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« Ne pas dire la vérité en communication, c?est suicidaire ! »
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« Ne pas dire la vérité en communication, c?est suicidaire ! »
ouper les professionnels de la communication d?entreprise: d?où vous est venue cette idée ?
La communication d?entreprise connaît une ampleur considérable avec la création d?agences, de départements spécialisés, rattachés à des entreprises du secteur privé ou public. L?essor de la responsabilité sociale des entreprises joue aussi un rôle. Elles veulent communiquer sur ce qu?elles font dans ce domaine.
La responsabilité sociale incite également les entreprises à intégrer des préoccupations environnementales et économiques dans leurs activités.
Il est difficile d?avancer le nombre exact d?agences dédiées à la communication, de Public Relation et médias, de consultants indépendants, entres autres. Cela peut avoisiner une centaine. Or, il n?y avait pas de représentation de la profession, pas d?espace d?échanges, d?expertises et d?expériences entre les différents professionnels. Il n?y avait pas de formation pour ceux appelés à prendre le relais.
Le conseiller en communication peut aussi aider l?homme public à améliorer son image. »
Cela me trottait dans la tête. J?en ai donc parlé avec des professionnels du secteur, à Maurice et à l?étranger. Cela a débouché sur la fondation de la Public Relations and Communications Professionals Association (PRCPA). Nous avons également bénéficié du soutien de la Public Relations Society of India.
Quels sont vos objectifs ?
Nous voulons, premièrement, créer une interaction entre les professionnels de la communication et permettre à Maurice d?adhérer à une représentation régionale et internationale. Mon souhait, c?est que notre pays devienne un « hub » régional. Cela nous donnera l?occasion de nous positionner sur le marché international et d?être davantage exposés aux possibilités professionnelles offertes par d?autres agences de communication et d?autres entreprises.
Deuxièmement, la PRCPA va assurer une formation professionnelle continue à travers des séminaires et d?autres activités. Après l?élection du comité exécutif dans les semaines qui viennent, nous choisiront nos lieux de rencontres et commencerons nos activités.
Quel est le rôle d?un professionnel de la communication ?
Notre job est d?éclairer les gens sur les actions des entreprises que nous représentons. La communication agit comme un tremplin entre le public et l?entreprise, afin de faire passer une information sur un produit ou une action spécifique. Nous essayons d?influer les comportements du public. Nous travaillons dans un domaine d?influence.
C?est la même chose entre les entreprises et les médias. Nous déterminons des stratégies en utilisant les outils technologiques comme l?informatique, entre autres. Nous faisons passer nos messages à la presse écrite et parlée. Cela peut-être sous forme de communiqués, de présentations ou d?autres événements.
Outre cette responsabilité médiatique, nous faisons également la gestion de crise. Si une entreprise est confrontée à une situation délicate, nous devons développer des stratégies pour l?atténuer. Il nous faut explorer toutes les possibilités pour élaborer un cocktail, à la fois créatif et artistique, d?interaction et de persuasion.
Pourquoi la communication d?entreprise est-elle aussi prisée actuellement?
Les entreprises prennent conscience que la communication est devenue une composante essentielle du monde économique. C?est un moyen d?informer la population au sujet des activités et des actions entreprises par les compagnies. Celles-ci créent donc une demande pour qu?on fasse passer le message. C?est pour cela que la communication d?entreprise est en pleine croissance et qu?elle se spécialise de plus en plus.
Les nouvelles technologies de la communication et de l?information amplifient cette tendance. D?autres débouchés associés à la communication sont imminents, notamment la responsabilité sociale de l?entreprise et les médias électroniques. La communication sera plus accessible - simplifiée mais non simpliste dans son approche, son analyse et surtout dans sa restitution et son adaptation aux différents publics ciblés.
Plusieurs entreprises financières ou touristiques instituent des cellules de communication internes. Comment expliquez-vous cette diversification ?
Les besoins sont là. D?abord, parce que les entreprises démontrent une volonté de faire connaître leurs actions spécifiques. Nous sommes en pleine évolution technologique. Si un homme d?affaires fait une déclaration le matin, elle peut être non seulement répercutée dans la presse locale, mais il suffira de quelques secondes pour qu?elle atteigne le monde, via le Net.
Les activités d?une entreprise ne se limitent pas au réseau local, mais vont au-delà des frontières. Nous devons donc nous aligner sur ces nouvelles exigences.
Ainsi, certaines compagnies font appel à des agences de communication indépendantes, tandis que d?autres créent des départements spécifiques internes. Maintenant, la question est de savoir comment ces dernières fonctionnent et si elles perdurent. Mais attention, une cellule de communication interne ne doit pas fonctionner n?importe comment! Notre but, c?est aussi d?éduquer les personnes qui vont travailler dans ces cellules.
Et le secteur public n?est pas en reste?.
Encore une fois, cela répond à la demande. Il y a, avant tout, la nécessité de faire passer les informations. Mais il y a aussi une conscientisation sur la façon de les dire. Les hommes publics, ayant réalisé l?impact des mots et du langage, font appel à des conseillers en communication. L?élément « On ne peut pas dire n?importe quoi » revêt là une importance capitale.
Le conseiller en communication peut aussi aider l?homme public à améliorer son image. Bien sûr, la raison d?être de la communication dans le secteur public est de faciliter la relation entre l?entité représentée et le groupe ciblé, avec les mêmes principes que pour le secteur privé. Maintenant, il faut s?appesantir sur la façon dont la communication est instrumentalisée et sur les objectifs à atteindre. C?est tout un débat que nous devrions d?ailleurs avoir au sein de notre association !
Les organismes de l?Etat devraient avoir un département de communication qui n?est pas dicté par la politique. Par exemple, je trouve dommage que le Parlement ne dispose pas d?un service de presse. D?accord, nous avons le Government Information Service qui fait de la communication mais cela ne suffit pas. Auparavant, les services de communication étaient déterminés par les politiciens. Ils nommaient une sorte d?agent politique. Et avec les changements de gouvernement, on changeait le reste, dont le conseiller en communication. Heureusement, puisque ce domaine se professionnalise maintenant, il y a moins de risques que le choix ne soit déterminé selon la couleur politique mais la tentation est là..
« Nous ne maquillons pas le client, mais ?uvrons pour sa mise en valeur »
Les professionnels ne risquent-ils pas de tuer la communication, avec leurs stratégies préfabriquées ?
La communication n?est pas du fast-food ! On peut avoir cette perception pour certains pays où les interventions des politiciens sont quasi-dictées par des conseillers en communication. Mais à Maurice, cela dépend. Nous ne sommes pas là pour tuer la spontanéité de la personne qui nous sollicite. Nous partons d?une information ou d?une idée qu?elle nous donne, nous la replaçons dans un certain contexte.
En somme, nous développons le fond de la pensée du client, afin de l?aider à s?exprimer. Bien sûr, parfois par souci de facilité, on peut nous demander de préparer un discours à la place de la personne elle-même et on aurait pu, là, pervertir le devoir de communication. Mais nous travaillons toujours de concert avec la personne. Nous ne maquillons pas le client, mais oeuvrons pour sa mise en valeur. Le meilleur discours c?est celui qui a été préparé !
Y a-t-il des limites à la communication ?
Tout est communicable. Il faut dire les choses quand elles vont bien : une action à but non lucratif lancée par une entreprise, par exemple. Par contre, il faut aussi rebondir sur ce qui va mal.
On va alors communiquer sur les mesures prises pour que cela aille mieux. Ne pas dire la vérité en communication, c?est suicidaire.
La règle d?or, c?est d?être toujours honnête et de relater les faits. Il y va de notre crédibilité, mais aussi de celle de l?entreprise qui nous a sollicités. Il n?y a pas de culture de dissimulation. Le bon sens doit primer ainsi que l?éthique et la rigueur morale.
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