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« Qu?on nous perçoive comme la banque du peuple »

7 août 2004, 20:00

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Vous vous disiez « plein d?opti-misme » au moment du lancement de la MPCB en août dernier. Le bilan de cette première année d?activité vous satisfait-il ?

Le bilan confirme que j?avais raison d?être optimiste. Il confirme également la lecture que j?avais faite, à savoir qu?il y avait une section de la population qui ne bénéficiait pas du soutien approprié dans le domaine bancaire. Nous sommes satisfaits, mais cela ne suffit pas. Nous pensons qu?il y a encore un long chemin à faire. Notre objectif est de répondre aux aspirations des clients. Nous voulons qu?on nous perçoive comme une banque de proximité, comme la banque du peuple.

Être une banque du peuple n?implique-t-il pas des sacrifices à consentir sur la profitabilité ?

Ce n?est pas au détriment de la profitabilité. Nous avons une certaine vocation à remplir. L?État détient directement ou indirectement 80 % de notre actionnariat. De ce fait, nous avons un devoir vis-à-vis de la société mauricienne. Si nous avions une majorité d?actionnaires privés, nous aurions eu une obligation de déclarer des dividendes intéressants dès le départ. Mais l?État, ayant décidé de créer cette banque, est prêt à investir dans le moyen et le long termes. Cela nous permet de soutenir certains projets à portée nationale comme relancer le secteur des petites et moyennes entreprises (PME) et aider à la création d?emplois ou encore aider les petits planteurs, les pécheurs. Il y a un coût à tout cela. La profitabilité est nécessaire mais il n?est pas impératif de faire des profits énormes au départ dans une petite banque. La profitabilité viendra après.

Comment se porte donc la MPCB ?

Les individus détiennent 90 % des comptes et 85 % des dépôts, le reste est détenu par la clientèle d?entreprises. On aurait souhaité que cette proportion change, mais nous n?allons pas nous concentrer sur une clientèle d?entreprises. Nous continuerons à cibler les individus. Car ce sont leurs dépôts qui représentent la masse stable des dépôts bancaires. Au 30 juin ils étaient estimés à 2,6 milliards. Alors que pour les prêts nous avons juste dépassé la barre du milliard. D?ici 3 à 4 mois, 750 à 800 millions supplémentaires vont être décaissés.

Et les stratégies d?avenir ?

Nous voulons être une banque de proximité. Pour cela nous allons vers les clients au lieu d?attendre qu?ils viennent à nous. Nous avons quatre succursales déjà opérationnelles à Quatres-Bornes Curepipe, Rose-Belle et Mahébourg. Nous aménageons deux autres à Lallmatie et Goodlands. Nous avons également trouvé un local à Grand-Baie. Son aménagement sera terminé dans deux mois avec une ouverture prévue vers novembre ou décembre. Nous avons aussi identifié d?autres endroits comme Flacq, Rivière- Noire, Chemin-Grenier où nous allons ouvrir d?autres agences. Nous travaillons aussi sur un projet pour Rodrigues.

Allez-vous introduire de nouveaux services ?

Mastercard a accepté de nous intégrer à son réseau. Nous espérons lancer notre carte de débit vers la première semaine de décembre. Puis, nous compléterons les procédures pour le lancement de notre première carte de crédit vers début avril 2005. Tout cela va être couplé avec des guichets automatiques qui seront installés dans nos succursales et les bureaux de poste sur une base régionale aussi bien que dans les centres névralgiques du pays.

Est-il simple de résister aux pressions politiques quand on dirige une banque détenue à 80 % par l?État ?

Il faut qu?on sache situer le rôle des gouvernants et celui des administrateurs d?une banque. Je ne vois rien d?anormal à ce qu?un ministre ou un politique du gouvernement ou de l?opposition appelle le directeur d?une banque, à la suite de demandes de mandants, pour lui demander s?il peut aider telle ou telle personne. Ensuite, c?est au directeur de faire son travail correctement et d?évaluer le dossier. À aucun moment le politicien ne force la main d?un directeur. C?est au directeur de prendre sa responsabilité.

Il se chuchote, dans le milieu bancaire, que la MPCB serait intéressée par le rachat de la First City Bank?

Il n?y a rien d?anormal à dire que nous sommes intéressés. Mais de là à dire que nous sommes déjà là-bas, il y a un grand pas. Nous ne pouvons pas acheter ce qui n?est pas à vendre. Mais si demain l?opportunité se présente, nous allons nous positionner. Nous avons essayé de provoquer une discussion à ce sujet avec nos actionnaires, cela a échoué. Mais nous suivons la situation et en temps et lieu, nous prendrons position.

Mastercard a accepté de nous intégrer à son réseau. Nous lancerons notre carte de débit en décembre

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