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« On oublie les victimes de Lallmatie »

22 janvier 2006, 00:00

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Pensez-vous qu?on saura un jour qui a tué votre épouse Indira et votre s?ur Asha ?

Je constate que tous les regards sont en ce moment braqués sur le défunt Rajesh Ramlogun qu?on dit victime de brutalités policières. Les médias ne parlent que de cela alors que toute l?affaire a débuté avec le meurtre de mon épouse et de ma s?ur. Nous avons l?impression qu?on nous oublie. J?ai envie de trouver la lumière, de connaître la vérité. Le ministre de la Femme, Indira Seebun, et celui de la Justice Rama Valayden, nous ont rendu visite hier afin de nous témoigner sympathie. Ils nous ont assuré que le ou les coupables seront punis et qu?il n?y aura pas de cover up. Nous voulons leur faire confiance. L?Attorney General nous a aussi affirmé qu?il est probable que le Premier ministre, Navin Ramgoolam, nous recevra très prochainement.

Quelles étaient vos relations avec Ashwin Ramgotee et son oncle Rajesh Ramlogun ?

Nous avions des relations civilisées. Vous savez, ils habitent assez loin de chez moi. Ashwin n?est pas trop bavard. Quant à Rajesh Ramlogun, je ne le connaissais pas vraiment, aparte enn ti bonzour-bonsoir pa tiena bel dialog. Je voudrai faire ressortir que je démens formellement les rumeurs qui circulent à propos de la détérioration des relations entre nos deux familles après une dénonciation faite à la police pour une affaire de gandia. J?ai 71 ans, je fréquente les personnes de mon âge et je ne me mêle pas des affaires des autres.

Croyez-vous à la version d?Ashwin Ramgotee qui vient de révéler que c?est son oncle qui a tué votre épouse et votre s?ur ?

Je n?ai pas envie de me prononcer sur ce sujet. Je note seulement qu?il a donné plusieurs versions aux enquêteurs de ce qui s?est produit le soir où elles ont été assassinées. C?est à la police maintenant de démêler l?écheveau.

Comment surmontez-vous cette tragédie ?

C?est difficile. La douleur est encore vive. J?ai dû quitter la maison où j?ai vécu 58 ans pour trouver refuge chez mes enfants à cité Lallmatie. Mes proches étaient en larmes en me voyant partir, mais je ne pouvais rester ici. Les lieux me rappellent des souvenirs douloureux. Ici, chez mes enfants, chaque jour qui passe voit la visite de gens qui viennent partager ma douleur et sympathiser avec moi.

■ Propos recueillis par Bindu BOYJOO

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