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« Madagascar veut un nouveau partenariat »

3 avril 2004, 20:00

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Que peut-on attendre de la visite de Paul Bérenger à Madagascar ?

Madagascar et Maurice n?ont jamais signé d?accord général de coopération. On a un vieil accord de commerce datant de 1983. Depuis les choses ont beaucoup changé. Durant la visite du Premier ministre, des accords seront signés dans divers domaines dont un accord de protection de l?investissement.

Le comité de suivi arrive-t-il à accélérer la coopération entre les deux pays ?

Le comité s?est réuni la semaine dernière. La prochaine rencontre est prévue en octobre à Maurice. Le secteur privé a également besoin d?une plate-forme de discussions. Le service public est là pour mettre en place les règles du jeu, mais c?est au privé de faire marcher la machine après.

Les gouvernements ont la volonté d?établir une étroite collaboration économique. Constatez-vous la même chose dans le privé ?

Elle n?existe pas pour l?instant. Lors de la réunion du comité de suivi, on s?est rendu compte qu?on s?est réuni trop tard. Il a fallu discuter de problèmes qui auraient pu être réglés l?année dernière.

Mais Madagascar est un partenaire privilégié de Maurice?

C?est le privé qui a créé les relations Maurice-Madagascar. Je me suis rendu compte qu?on ne se connaissait pas aussi bien que ça. à Madagascar, les entrepreneurs mauriciens travaillent chacun dans leur coin. Mais les relations entre états ne peuvent pas se faire uniquement à travers le privé. Les gouvernements doivent aussi s?impliquer en structurant leurs relations. Les voyages des chefs d?états y contribuent.

Le commerce entre les deux pays reste favorable à Maurice. Cette situation satisfait-elle Madagascar ?

La première chose que j?ai faite en arrivant à Maurice a été d?aller voir ce qu?il y avait dans les supermarchés. J?ai été choqué de voir que parmi vos milliers d?importations, il n?y avait strictement rien qui venait de Madagascar. Quand un commerce se fait à sens unique, cela finit par créer des problèmes. Madagascar ne met aucune barrière aux échanges, mais l?impression générale est que Maurice met des barrières partout. Des exemples : le thé de Madagascar n?est pas présent à Maurice, le même problème existe avec nos biscuits, qui sont d?aussi bonne qualité que ceux fabriqués ici. Nous exportons déjà notre chocolat et notre café, je ne vois pas pourquoi ils ne seraient pas présents sur le marché mauricien.

Madagascar va quand même bénéficier de l?ouverture du marché agricole mauricien?

Les problèmes phytosanitaires peuvent être réglés, mais cela prendra du temps. Maurice a un besoin en pommes de terre que Madagascar peut satisfaire. Il y a une volonté de l?Agricultural Marketing Board d?en importer de Madagascar. Les responsables mauriciens qui ont visité nos installations ont vu que vos critères phytosanitaires étaient satisfaits. On peut aussi exporter des carottes, des choux-fleurs, de la betterave, de l?ail ou des oignons. Tout le monde y gagnera. Cela fera travailler 80 % de notre population. Vous ferez des économies de devises et le panier de la ménagère mauricienne sera allégé.

La crise politique de 2002 a entraîné un exode des entrepreneurs mauriciens implantés à Madagascar. êtes-vous satisfait du rythme de leur retour dans votre pays ?

La zone franche n?est pas uniquement ce qui ferait décoller Madagascar. C?est un secteur très volatile, dès qu?il y a des problèmes les gens s?en vont. On a repris au moins entre 60 et 70 % de nos activités précédentes. Pour ce qui est du reste, la concurrence serait responsable d?un tel déficit. Madagascar veut un nouveau partenariat avec Maurice.

Vous ne demandez donc pas aux entreprises textile de Maurice de revenir vers Madagascar ?

On pense à autre chose. On parle à l?agriculture et au tourisme. Il faut cerner les besoins de Madagascar dans ces domaines. Notre gouvernement a une vision claire de ce qu?il veut. On a décidé qu?il y aurait deux grands pôles de développement, au Nord (Diego Suarez et Nosibé) et au Sud. L?état va mettre les moyens pour développer les infrastructures de ces pôles afin de permettre aux investisseurs de venir sans se soucier des routes, de l?eau ou l?électricité. On aménage des pistes d?atterrissage et on refait les aéroports.

Le régime de l?accès à la propriété à Madagascar n?encourage pas l?implantation d?hôtels?

Les lois facilitant l?accès à la propriété sont en train d?être élaborées. Cela n?a pas été fait depuis 60 ans, la mise en place prendra donc un peu de temps. Maurice a déjà atteint un très bon niveau de professionalisme dans le tourisme. J?espère que le décollage du tourisme malgache viendra de Maurice.

« Madagascar ne met aucune barrière aux échanges, mais l?impression générale est que Maurice met des barrières partout. »

« Maurice a un très bon niveau dans le tourisme. J?espère que le décollage du tourisme malgache viendra de Maurice. »

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