Publicité
Yasser Arafat, un rêve inabouti
Yasser Arafat aurait préféré entrer dans l?histoire comme le dirigeant qui a conduit son peuple vers l?indépendance et la paix. Mais il en aura voulu autrement, et l?homme dont la mort clinique a été annoncée jeudi disparaîtra usée par l?âge et par la désillusion de ne pas avoir vu naître l?état palestinien auquel il a tant aspiré, quarante années durant.
A l?agonie, Yasser Arafat, âgé de 75 ans, a incarné les espoirs du peuple palestinien aspirant à la reconnaissance de ses droits. S?il n?a pas réalisé son rêve de voir flotter le drapeau national flotter sur Jérusalem-Est, le chef de l?Organisation pour la libération de la Palestine aura imposé la tragédie de son peuple au c?ur de l?attention internationale.
Onze ans plus tôt, il avait pourtant la certitude, et la majorité des Palestiniens avec lui, que ce rêve était à portée de main, qu?il suffirait de six années de négociations avec Israël pour qu?il devienne réalité. Au fil des ans, l?espoir est allé s?effilochant, renvoyant quasi à la préhistoire ce 13 septembre 1993, quand, sur la pelouse de la Maison Blanche, sous les yeux de millions de téléspectateurs à travers le monde, un Yasser Arafat tout sourire serrait la main de l?un de ses pires ennemis, le Premier ministre israélien d?alors, Itzhak Rabin.
La disparation de Yasser Arafat ouvrira une période de grande incertitude dans une région du monde dont il était l?un des ultimes chefs historiques. En Israël, elle risque de produire des résultats contrastés. Si personne ne va regretter celui qui a été chargé, depuis quatre ans, de tous les péchés, l?événement risque de remettre en cause radicalement les analyses que les responsables israéliens ont pu nourrir de leur conflit avec les Palestiniens au cours de ces dernières années.
Publicité
Publicité
Les plus récents