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Zombies
De nos jours, nucléaire et génétique obligent, on parle plus de contamination que de morts vivants. Mais ces quelques films suffisent pour rallumer l?étincelle, faire repartir le genre et ramener aux bons souvenirs des fans de séries Z, ces films gore d?une autre époque, poussés à l?extrême, généralement choquants pour leur époque, et réalisés avec les moyens du bord. On se souvient des classiques du genre, des films cultes.
Le cinéma se retrouve aujourd?hui confronté à plusieurs armées de zombies qui sont venus s?abattre et revivre sur les écrans ces dernières années.
Des zombies du nouveau millénaire, plus rapides, nés de catastrophes monumentales et chaque fois plus destroy et plus voraces. Film original (28 jours plus tard, Danny Boyle), remake (L?armée des Morts, Zack Snyder), comédie romantique avec des zombies (Shaun of the Dead), le film de zombie a la cote au box-office. C?était plus qu?il n?en fallait pour faire revenir derrière la caméra le fondateur, le créateur, le Dr Frankenstein du film de zombies, George Romero.
Si l?on exclut le premier film officiel Les Morts Vivants de Victor Halperin, datant de 1932, c?est indiscutablement le premier long-métrage de Romero, La Nuit des morts vivants, sorti en 1968, qui donne ses lettres de noblesse et définit les règles, toujours inaltérées, du film de zombies. Sa saga des morts vivants, constituée de La Nuit des morts vivants, Le Jour des morts vivants et Zombies, est une vraie légende du cinéma.
La nuit des morts-vivants retrace la nuit d?un petit groupe d?individus, barricadés dans une petite maison de la campagne américaine alors qu?à l?extérieur, un étrange mal ressuscite les morts et les transforme en cadavres ambulants et cannibales.
Quand le premier film sort en 1968, il fait l?effet d?une bombe, à tous les niveaux, puisque faisant du héros, un jeune Noir survivant, alors que sévit encore la ségrégation aux Etats Unis.
La Nuit des Morts Vivants, une ?uvre condamnée pour sa violence mais aussi rapidement érigée au rang de film culte, car représentant la modernité du film d?horreur, divertissant et aussi parabole des maux de l?époque.
En signant son deuxième film, Zombies en 1978, Romero relance le genre, un peu écarté au profit de film d?horreur de possession, Damien, Carrie ou L?Exorciste, qui trouvent leur public.
Zombies est un deuxième effet choc. Plus sombre et encore plus sanglant. Le film nous montre des survivants essayant de fuir une invasion de morts vivants. Ils se réfugient dans un centre commercial, assailli par les zombies. Ce décor envahi de morts-vivants donne lieu à une critique de la société de consommation.
Le film de zombies est pour Romero « une plateforme grâce à laquelle je peux développer ma vision du monde. La saga des morts-vivants reste une fiction ou plutôt une chronique. Chaque film s?adapte aux circonstances de son époque », explique le cinéaste lors d?une interview accordée au site spécialisé Allociné.
Avec ces autres films, Romero définit et confirme sans exception les règles d?un genre cinématographique à part entière, qui ne se rattache réellement à aucun autre. Les règles de base sont suivies, la critique sociale en moins. C?est le cas de L?enfer des Zombies de Lucio Fulci, ou du Retour des Morts Vivants de Dan O?Bannon, fin 70.
Le zombie devient une icône kitcsh et un exercice de style. Style auquel se sont essayés beaucoup de cinéastes. Le plus célèbre d?entre eux est Sam Raimi, qui à 20 ans, bien des années avant Xéna la Guerrière ou Spider-Man, s?est fait connaître du monde du cinéma par un premier long-métrage zombiesque, devenu culte, Evil Dead, sorti en 1981,qui donnera deux suites, et un remake en préparation.
Le réalisateur du Seigneur des Anneaux, Peter Jackson est également passé par la case zombie, avec l?excellent Brainhead en 1993. Près de dix ans plus tard, c?est la génération vidéo DVD et Playstation qui redécouvre le film de zombies, grâce à des jeux tels que Resident Evil ou Silent Hill et leurs adaptations au cinéma.
Retour à la mode pour un genre oublié des années 90 et qui avait grandement besoin de chair fraîche pour refaire mordre le public à l?hameçon et revivre sa passion pour les zombies.
LES RÈGLES DU FILM DE ZOMBIES
Règle N° 1
Un zombie est un être humain mort puis revenu à la vie. Il est poussé par son instinct primaire : la faim. Il n?est plus capable d?aucune pensée intelligente, il n?a plus rien d?humain si ce n?est l?apparence et encore...
Règle N° 2
Le « zombisme » est contagieux : en général, une morsure suffit pour le transmettre, soit immédiatement, soit dans les heures qui suivent. Il n?y a pas de guérison possible et n?importe qui peut être contaminé, c?est pourquoi on craint très rapidement une propagation mondiale et totale, une sorte de jour du jugement dernier.
Règle N° 3
L?événement de départ qui déclenche l?épidémie est anecdotique, la plupart du temps, il n?est même pas vraiment expliqué.
Règle N° 4
Les zombies se déplacent très, très, très lentement. A tel point qu?ils en seraient ridicules s?ils ne mangeaient pas les enfants tout crus. A noter :
L?Armée des morts (2004) et 28 jours plus tard sont des exceptions notables qui ont véritablement redonné un souffle au genre en faisant courir les zombies. C?est incroyable comme un détail comme ça vous change un film.
Règle N° 5
Les films de zombies sont des films hauts en couleurs. On y trouve de tout : de l?horreur (bien sûr), du suspense (on peut l?espérer), de l?humour (souvent), du romantisme et du tragique (bah oui, c?est triste de voir toute sa famille mangée par la grand-mère du voisin).
Règle N° 6
Il y a des scènes récurrentes. Un des personnages se suicide après avoir été mordu, pour ne pas devenir « l?un d?entre eux ». Les personnages tombent à court de munitions. L?un des personnages est mordu par un zombie mais ne se résoud pas à l?avouer à ses compagnons. Peu après, il se transforme et les attaque par surprise.
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