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« L?AGOA est notre plus gros problème »
Quelle lecture faites-vous de la situation actuelle dans la zone franche ?
Elle suit une logique normale après la conférence de L?Organisation mondiale du commerce (OMC) en 1995. Il y a été annoncé que l?accord préférentiel ne devrait plus exister en 2005 avec la libéralisation du commerce. Le coût de notre main-d??uvre n?est plus compétitif par rapport aux pays tels que la Chine.
Notre plus gros problème est l?Africa Growth and Opportunity Act (AGOA). Il n?est bénéfique que pour les pays sub-sahariens dont Maurice est exclue. Pour que le pays puisse en bénéficier, il faudrait des filatures, et que les usines se délocalisent et partent vers des cieux où la main d??uvre coûte moins cher, notamment au Mozambique ou à Madagascar.
Quelles sont les mesures que la zone franche devrait prendre pour faire face à la compétition causée par le démantèlement de l?accord multi-fibre ?
Il faudrait prendre des mesures pour créer des emplois pour les « low skilled workers ». Le gouvernement devrait investir et dynamiser ce secteur. Pourquoi ne pas créer un « label morisyen » et se servir de l?expérience que les travailleurs peu qualifiés ont du textile pour fabriquer des produits artisanaux comme des paréos, des chemises, etc. ?
Les patrons parlent d?une baisse de productivité dans la zone franche. Quelle est votre opinion à ce sujet ?
Evidemment, les patrons vont dire que les Mauriciens, ne savent pas travailler, donc qu?il n?y a pas de productivité. C?est un prétexte car leur but est de faire venir des travailleurs étrangers qui n?ont aucune responsabilité sociale et familiale. Ils ne viennent que pour produire, gagner de l?argent et repartir dans leur pays. Ils ne revendiquent pas sous peine d?être rapatriés. Donc, comme des esclaves dociles, ils ne créent aucun problème au patronat. Le Mauricien, lui, réclame son droit par rapport à la loi, et il est tout de suite catégorisé comme « mauvais travailleur ».
Quelles décisions suggère votre syndicat pour limiter les licenciements dont la zone franche est victime ?
Nous continuons à éduquer nos membres pour qu?ils comprennent ce qui se passe à tous les niveaux. Nous invitons aussi les décisionnaires à discuter de la marche à suivre pour préserver l?emploi et investir dans d?autres secteurs pour créer des emplois. Nous organise-rons des manifestations pour que le gouvernement réponde à nos demandes. Le gouvernement et le patronat doivent réfléchir : ont-ils envie de régler le problème de la zone franche en allant vers une explosion sociale ?
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