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« Nous attendons beaucoup de la commission Justice et Vérité »

5 août 2007, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Votre parti organise des meetings publics dans le pays. Expliquez-nous le pourquoi de ces meetings.

Les conférences de presse que nous avons remplacées par des communiqués subissent la plupart du temps un très mauvais traitement dans les médias : à peine quelques lignes dans la presse écrite, quelques secondes sur les radios privées, et à la MBC, uniquement quand nos propos félicitent le pouvoir en place. Ce genre de traitement a assez duré.

Les Verts fraternels ont acquis au bout de 39 ans de combat une place sur l?échiquier politique. L?objectif de la campagne d?information commencée depuis juillet à la cadence d?un meeting par semaine, vise à informer le public sur les points précis de notre programme et de notre lecture de l?actualité.

Quel est le programme politique de votre parti au cours de l?année ? Réunions, meetings, congrès ?

L?agenda annuel des Verts fraternels est bien chargé. Il y a, entre autres, la célébration de l?anniversaire de l?abolition de l?esclavage, la lutte pour protéger le Morne, le rassemblement du 1er Mai, les activités culturelles pour la Semaine Créole et les sit-in éventuels pour telle ou telle action du parti.

De plus, outre les activités pour le bon fonctionnement du parti et pour la formation des adhérents, nous avons régulièrement des débats internes et une antenne nous relie avec les partis Verts étrangers.

Quel est votre constat sur le plan politique et votre analyse des forces de l?opposition ?

Après les grands rassemblements du 1er Mai et tout le tam-tam autour du budget, nous revoilà plongés dans la monotonie des travaux parlementaires et des conférences de presse hebdomadaires. Le journal de la MBC-TV est devenu un somnifère. Est-ce ainsi que l?on construit une conscience politique, un esprit patriotique, une nation face aux graves enjeux environnementaux, culturels et économiques de ce pays, à la misère, à la violence, à l?intolérance ?

Et l?île Maurice prétend être un model case de démocratie ! Quant aux partis de l?opposition, ils restent trop électoralistes.

Êtes-vous favorable à une dose de proportionnelle dans notre système électoral ? Quelle serait la formule idéale ?

Je n?ai plus de crainte sur la proportionnelle aujourd?hui. Si depuis l?indépendance, tous les « grands » partis politiques ont dû conclure des alliances pour gagner les élections, aujourd?hui, il y a un changement majeur, constatable depuis 2005 : deux « grands » partis qui entrent en alliance ne sont plus assurés de gagner les élections.

Les petits partis s?affirment et finiront, grâce à des accords, à forcer la réforme électorale. Dans cette réforme, une dose de proportionnelle est plus que nécessaire, non seulement pour une représentation adéquate de notre population pluriethnique ainsi que la stabilité politique et sociale, mais surtout pour une meilleure représentation des femmes au Parlement pour leur propre émancipation à un moment où leur statut est réduit quasiment à zéro dans les postes de décision. Comme parti écologiste, les Verts fraternels sont pour une proportionnelle intégrale.

Le Premier ministre envisage de mettre en place une commission Vérité et Justice. Qu?attendez-vous de cette commission ?

Nous attendons beaucoup de cette commission. L?accord principal qui lie les Verts fraternels à l?Alliance sociale porte sur la mise en place de cette commission qui figure dans le manifeste électoral et qui fait partie de la politique du gouvernement comme définie par le discours du président de la République en juillet 2005. En 2006, le Premier ministre a annoncé son intention de constituer cette commission. En juin de cette année, il a informé l?Assemblée nationale que le professeur Robert Shell, de l?université de Western Cape, en Afrique du Sud, sera le président de cette commission. Voilà ce qui a été fait jusqu?ici. Cela peut paraître insignifiant, mais en réalité, c?est un grand pas fait par le gouvernement.

J?ai demandé au Premier ministre dernièrement d?inviter au pays le président désigné pour régler, entre autres, la question des « terms of reference » pour que cette commission puisse commencer ses travaux. C?est un travail qui prendra du temps comme le reconnaît le Professeur Shell lui-même en raison de la nature du travail à faire et qui porte sur une partie douloureuse de l?histoire du pays. Cette commission fera la lumière sur l?esclavage et l?engagisme et elle fera des recommandations sur les réparations nécessaires.

Quelle sera votre contribution à ces travaux ?

J?ai demandé à Navin Ramgoolam que des représentants de mon parti soient dans la commission. Depuis quelques années, nous avons engagé la firme britannique Bindman & Partners pour travailler sur ce dossier. À la lumière des informations que nous avons, nous comptons suivre les travaux de la commission.

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