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« Notre préoccupation devrait être le combat contre le sida »
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« Notre préoccupation devrait être le combat contre le sida »
<B>Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) vient de publier l?édition 2005 du rapport mondial sur le développement humain. Est-ce une manière, pour le concert des Nations, de se donner bonne conscience ? </B>
Non, surtout pas pour se donner bonne conscience ! Ce rapport analyse le développement en termes de personnes ? quel est l?impact du développement sur les personnes. Parce que ce n?est pas seulement la croissance économique qui fait une différence pour les gens. Il faut aussi que chacun ait la possibilité d?avoir accès aux soins de santé et à l?éducation, afin de pouvoir vivre plus longtemps, avec une qualité de vie meilleure.
Depuis 1990, le rapport mondial sur le développement humain fait le point sur cette question, y compris les progrès effectués en vue de réaliser les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Ceux-ci ont pour but de réduire la pauvreté et les inégalités dans le monde.
Précision importante : au-delà de la réalité des chiffres, le rapport met en lumière le coût humain des objectifs manqués et des promesses non tenues. Sous-titré La coopération internationale à la croisée des chemins : l?aide, le commerce et la sécurité dans un monde marqué par les inégalités, il propose une analyse audacieuse des problèmes tout en suggérant un certain nombre de solutions.
Il demande également que les pays riches traduisent leurs paroles en actes et respectent leurs engagements pris lors de la Déclaration du millénaire. Le rapport veut relativiser le développement en fonction de ce que les gens vivent. La semaine prochaine, à New York, débute le sommet des Nations unies consacré à un plan d?action pour que les OMD puissent être atteints en 2015.
<B>Le développement humain de la planète se porte-t-il mieux qu?en 1990 ? </B>
Il y a eu des avancées dans certains secteurs et des reculs dans d?autres? Un fait : aujourd?hui, les 500 terriens les plus riches ont des ressources financières plus importantes que les 416 millions d?humains les plus pauvres.
Quelques avancées et des reculs : alors que le monde compte 130 millions de personnes de moins vivant dans la pauvreté extrême, aujourd?hui, 2,5 milliards d?êtres humains ont moins de 2 dollars pour vivre chaque jour, et la réduction de la pauvreté a ralenti ces dix dernières années. Même s?il y a 2 millions d?enfants de moins qui meurent, il y en a toujours 10 millions qui meurent chaque année. Trente millions d?enfants supplémentaires ont aujourd?hui accès à une éducation, mais 115 millions ne savent toujours pas ce qu?est l?école. Alors qu?en dix ans, 1,2 milliard de personnes de plus a eu accès à l?eau potable, 1 milliard d?autres en est toujours privé.
<B>Quelles sont les lacunes que relève le rapport à propos de Maurice ? </B>
D?abord, il faut souligner que le pays a fait, ces dernières années, des efforts pour atteindre les OMD. Il a produit un rapport national en 2002 pour Maurice et, un an plus tard, un plan d?action pour Rodrigues.
Les lacunes relevées sont l?existence de poches de pauvreté importantes, le manque de femmes dans les lieux de prise de décision et la lutte contre le virus du sida. Mais je dois préciser que nous sommes conscients que le pays fait des efforts dans ces domaines.
Notre principale préoccupation devrait être, je pense, le combat contre le virus du sida. Le taux actuel n?est peut-être pas élevé, mais le taux de croissance sur les trois dernières années est énorme. Le chantier reste l?information des personnes sur la maladie, comment se protéger et protéger les partenaires. Il nous faut éviter l?épidémie.
<B>Les Nations unies fêtent leur 60e anniversaire. Est-ce une organisation encore utile aujourd?hui ? Son avenir n?est-il pas derrière elle? </B>
Sûrement pas. Dans un monde globalisé, il est plus que jamais important d?avoir une organisation, telle que les Nations unies, qui réunit 191 États. Le fait d?être une organisation globale permet de créer une plate-forme de négociations où les petits pays peuvent faire entendre leurs préoccupations au concert des nations.
Depuis le Sommet du millénaire, l?Onu a permis que l?attention se porte sur des enjeux importants pour l?humanité entière, comme le combat contre la pauvreté. L?accent n?est plus sur des intentions, mais sur des résultats, des buts concrets. L?objectif final d?éradiquer la pauvreté ne sera atteint que grâce à une coopération internationale renforcée ? et cela, seule l?Onu peut permettre de l?atteindre. C?est un défi que nous devons relever. Cela demande des décisions courageuses et énergiques.
Il y a soixante ans, quand l?Onu a vu le jour, les États-Unis ont permis à l?Europe de « renaître » grâce au Plan Marshall. Il faudrait aujourd?hui l?engagement des États pour que des ressources financières importantes soient mises au service du combat contre la pauvreté. Seule l?Onu pourra le permettre.
<B>« L?objectif final d?éradiquer la pauvreté ne sera atteint que grâce à une coopération internationale renforcée. »</B>
<B>La Déclaration universelle des droits de l?homme (1948) est un des piliers de l?action de l?Onu. Mais les droits humains sont-ils universels ? </B>
Il n?y a pas la moindre équivoque : ils sont universels ! La manière de les exprimer peut varier selon la culture, mais cela ne veut pas dire exclure une partie d?une population sur des critères ethniques, religieux, raciaux ou autres. Les droits humains, tant individuels que collectifs, sont indivisibles. Cela veut dire le droit d?association, d?opinion?
<B>La Commission des droits de l?homme de l?Onu est comme un « bouledogue sans dents ». Chaque année, au Palais des nations de Genève, les États violant systématiquement les droits de l?homme ne sont jamais mis à l?index?</B>
Il ne fait pas de doute que le texte gouvernant la commission doit être revu afin qu?elle puisse « mordre » plus. Kofi Annan, le secrétaire général de l?Onu, a demandé que l?organisation réfléchisse sur le rôle de la commission et que celle-ci puisse être dotée de moyens de sanctions. Il faudrait également simplifier le contenu des rapports réguliers que doivent soumettre les États. Et ces rapports doivent être action-oriented.
Il faut aussi que l?Onu participe plus concrètement aux programmes d?éducation aux droits humains et civiques.
<B>L?Onu ne sort pas grandi des conclusions de l?enquête initiée à la suite du scandale du plan pétrole contre nourriture pour l?Irak?</B>
Cette enquête a été faite à la demande expresse du secrétaire général de l?Onu. Elle a permis de mettre à jour des failles dans notre organisation. D?abord, ce programme avait été créé à la suite d?une demande du Conseil des Nations unies, mais il n?y avait pas de mécanisme de contrôle de sa part. La leçon que nous avons tirée est qu?il ne suffit pas de donner une responsabilité, il faut également se donner des moyens de l?exercer.
Kofi Annan a reconnu que certains fonctionnaires de l?Onu n?ont pas agi selon le code d?éthique de l?organisation. Nous allons maintenant nous donner des moyens pour assurer le suivi et le contrôle de telles décisions.
<B>Qu?en est-il de l?élargissement du Conseil de sécurité à d?autres États ? </B>
Le secrétaire général de l?Onu a fait une série de propositions dans le cadre d?une réflexion d?ensemble sur les changements à apporter à l?organisation.
D?abord, Kofi Annan estime que c?est à l?assemblée générale de l?Onu de réfléchir à la question de l?augmentation des membres permanents du Conseil de sécurité. Il suggère également que le Conseil économique et social de l?Onu soit renforcé et que les réunions ministérielles à ce sujet se tiennent chaque année. Il propose enfin des réformes à l?intérieur du secrétariat afin de le rendre plus moderne.
Il serait en effet souhaitable que d?autres États puissent, avec des critères précis, accéder au statut de membre permanent de l?Onu.
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