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Wigan, l?heure de vérité

23 janvier 2006, 20:00

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Celle-là, on ne la pas senti venir et pourtant. L?étonnante et généreuse équipe de Wigan Athletic est à 90 minutes de disputer la première finale nationale de sa jeune histoire et ce n?est pas un mince exploit

Les braves Latics, promus en Premier League en août dernier, se déplacent à Highbury ce soir pour y défendre, face à Arsenal, un avantage d?un but, acquis il y a deux semaines, au JJB Stadium, en demi-finale aller de la Coupe de la Ligue. C?est le défenseur autrichien Paul Scharner qui, ce soir-là, de la tête, avait trouvé la brèche dans la défense émoussée des Gunners.

À la clé, une place sur la pelouse du Millennium de Cardiff, qui sera le théâtre de la prochaine finale, et une place tout court dans l?histoire du football de la Blonde et perfide Albion, qui n?a pas souvent été généreuse envers ses plus modestes équipes, exception faite de Wimbledon, lauréate de la FA Cup en 1987 et dont la trajectoire de l?époque contient certaines similitudes avec celle de Wigan cette année.

Wigan vit un véritable conte de fées au contraire d?Arsenal, qui ne s?attendait pas à vivre une saison aussi noire. Pour leur première saison en Premier League, les protégés de Paul Jewell n?ont eu de cesse de défrayer la chronique, comme l?atteste leur présente sixième place, à égalité de points d?ailleurs avec les Gunners.

En route vers l?Europe

En 23 journées, ils ont d?ailleurs remporté douze matches, le dernier en date à Middlesbrough samedi, 3-2, victoire arrachée davantage avec le coeur qu?avec le talent. Du coup, alors que le championnat entamera bientôt son troisième tiers, les voilà en route vers l?Europe, alors que d?aucuns prédisaient une relégation immédiate.

Les bleu et blanc sont, il est vrai, plus solides sur le terrain qu?on les voyait sur le papier. À l?expérience d?Henchoz et de De Zeeuw, deux habitués de la Premier League, il faudrait ajouter la hargne de Kavanagh, le talent de Chimbonda, l?efficacité de Roberts et de Camara, la précocité de McCulloch et Connolly. Ça fait beaucoup.

Arsenal, de son côté, est en pleine déconfiture. Patrick Vieira n?a pas été remplacé, Thierry Henry est trop esseulé en attaque et le recrutement de Wenger, qu?on se le dise, n?a pas forcément été judicieux. Des garçons comme Hleb, Song, Eboue, Lupoli, Owusu-Abeyie ne se sont visiblement pas montrés à la hauteur du maillot qu?ils portent. Quant aux Pirès, Bergkamp, Ljungberg, voire même Campbell, l?âge les rattrape, l?usure aussi.

Du coup, les Gunners ont du mal à justifier leur réputation. Quand ils étrillent Middlesbrough, 7-0, c?est pour mieux s?incliner ensuite à Everton, 1-0. Faut-il s?étonner dès lors de les voir seulement cinquièmes, à 27 points de Chelsea ?

Non, pardi !

Le championnat étant déjà plié d?avance, Arsenal s?accrochera à la coupe de la Ligue comme d?autres s?accrocheraient à une bouée de sauvetage. Wigan est prévenu.

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