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Yuichiro, l?artiste globe-trotter

7 août 2004, 20:00

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À 25 ans, Yuichiro Yamamoto est un globe-trotter dans l?âme. Ce jeune homme, au sourire perpétuel et aux yeux emplis de voyages, nous arrive du Japon, son pays, son pied-à-terre. « J?ai toujours voulu voir le monde, voyager », confie Yuichiro. À peine le lycée terminé, le jeune homme boucle son sac et part pour un périple de six mois : Chine, Vietnam, Cambodge, Inde? L?avion ne le tente pas pour le moment ; il voyage par autobus et par train.

« C?est la meilleure façon de rencontrer des gens, de découvrir leurs us et coutumes. » Son sourire communicatif et ses manières affables ont tôt fait de lui gagner des amitiés. Sur son chemin, il rencontre des personnes formidables, comme ce journaliste anglais qui

l?emmène avec lui visiter Jaluzai, un camp de réfugiés en Afghanistan. Nous sommes en novembre 2001. « Le camp était au milieu de nulle part ; les réfugiés habitaient dans des tentes dressées çà et là. Mais ce qui m?a le plus frappé, c?était leur sourire et leur gentillesse. Je les ai trouvés spéciaux et surtout forts. »

À Jaluzai, Yuichiro met à profit son talent de photographe. Il fixe sur pellicule les visages et la vie quotidienne des réfugiés. Car outre d?être un globe-trotter, Yuichiro est un artiste à plusieurs facettes : peintre, photographe, comédien?

Pendant trois ans, il étudie l?art dramatique à Tokyo, tout en se ménageant des opportunités de voyage. Pour financer ses séjours, il multiplie les petits boulots : vendeur dans divers magasins, serveur dans de petits restos et même puériculteur. En février 2003, il met le cap sur la Nouvelle-Zélande où il séjourne pendant trois mois. Avec quelques amis, il monte sa première exposition qui dure? un jour. Cerise sur le gâteau, il se retrouve également figurant dans Le dernier Samouraï, film d?Edward Zwick tourné en Nouvelle-Zélande.

Son périple reprend de plus belle et de plus en plus loin. La Grèce, l?Italie, la France et? New York où il vit pendant six mois. « Paris et New York sont les deux villes qui m?ont le plus marqué. Elles sont belles et en même temps tellement différentes. J?aime le côté funky de New York. Ce sont aussi deux gros marchés de l?art », souligne Yuichiro.

À chaque escale, le jeune homme en profite pour exposer ses ?uvres : photos, peintures à l?acrylique, aquarelles, gouaches? Ses peintures lui viennent de l?intérieur, de ses rêves et de ses souvenirs de chaque pays qu?il a parcouru.

« Je n?apporte que mes idées et le reste, comme le matériel, vient du pays où je me trouve », précise-t-il. Ainsi, il a utilisé des matériaux mauriciens pour son exposition qui a lieu jusqu?au 14 août à la galerie d?art de l?École des Beaux-Arts du MGI, en parallèle avec celles de Firoz et Ismet Ganti, rencontrés par hasard au Japon.

Lors du vernissage, le 2 août, Yuichiro a admirablement conceptualisé le thème de son exposition, Why if ? Dream, dans son Live Art. Son message : rêver, à l?instar des Dream Girls de son Live Art, et laisser parler l?imagination.

Dans la vie de tous les jours, le jeune japonais met en pratique une double philosophie, qu?il nomme Wakata. Selon lui, chaque être est partagé entre les questions et les réponses. À la tristesse succède le sourire, à la souffrance le bonheur, à la mort la vie? Nul n?est cantonné dans une sphère figée. « Ce que je voudrais dire aux jeunes, c?est de ne pas s?arrêter de vivre, de progresser, de bouger. Il faut être ouvert aux opportunités et être flexible pour que la communication puisse prendre place. Ce n?est qu?à cette condition que l?on peut faire vivre ses rêves. »

Sur cette philosophie pleine de sagesse, Yuchiro nous quitte? avec des promesses de voyages encore plus enrichissants dans les yeux.

Impressions de deux « Dream Girls »

■ Vanessa, 16 ans ? « Le Live Art de Yuichiro a été une expérience nouvelle pour moi. C?est la première fois que je côtoie un artiste, qui est de surcroît japonais. Nous n?avons pas fait beaucoup de répétitions, mais j?ai trouvé cela génial. La mise en scène était très symbolique. Ce que j?ai retenu du Live Art, c?est l?ouverture vers le monde. »

■ Virginie, 14 ans ? « Faire un Live Art était pour moi, une agréable surprise. J?y ai pris beaucoup de plaisir. C?était super de travailler avec Yuichiro. Il est rigolo, mais c?est en même temps un véritable artiste avec plein d?idées. Nous avons été non seulement ses Dream Girls mais également les messagères de l?amour et de la tolérance. »

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