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« J?ai tout fait dans la transparence »
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« J?ai tout fait dans la transparence »
Votre passage à la présidence du conseil d?administration de la Mauritius Revenue Authority (MRA) a été sévèrement critiqué cette semaine. Votre administration était-elle exempte de reproches ?
Il n?y a qu?une seule personne qui a critiqué mon administration à la MRA. J?ai tout fait dans la transparence. En tant que fonctionnaire, je ne voulais pas qu?il y ait de l?opacité dans nos procédures. J?ai donc également prôné le dialogue avec les syndicats. J?étais présidente du conseil d?administration à mi-temps toute en assumant mes fonctions de Permanent Secretary. J?étais seule, assistée en tout par une secrétaire.
On vous a justement reproché votre proximité avec les syndicats et les compromis que vous avez faits pour les ménager?
C?est totalement faux. Je demande à ceux qui m?accusent de quel compromis on parle ? J?ai été nommé présidente de la MRA en novembre 2004 alors que la loi régissant l?autorité avait déjà été votée et un mémorandum of understanding signé entre le gouvernement et les syndicats au sujet du redéploiement et de l?affectation des fonctionnaires dans les différents départements de la MRA. Pour moi, il s?agissait d?appliquer les textes, je n?avais pas de latitude pour faire des compromis ou protéger qui que ce soit. Je veux qu?on me prouve quels syndicats ou qui j?ai protégé, car je n?étais pas en mesure de faire des concessions.
Le gouvernement a conservé la MRA comme elle avait été élaborée par le précédent. Des améliorations vous semblent-elles nécessaires ?
Il y a encore beaucoup de travail à faire. Le transfert des employés n?est pas encore effectué. Il faut qu?un directeur général soit nommé, ce qui permettra ensuite de recruter les 15 tops officers de la MRA. Qui, eux-mêmes, participeront à la sélection et au recrutement d?autres employés de l?autorité.
L?informatisation de la MRA doit aussi être poursuivie. À mon arrivée, c?est la State Informatics Limited (SIL) qui avait commencé certains travaux. Mais j?ai remarqué que toutes les procédures n?avaient pas été suivies. J?ai consulté SIL et des experts de PriceWaterhouse sur l?informatisation et nous avons établi que tous les départements concernés par la MRA pouvaient être informatisés d?ici août 2006. Ce processus doit également continuer. Le vrai travail se fera quand tout le monde sera en place. Pour l?instant, c?est du piece meal. Rien que le regroupement de tous ces départements dans un même bâtiment semble être une condition pour que le travail débute réellement.
Rama Sithanen a annoncé que la MRA sera entièrement opérationnelle en mars 2006. Quels résultats peut-on alors espérer de l?institution ?
La MRA est essentielle pour le gouvernement. Tous les revenus de l?État y transitent. Car elle coordonne les activités de la douane, du Registrar, du département de la Taxe sur la valeur ajoutée, l?impôt sur le revenu, etc. Tous ces départements travailleront de concert une fois l?informatisation terminée. On pourra alors, par exemple, par une simple recherche, déterminer si le montant des impôts qu?un contribuable paie est compatible avec les terrains qu?il a achetés durant les dernières années. L?État a un gros problème pour collecter les revenus, avec la MRA, ils augmenteront.
On a parlé de Rs 2 à 3 milliards de manque à gagner ?
Je ne sais pas si on atteindra ces sommes. En tout cas, on ne peut pas espérer des résultats si la MRA n?est pas gérée comme il se doit. Mais si la personne pressentie comme directeur général est compétente, elle atteindra ses objectifs.
Le track record de cette personne a également été mis en doute?
Il faut demander cela à Jean-Mée Desvaux. Le fait de ne pas avoir choisi Bert Cunningham semble l?avoir blessé. Nous devions faire les choses dans la transparence, il n?est pas possible de faire un appel à candidature pour un job en sachant que certains ont déjà décidé qui nommer à ce poste.
Êtes-vous satisfaite du fait que le gouvernement ait gardé la structure et la mission de la MRA ?
Le gouvernement actuel fait dans la continuité. Je l?ai dit dans mon intervention au Parlement sur le discours programme. Ce sont les mêmes objectifs qui sont en train d?être poursuivis.
« Il n?est pas possible de faire un appel à candidature pour un job en sachant que certains ont déjà décidé qui nommer »
Arvin Boolell a présenté son Roadmap pour l?industrie de la canne cette semaine. Quel regard jette l?ancienne PS de l?Agriculture que vous êtes sur son approche ?
Encore une fois, c?est la continuité. C?est le plan que nous avions élaboré qu?Arvin Boolell poursuit. Nous avions déjà adopté l?orientation de passer d?une industrie sucrière à une industrie de la canne. Utiliser davantage les sous-produits de la canne, produire plus de sucres spéciaux. Accélérer l?épierrage et étendre les zones sous irrigation. Et également fabriquer de l?éthanol et du rhum agricole.
Autrement dit, que ce soit l?opposition ou le gouvernement, le travail continu ! Vous n?auriez rien fait différemment ?
Mais le travail continue ! Au contraire, après les critiques qu?on nous a faites, j?aurais cru que ce gouvernement serait venu avec de nouvelles idées, je n?en vois pas. Des idées comme la mise en place d?installation de biotechnologie ont été maintenues. C?est un bon signe.
Le plan mis en route par le précédent gouvernement visait surtout à réduire les coûts de production de l?industrie. Qu?est-ce qui a été fait spécifiquement pour absorber la réduction de 39 % du prix de vente du sucre ?
Coûts et revenus sont liés. L?Union européenne a reconnu que le gouvernement mauricien avait commencé sa réforme tôt et qu?à ce titre, il faudrait nous aider davantage. Le plus gros travail que nous avons fait est la centralisation et le Voluntary Retirement Scheme. On a aussi prôné la diversification vers la production d?éthanol et la négociation de la baisse étalée sur une plus longue période. Nous n?avons pas attendu que la décision de la baisse soit prise pour commencer la réforme.
À quoi ressemblera l?industrie sucrière en 2015, sans « vanne rev » comme le préconise Arvin Boolell ?
Beaucoup de choses auront changé.
Il faut maintenant chercher des marchés pour vendre notre sucre spécial. On doit produire plus de sucres spéciaux, de l?éthanol, utiliser davantage de bagasse pour produire de l?électricité. La même canne qui reste à l?usine va partir dans d?autres secteurs pour assurer des revenus aux planteurs. Et il ne faut pas oublier qu?on ne pourra pas faire disparaître la canne pour des raisons écologiques. Sinon, toutes nos terres seront drained. Dans les cas où on ne peut pas faire d?épierrage, on pensera comment compenser nos planteurs. Une étude a été faite et soumise à l?Union européenne pour voir sous quelles formes on peut avoir de l?argent.
Il y a consensus sur le sujet entre gouvernement et opposition?
Oui. Les gouvernements changent, mais pas les arguments. Ce sont toujours les mêmes. Ce sont toujours les mêmes techniciens qui planchent sur le sujet. Je ne vois aucun nouvel argument à apporter devant la Commission européenne pour défendre notre dossier. La continuité est essentielle, l?intérêt du pays est en jeu, il faut mettre de côté la politique partisane et travailler ensemble sur le sujet.
L?Icac est un autre sujet de consensus. L?opposition, y compris le MSM, a soutenu la restructuration?
Il a fallu trouver un consensus. Le MMM et le MSM ne peuvent tenir des langages différents. Nous avons analysé le projet de loi et l?opposition a trouvé qu?il était nécessaire de soutenir les changements. Paul Bérenger et Nando Bodha sont intervenus en faveur d?un changement.
Paul Bérenger s?était montré très critique envers l?Icac, pas le MSM. Si les changements devaient intervenir à l?Icac pourquoi pas avant ?
Je laisserai Paul Bérenger répondre à cette question.
Cela fait près de six mois que vous avez démissionné de la fonction publique. Cela fait quoi de se retrouver dans la vie politique et parlementaire ?
Après vingt-trois ans passés dans la fonction publique, entrer au Parlement, c?est le couronnement de ma carrière. C?est ma deuxième carrière qui débute.
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