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Judiciaire

Deux meurtres, huit mois d’écart : La perpétuité à Jonathan Magdeleine

3 octobre 2026, 11:00

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Deux meurtres, huit mois d’écart : La perpétuité à Jonathan Magdeleine

■ Jonathan Magdeleine avait participé à une reconstitution des faits pour le meurtre de Sri Balkrishna Luchmaya, 90 ans, en mai 2023. Photos: Tony Fine.

Deux personnes âgées tuées par strangulation, deux lieux de travail transformés en scènes de crime, deux vols commis dans leur sillage. À huit mois d’intervalle, Christopher Jonathan Magdeleine a ôté la vie à deux Mauriciens. Le premier homicide lui a valu 23 ans de prison. Le second lui vaut désormais la perpétuité.

Le juge Mehdi Manrakhan l’a condamné, hier, pour le meurtre prémédité de Sri Balkrishna Luchmaya, 90 ans, tué le 25 avril 2023 dans son magasin de tissus, à Souillac Street, Port-Louis. Magdeleine, qui avait plaidé coupable, avait alors 36 ans.

Ce jour-là, il avait attendu autour du commerce avant d’y entrer, feignant l’intention d’acheter quatre mètres de tissu. Lorsque Sri Balkrishna Luchmaya s’était retourné pour aller chercher la marchandise, il l’avait attaqué par-derrière et étranglé. La cause du décès : une asphyxie par compression du cou. Le trentenaire avait ensuite retiré une bague en or du doigt du vieil homme et pris de l’argent dans la caisse. Incapable de vendre la bague, il s’était réfugié dans une maison abandonnée à Pointe-aux Sables. Le bijou y sera retrouvé et rendu à la famille.

Rongé par le remords

Le dossier a toutefois révélé une réalité plus sombre. En août 2022, huit mois auparavant, le condamné a tué un gardien d’une station de traitement des eaux usées à St Martin. Il s’y était introduit pour voler de la ferraille. Surpris par le gardien, qui cherchait à alerter son entourage avec son téléphone, il l’a étranglé et frappé au visage jusqu’à la mort, avant de repartir avec son téléphone et son portefeuille. Pour ce meurtre, il purge une peine de 23 ans.

Après son arrestation dans l’affaire Luchmaya, Jonathan Magdeleine a pourtant spontanément confessé ce premier homicide. Il expliquera depuis le box des accusés qu’il était rongé par le remords et ne parvenait plus à dormir. La défense avait demandé que cette confession soit considérée comme une circonstance particulièrement importante, puisqu’elle avait permis de faire émerger un crime jusque-là non élucidé.

Le juge lui a reconnu un poids atténuant significatif. Mais cette même confession révélait aussi la proximité troublante des deux crimes : deux victimes âgées, rencontrées sur leur lieu de travail, étranglées dans le cadre d’un vol. À cela s’ajoutaient de nombreuses condamnations antérieures pour larcin et larcin aggravé.

L’ar ticle 222 du Code criminel prévoit la servitude pénale à vie pour meurtre, sauf si des circonstances «substantielles et impérieuses» justifient une peine moindre. Le juge a estimé que le plaidoyer de culpabilité, les remords, la consommation de drogue invoquée et l’aveu du précédent homicide, même considérés cumulativement, ne permettaient pas de franchir ce seuil.

La préméditation , l a vulnérabilité du nonagénaire et la répétition d’un mode opératoire presque identique ont finalement scellé le sort de Jonathan Magdeleine. La peine : la servitude pénale à vie.

Du côté de la Criminal Investigation Division (CID) de Port-Louis Sud, l’on se réjouit de l’issue de l’affaire : «L’esprit d’équipe a prévalu», souligne-t-on, estimant qu’à leur connaissance, jamais cette unité n’avait obtenu une telle condamnation pour meurtre. L’équipe de la CID de Port-Louis Sud était sous les commandes de l’ASP Chandrana Ragavoodoo, alors affecté à cette unité.

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