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« Une réforme est plus que nécessaire »
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« Une réforme est plus que nécessaire »
Quelles sont les lacunes des lois du travail ?
Il y a en fait beaucoup de lacunes, tant au niveau du Labour Act que de l?Indus-trial Relations Act. En dépit de grandes avancées, il reste encore du chemin à faire au niveau des relations industrielles. Par exemple, rien n?est prévu au niveau du salaire minimum, et il existe encore des problèmes au niveau de la liquidation d?une entreprise, car les travailleurs sont les derniers à être pris en compte.
Quant à l?IRA, il étatise en fait les relations industrielles et abolit dans la pratique le droit de grève. Pour ce qui est des remuneration orders, 30 au juste, ils sont révisés à la discrétion du ministre. Plusieurs secteurs, tels que celui de la zone franche, n?ont pas connu de révision depuis de nombreuses années. Je pourrais en citer encore d?autres d?une manière exhaustive.
Une refonte est-elle nécessaire ?
Elle est plus que nécessaire. Elle est vitale pour établir sur des bases saines et solides les relations industrielles. Nous disons oui à des réformes visant à l?amélioration de la classe des travailleurs. Pas des réformes proposées à la sauce Rama Sithanen ou Mauritius Employers? Federation (MEF). Ces réformes vont faire reculer le pays, car au lieu de consolider les droits des travailleurs qui doivent faire face à la mondialisation, l?État veut enlever tous les garde-fous et livrer le citoyen, pieds et poings liés, à la jungle du « capitalisme global ».
En fait, est-ce que l?État est en train de proposer des réformes, ou alors s?achemine-t-on vers l?imposition des réformes par le gouvernement ?
Dans quel sens doit-on réformer ?
Je le redis, il faut plus de droits et de démocratie pour faire face à la mondialisation. À un premier niveau, on doit garantir les salaires et les conditions de travail tant sur le plan national que sectoriel. En clair, il faut renfoncer le Labour Act pour garantir un salaire minimum national, indépendamment des secteurs de travail. Puis, la transparence doit être de mise au niveau du recrutement et des conditions de licenciement. D?autre part, les salaires doivent être indexés automatiquement par rapport au taux d?inflation. Il est primordial de maintenir les remuneration orders pour les différents secteurs et respecter leurs spécificités. Enfin, il faut enregistrer et généraliser tous les collective agreements sectoriels.
Le maître mot du gouvernement et du patronat est « flexibilité ». Que comprend-on par cela ?
Flexibilité pour faire quoi ? Pour licencier ? Pour ne pas payer de compensation salariale ? On va « individualiser » les contrats de travail. Nous sommes à la croisée des chemins. Soit nous allons vers plus de progrès social, soit nous appliquons la politique du ministre des Finances et nous courons alors vers l?explosion sociale. Nous, au sein du mouvement syndical, nous avons choisi la voie du progrès social.
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