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« Mon expérience peut être utile pour Madagascar »
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« Mon expérience peut être utile pour Madagascar »
<B>Quelle est la mission de l?Economic Development Board of Madagascar (EDBM) ? </B>
Le rôle de l?EDBM consiste à développer les investissements locaux et internationaux, créer une croissance économique forte et soutenue, favoriser l?émergence et le développement du secteur privé du pays, définir les filières sectorielles prioritaires, et faciliter leur développement dans l?économie.
Le gouvernement, à travers l?EDBM, va créer des conditions favorables pour attirer les investisseurs étrangers, régionaux et locaux. En d?autres mots, l?EDBM va être le think tank du gouvernement en termes de politique d?investissement. Nous allons travailler dans le cadre du Madagascar Action Plan. Il s?agit d?un plan stratégique qui va permettre à Madagascar de faire un saut quantitatif afin d?aboutir à une croissance économique à deux chiffres. L?EDBM est l?institution motrice pour ce saut quantitatif. Il faut que nous ayons une politique compétitive pour attirer les investissements.
<B>Concrètement, cela reviendrait à faire quoi ? </B>
Nous allons étudier comment les autres pays font pour attirer les investissements, et définir ce que nous, à Madagascar, devons aussi faire. Quel genre d?incitation il faut donner pour attirer les investissements et promouvoir le développement des industries locales ? Que faut-il faire pour permettre à nos exportateurs de pénétrer, par exemple, le marché de la SADC, du Comesa ou de la COI ?
<B>Pourquoi l?économie malgache n?a pu décoller jusqu?ici ? </B>
Madagascar n?a pu attirer beaucoup d?investissements quoiqu?on ait pu faire en termes de facilitation, parce qu?il y a autre chose à faire. Il faut faire la promotion, le marketing du pays. Il faut qu?on puisse éliminer les barrières administratives qui freinent les investissements. Il faut aussi aider les entreprises dans leur phase opérationnelle, les accompagner.
L?EDBM va investir dans les expertises, former les gens, voir les opportunités pour le commerce, aider les producteurs à améliorer la qualité de leurs produits, les informer sur les normes requises sur le marché?
« Oui, oui et oui. Nous avons tout pour réussir... Mais il faut qu?on travaille tous ensemble. »
<B>Toutes ces mesures ne viennent-elles pas un peu tard dans la mesure où le pays a déjà fait son entrée sur le marché régional ? </B>
Il nous faut maintenant harmoniser les actions. On a terminé le plan d?abaissement tarifaire pour la SADC dans le cadre du protocole sur le commerce. Ce plan d?abaissement tarifaire a été discuté avec le ministère concerné et le secteur privé. Il sera très bientôt présenté aux autres pays de la SADC pour que l?on puisse avoir un marché à taux préférentiel.
L?élimination des barrières douanières fait craindre une éventuelle invasion des produits importés, en particulier, de l?Afrique du Sud.
Mais Madagascar est déjà inondée par des produits qui viennent d?autres pays. Dans le cadre du Comesa, des produits viennent d?Égypte à un taux zéro. Au contraire, il y aura une compétition et la compétition est toujours bonne. L?abaissement tarifaire ne veut pas non plus dire que l?on va ouvrir le marché totalement. La TVA ne sera pas éliminée.
Puis, dans la SADC, on a ciblé des produits. Ce sont les produits dans la liste A, les matières premières en l?occurrence, qui bénéficieront de l?élimination des tarifs douaniers. D?autres, considérés comme sensibles, ont été classés dans les listes B et C. Ils seront protégés pendant quelque temps pour que les producteurs locaux aient le temps de s?adapter. Leurs tarifs douaniers ne seront éliminés que vers fin 2007 ou en 2008. Mais il ne faut pas voir l?ouverture sous le seul angle de l?importation. On importe des matières premières pour pouvoir exporter des produits finis sur les marchés régional et international.
<B>Mais les industries locales sont-elles prêtes à percer ces marchés ? </B>
Madagascar se trouve déjà sur le marché africain. Nous exportons vers l?Europe et sommes présents aux États-Unis. La main-d??uvre est très compétitive par rapport aux autres pays. Et avec les matières premières, il est tout à fait possible de produire bon marché pour pouvoir exporter dans les pays de la SADC.
Les opérateurs doivent prendre avantage de ce marché de 220 millions de personnes. Et là, je ne parle pas du Comesa.
<B>Le taux d?échange avec le Comesa ne dépasse pas les 2,3 %. Est-il appelé à évoluer ? </B>
Avec le Comesa, on a décidé une baisse de tarifs, puis les pays doivent se débrouiller. Dans la SADC, on facilite, on donne des formations. La proximité du marché pour Madagascar, c?est l?Afrique australe.
<B>Pensez-vous que cette fois-ci, Madagascar puisse réussir ? </B>
Oui, oui et oui. Nous avons tout pour réussir. Avec mon expérience en Afrique, j?ai vu beaucoup de pays s?en sortir avec moins de ressources. Ici, nous en avons tellement : le potentiel, la main-d??uvre, les terres fertiles, l?eau et le pays n?est pas enclavé. Mais il faut qu?on travaille tous ensemble.
<B>Qu?est-ce que vous allez apporter à Madagascar pour cette réussite ? </B>
Peut-être l?expérience que j?ai eue durant les 25 années que j?ai passé en Afrique. Cette expérience peut être utile pour Madagascar.
<B>Propos recueillis par Lova Rabary-Rakotondravony (L?express de Madagascar) </B>
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