à prendre en compte : l?emploi, le cadre incitatif, l?existence ou non de nouveaux obstacles administratifs à aplanir.

Aujourd?hui, les grands axes de développement se précisent. L?IDE ne va pas seulement dans les Integrated Resorts Schemes. Les investisseurs viennent mettre en place des hôpitaux, des centres et des universités médicales. Le seafood prend une autre ampleur. Nous amorçons une nouvelle phase de développement où l?IDE ira croissant.

Vous hasardez-vous à chiffrer le montant de l?IDE pour 2008 ?

Vous n?avez encore rien vu en matière d?investissement ! 2008 ne pourra qu?être meilleure, et les signes visibles de développement seront plus apparents en dé-cembre. Les deux mesures fiscales que le ministre des Finances a annoncées dans son dernier budget ne font pas partie d?un pari. Aujourd?hui, nous avons un pipeline de Rs 30 à Rs 35 milliards de projets d?investissement.

On les catégorise en termes de projets qui ont les chances les plus solides d?aboutir, d?autres moins sûrs, ou encore qui se concrétiseront en 18 mois. Si on ne fait que prendre la valeur des cinq projets IRS qui ont déjà démarré ou qui démarrent, cela représente Rs 80 milliards. Va-t-on nous dire que nous bluffons ? Et il faut savoir que 60 % des capitaux investis dans les IRS proviennent de l?étranger.

Que représentent ces chiffres en termes d?emplois, de transfert de savoir-faire, et de technologies étrangères ?

C?est facile d?entrer dans des projections qui ne sont pas nécessairement vérifiables après. Le but du jeu, c?est de créer de nouvelles opportunités et d?absorber les personnes au chômage.

Si l?on prend les IRS, tous se font là où des usines textiles ont fermé. Il y a donc une régénération économique qui se met en place. On pense que 1 500 personnes seront employées à terme à l?IRS de Tamarina. Rien que cette année, en ayant un objectif peu ambitieux, nous pouvons dire que 6 000 em-plois pourront être créés.

Il y a eu une polémique au sujet des Rs 3,5 milliards transférées dans une banque l?année dernière. Même si ce sont les standards de comptabilité du Fonds monétaire qui ont été utilisés, n?aurait-il pas été plus honnête de dire que la moitié des Rs 7,2 milliards d?IDE de l?année dernière n?était, en fait, qu?un transfert bancaire ?

Je ne pense pas un seul instant qu?il y ait eu une tentative de manipulation. Ce n?est qu?une parade inutile de la part de personnes qui sont, d?ailleurs, assez éclairées. Récemment, j?ai eu l?occasion de parler avec le gouverneur de la Banque de Maurice dans le cadre des consultations que nous avons avec les régulateurs. Il m?a confirmé que nous utilisons une méthodologie internationale. J?ai appris aussi que, si un investisseur étranger transfère ses capitaux plus d?un an après avoir fondé sa société à Maurice, cette somme est comptabilisée comme? un prêt, et non comme IDE ! Je ne le savais pas. Mais ce qui importe, c?est qu?il s?implante et qu?il démarre ses activités.

De bonnes infrastructures publiques aident à attirer les IDE. L?effort pour les développer est-il suffisant ?

Aujourd?hui, on demande aux investisseurs de participer au coût des infrastructures pour que leur financement ne devienne pas un fardeau pour le contribuable. Pour le projet IRS des Salines, par exemple, ce sont des promoteurs étrangers qui contribuent à hauteur de Rs 450 millions pour la construction des routes, pour amener l?eau ou l?électricité. Dans le passé, quand on a développé la région de Bel-Ombre, c?est le tourism fund qui a servi au financement.

Quand cela ne suffit pas, c?est le gouvernement qui paye. Cette époque est révolue. Avec la stratégie orientée vers l?ouverture, on ne finance plus les gros projets d?infrastructure en ayant recours à des prêts locaux, ce qui ne faisait qu?augmenter la dette.

L?accent est mis sur les développements autour de la terre. Que vendrons-nous une fois qu?on n?en aura plus à offrir ?

Nous sommes encore bien loin du compte. Une infime partie des terres est en train d?être prise pour le développement. À Maurice, nous avons tendance à prendre deux ou trois cas et à magnifier leur importance.

Il y a 30 projets de construction, d?extension ou de rénovation d?hôtels en cours. Le littoral est-il extensible pour vous ?

Il y a aussi beaucoup de projets de re-développement ici. Prenons l?exemple de Singapour, qui est aussi un petit pays.

Justement, Singapour a découvert la construction en hauteur depuis longtemps?

Imaginez le nombre de bâtiments, dans Port-Louis, qui pourraient être reconstruits. On planche sur le dossier de la ville nouvelle de Highlands, où on établira un centre administratif du gouvernement. Cela libérera de l?espace dans la capitale que nous pourrons re-développer. Singapour a élaboré son business model immobilier en se basant sur le re-développement.

Nous allons avoir une meilleure utilisation des terres, sans défigurer Mau-rice. Pour les IRS, dans les dix années à venir, nous allons construire pas plus de 4 000 villas. À Dubaï, chaque année il s?en construit 125 000 ! Il ne faut pas amplifier les choses. Nous ne faisons qu?essayer de rentabiliser la richesse que nous possédons.

■ Propos recueillis par Rabin BHUJUN

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