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« Chirac nous soutient sur le sucre »

24 juillet 2005, 00:00

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Comment expliquer la révocation de notre ambassadeur dans la capitale malgache à la veille de votre arrivée ?

Nous n?avions pas intentionnellement programmé le départ de l?ambassadeur pour mercredi dernier. C?est une coïncidence si cela est intervenu à la veille de mon arrivée à Antananarivo. Les nominés politiques seront remplacés et c?est normal. Nous sommes tombés d?accord avec ceux qui nous ont informés de leur intention de démissionner. D?autres n?ont rien dit et là, nous avons mis en marche la procédure de révocation. C?est ce qui s?est passé avec notre ambassadeur à Madagascar.

Quel est votre bilan de ce sommet ?

C?est un sommet qui a eu un grand succès et un exemple de la diplomatie économique en marche. Le sommet a pris beaucoup d?initiatives. Les Etats-membres parlent comme un groupe. Nos discussions ont été bien définies et nous avons adopté une stratégie cohérente. Il y aura beaucoup d?actions. Ce ne sera pas une conférence où il n?y aura eu que des discours et rien après.

Quel est le résultat de vos discussions avec Jacques Chirac ?

Nous avons déjeuné ensemble. J?ai évoqué des questions d?intérêt commun. Je lui ai fait comprendre les difficultés auxquelles Maurice sera confronté avec la réduction du prix du sucre. En présence de Louis Michel, commissaire européen au développement, il s?est fait l?avocat de Maurice. Il a demandé à M. Michel de comprendre la vision de SSR, qui avait opté pour le développement continu du pays. Il m?a donné la garantie qu?il défendra les intérêts de Maurice. Je pense que nous allons dans la bonne direction. D?ailleurs, avant son départ, vendredi soir, il m?a réitéré son soutien à Maurice et il m?a invité à effectuer une visite officielle en France.

Vous prévoyez donc une visite en France cette année ?

Je verrai. Je dois participer au sommet de la SADC à Gaborone, le mois prochain, puis à la conférence du Commonwealth à Malte et je dois effectuer une visite officielle en Inde. Je m?arrangerai pour faire cette visite au plus tôt, surtout vu la position favorable de la France à notre égard.

Avez-vous pu aborder la question du sucre avec Louis Michel, commissaire européen au développement ?

J?ai eu un long tête-à-tête avec le commissaire Michel. Je dois dire qu?il s?est montré assez sceptique au départ. Les chiffres qu?il avait en sa possession sur les conséquences, pour Maurice, d?une baisse de prix du sucre ne correspondaient pas à ceux que je lui présentais. J?ai dû expliquer que ce sont des chiffres travaillés par des experts, dont certains spécialistes français. Je me demande pourquoi l?ancien gouvernement n?a pas soumis ces chiffres à M. Michel et n?a pas été forceful sur cette question.

Et quelle a été votre argumentation ?

J?ai expliqué comment, au temps de SSR, Maurice avait pris le risque de vendre le sucre à un prix moins élevé que ce qu?on pouvait obtenir sur le marché mondial. C?est ce qui explique que Maurice bénéficie autour de 40 % du quota ACP. Louis Michel a argué que, quand le prix a augmenté, cela nous a été bénéfique. Je lui ai fait comprendre que nous avions choisi la stabilité des prix, même bas, pour assurer le développement. Le président Chirac a soutenu mon point de vue.

Pensez-vous l?avoir convaincu?

J?ai invité Louis Michel à venir à Maurice afin de constater les efforts faits dans le passé par notre pays. Je m?efforce de faire comprendre qu?au moment où l?on parle de l?annulation de la dette des pays pauvres, on ne peut faire un croc-en-jambe à ceux qui ont fait des efforts. Surtout dans un contexte où la fin de l?Accord multifibre nous a enlevé des avantages dans le secteur textile.

Vous avez également eu des discussions avec le président Marc Ravalomanana. Qu?en est-il?

Je pense que l?atmosphère de nos relations avec le président Ravalomanana est mieux que ce qu?elle était avec l?ancien gouvernement. J?étais en contact avec le président quand il était dans l?opposition. Je peux dire qu?il y aura un nouveau dynamisme dans la coopération avec Madagascar. Lors d?un tête-à-tête, nous avons décidé de trouver une stratégie commune face à l?UE. Il y aura une nouvelle ère économique entre Maurice et Madagascar.

Concrètement, cela veut dire quoi?

Par exemple, le président malgache se demande pourquoi Maurice ne peut importer des produits venant de Madagascar. Nous avons toujours trouvé des raisons pour éviter d?importer de Madagascar. Mais aujourd?hui, nous sommes dans un monde où la science a fait des progrès. On ne devrait pas trouver d?excuses pour éviter d?importer d?un pays voisin.

■ Propos recueillis par Jérôme BOULLE à Antananarivo

Ramgoolam rabroue Gopalsingh

Malgré ses promesses, Navin Ramgoolam ne semble pas avoir changé. Jeudi soir, à l?aéroport, alors qu?il s?apprêtait à partir pour Madagascar, il n?est pas passé par quatre chemins pour rabrouer le commissaire de police, Ramanooj Gopalsingh. Le PM n?aurait pas apprécié l?absence d?un policier à un rond-point sur la route de Plaisance. Le PM s?est montré particulièrement mécontent qu?une autre berline n?avait pas été prévue pour Rashid Beebeejaun, qui, comme PM suppléant, aurait aussi dû bénéficier de gorilles supplémentaires.

Ce n?est pas la première fois que Navin Ramgoolam montre ainsi sa colère. Fin 1997, la viande bovine avait été bannie de tous les vols d?Air Mauritius . Ramgoolam était en partance pour Londres et, à bord, le personnel lui, avait servi, par mégarde, des canapés au b?uf. Ce qu?il n?avait pas apprécié.

■ Vel MOONIEN

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