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« La stabilité politique de Madagascar va provoquer son développement économique »

7 janvier 2007, 00:00

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Du poste de secrétaire exécutif de la SADC, vous êtes passé conseiller spécial du président Marc Ravalomanana? Racontez-nous cette transition.

C?était en mars 2003, en tant que secrétaire exécutif de la SADC, j?étais en mission au Japon, où j?ai rencontré pour la première fois Marc Ravalomanana. Il voulait à l?époque que Madagascar intègre la SADC, mais ne savait pas trop comment s?y prendre. Je lui ai alors expliqué les différentes procédures. Puis, en décembre 2004, j?ai conduit une délégation à Madagascar pour y lancer une série de consultations en vue de cette adhésion. Et en août 2005, la Grande île a obtenu son statut de membre? et en même temps, après huit ans passés à la SADC, mon mandat tirait à sa fin. C?est à ce moment que j?ai été approché par les Malgaches?

Après avoir été à la tête de la SADC, était-ce votre seule option de réembauche ?

Non, j?avais aussi la possibilité d?intégrer comme Country Representative l?UN Aids ou encore d?accepter une offre du gouvernement sud-africain pour être responsable du projet Asia-Africa Regional Forum.

Pourquoi avoir choisi Madagascar ?

Pour plusieurs raisons. D?abord professionnelle : j?ai toujours aimé travailler autour du concept d?intégration régionale. Puis, Madagascar me permettait d?être plus proche de Maurice, de ma famille. Mais aussi et surtout en raison du fait qu?il y avait plein de choses à faire dans la Grande île, une série de structures à mettre sur pied et que j?avais senti une réelle volonté de la part des autorités malgaches de faire bouger les choses, de faire sortir le pays de son marasme. Sur le plan professionnel, c?est vraiment challenging?

Le challenge aura d?abord été de conseiller Marc Ravalomanana?

Comme son conseiller, je devais en fait mettre en ?uvre le Protocole du commerce. Surtout le plan d?abaissement tarifaire pour la SADC dans le cadre de ce protocole. Ce plan d?abaissement tarifaire sera très bientôt présenté aux autres pays de la SADC pour que l?on puisse avoir un marché à taux préférentiel.

Mais qu?en est-il de l?homme ? Le fait que Ravalomanana soit un important businessman est-il ou non une bonne chose ?

Pour l?avoir côtoyé, je peux vous dire que c?est un homme qui possède une vision de développement.

C?est sûrement dû au fait qu?il est un businessman et qu?il a les réflexes qu?il faut pour lancer les chantiers.

En quatre ans, il a fait des kilomètres et des kilomètres de route? Et on sait que c?est l?infrastructure qui amène le développement. Je pense que les Malgaches ont su discerner le côté pragmatique de l?homme. La preuve, il a été élu dès le premier tour avec plus de 54 % des voix?

Après sa réélection, vous avez occupé des fonctions encore plus importantes à Madagascar?

Depuis le 15 décembre 2006, je suis le Chief Executive Officer de l?Economic Development Board de Madagascar (EDBM). J?ai été nommé à ce poste après un appel international de candidatures mené par le cabinet Newmann International.

Quel est le rôle de l?EDBM ?

Il consiste à favoriser les investissements internationaux, à créer une croissance économique forte et soutenue, à permettre du secteur privé local, à définir les filières sectorielles prioritaires, et à faciliter leur développement dans l?économie. En résumé, l?EDBM, qui regroupe le public et le privé et qui tombe directement sous la présidence, est le think tank de Madagascar en termes d?orientation économique.

Votre objectif prioritaire?

Nous avons élaboré le Madagascar Action Plan. Il s?agit d?un plan stratégique qui va permettre à Madagascar de faire un saut quantitatif afin d?aboutir à une croissance économique à deux chiffres. Nous voulons passer du taux actuel de 4 à 5 % à au moins 10 % en 2009. Pour cela, l?EDBM va, dès ce début d?année, investir dans les expertises, voir les opportunités pour le commerce, aider les producteurs à améliorer la qualité de leurs produits, les informer sur les normes requises sur le marché?

« Il y a une réelle volonté de la part des autorités malgaches de sortir le pays du marasme. »

Madagascar, malgré d?énormes ressources, peine à sortir de la misère. Qu?est-ce qui vous pousse à croire que vos ambitieux projets vont se réaliser cette fois-ci?

Nous avons aujourd?hui une stabilité politique dans la Grande île. Avec l?EDBM, Madagascar se donne les moyens de réussir son développement économique. Aussi, de par mon expérience de 25 ans en Afrique, j?ai vu beaucoup de pays s?en sortir avec bien moins de ressources.

À Madagascar, nous avons une main-d??uvre flexible et bon marché, des terres fertiles, et le pays n?est pas enclavé [?] Quand Madagascar décollera, c?est toute la région qui en bénéficiera. C?est pour cela qu?on va tout mettre en ?uvre pour faire intensifier les échanges dans la zone, entre Ma-dagascar, Maurice, l?Afrique du Sud et l?Asie. On a déjà noté un engouement, notamment de la part des Mauriciens, pour développer le tourisme, avec un accent sur l?écotourisme. Nous allons bientôt délivrer les permis pour la construction de plusieurs hôtels. Des Canadiens, à hauteur de 500 millions de dollars, ont déjà investi dans l?extraction minière. Il y aussi de gros projets pour le cobalt et le nickel. Par ailleurs, nous allons démarrer un important projet d?énergie renouvelable à base de charbon.

Parlons de Maurice, que pensez-vous de la réforme économique récemment initiée ?

Je pense qu?il y a beaucoup de mesures courageuses qui sont nécessaires pour remettre l?économie au diapason du contexte mondial. Le défi sera de savoir doser ces mesures afin qu?elles ne donnent pas l?impression au sein du public d?être trop brusques? C?est un défi de taille.

■ Propos recueillis par Nad SIVARAMEN

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