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« Nous n?avons pas peur de l?hôpital Apollo »
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« Nous n?avons pas peur de l?hôpital Apollo »
Le projet de l?hôpital Apollo ne fait pas plaisir aux cliniques privées. Pourquoi cette levée de boucliers ?
Je dois préciser que nous accueillons favorablement l?arrivée de l?hôpital Apollo. Nous n?en avons pas peur, bien au contraire, cela permettra une compétition saine entre les établissements hospitaliers et c?est de bon augure pour la promotion des services de santé.
Toutefois, nous avons des craintes pour les cliniques qui souffrent déjà de la compétition locale. Ainsi, celles qui ne peuvent pas investir dans de nouvelles technologies mourront lentement. D?autre part, les tarifs que pourrait pratiquer le géant Apollo nous inquiètent. D?après les échos, ils offrent des packages si bas qu?ils parviennent à attirer une clientèle européenne et américaine. S?ils offrent un service moins cher que celui pratiqué ici, avec la qualité en plus, cela sonnera le glas des cliniques privées.
Mais ce sont les Mauriciens qui en sortiront gagnants. Vous devriez être heureux que Maurice accueille ce « géant » de la santé comme vous dites.
Cela dépend de l?angle sous lequel on voit les choses. D?après ce que l?on sait, l?hôpital Apollo est très novateur dans le domaine de la technologie de pointe, ce que beaucoup de cliniques privées n?ont pas encore pu réaliser.
Si c?est pour apporter de nouvelles technologies et une meilleure qualité de soins, alors nous sommes de tout c?ur avec eux. Mais s?ils marchent sur nos plates-bandes, cela créera des problèmes pour les cliniques privées. Déjà les cliniques font face à des problèmes de nature financière : les gens se plaignent des prix pratiqués.
Quelles stratégies comptez-vous adopter pour contrer cette menace ?
Nous étudions plusieurs mesures, mais la seule solution c?est de remettre en question notre mode de fonctionnement. Il faudra revoir l?accueil, la propreté, les prix et la gestion pour être plus efficace et compétitif. Par ailleurs, le personnel médical et paramédical devra être plus avenant. Nous réfléchissons à la possibilité d?offrir un service personnalisé en recrutant un PRO qui aura pour tâche de prendre le patient en charge, de son arrivée à la clinique jusqu?à son départ. L?implan-tation de l?hôpital Apollo est, en quelque sorte, une blessing in disguise. Elle nous oblige à revoir et à améliorer nos services.
Certains directeurs de cliniques privées ne s?associent pas à votre démarche. Ils affirment même que vous défendez vos propres intérêts? C?est faux. Nous sommes là pour défendre les intérêts des 16 établissements qui font partie de l?Association des cliniques privées, en particulier celles qui risquent de se retrouver en difficulté. Et ce sera dommage, car beaucoup ont bâti leur réputation sur le service. Nou pa dekouraz lopital Apollo vini, mais fodre pas li business-oriented. La coopération existe entre les cliniques privées et déjà l?idée de créer un consortium a été émise.
Quelles sont les forces que vous comptez mettre en avant ?
Nous avons la compétence voulue, une histoire, un goodwill, et nous sommes service-oriented. En outre, les gens nous connaissent et nous font confiance. Certains viennent de loin pour se faire soigner dans telle ou telle clinique. Nous investissons aussi dans la technologie de pointe. Dans deux mois la Clinique de Lorette fera l?acquisition d?un appareil d?imagerie à résonance magnétique.
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