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Which is which

14 mai 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Entre Marie-France Roussety qui s?indigne des propos tenus par Dhundev Bahadoor et Anil Bachoo qui estime que «ce sont probablement des propos malheureux qui ont dû dépasser la pensée de Dhundev», il faudra repasser pour savoir ce que le PTr et l?Alliance sociale pensent vraiment des commentaires de l?homme fort du Human Service Trust sur les allocations que recoivent les écoles ZEP.

Dans une île où l?Etat subventionne des pseudo-associations socioculturelles qui font, en fait, de la politique, il n?y aurait finalement pas de quoi être surpris par des discours déviants sur les enfants fréquentant les écoles de la ZEP. Mais qu?une telle ethnicisation de la question puisse être cautionnée par une personne qui ambitionne de redevenir Premier ministre relève d?une aberration difficile à tolérer. Il est trop facile d?envoyer au front Marie-France Roussety pour apaiser les appréhensions d?une partie de la population, et Anil Bachoo pour ne pas blesser les susceptibilités d?une autre partie de la population.

C?est outrancier et cela rejoint la principale critique que l?opposition fait à Paul Bérenger. A savoir que celui-ci pratiquerait du «social engineering» pour reprendre les propos du nouveau penseur de l?Alliance sociale, soit Anil Bachoo. Car, en fin de compte, qu?il soit Paul Bérenger ou Navin Ramgoolam, il signifierait que l?électorat n?aurait plus de choix. Ce serait du pareil au même. Et ce serait triste que le champion de l?ouvriérisme politique mauricien, Navin Ramgoolam, ne soit finalement que l?alter ego de son principal adversaire.

Cela, c?est le discours politiquement correct auquel nous convient les hommes politiques. Un discours fait de poncifs. Il existerait un camp du bien, un autre du mal. Bien candide est celui qui succomberait à cette supercherie. Cet adversaire sur lequel on jette l?hallali sera demain l?unique convive à une table de festin.

C?est donc à l?électeur de recouvrer sa lucidité. En ces temps où les nerfs seraient à fleur de peau, du moins c?est ce que voudraient faire croire tous les pyromanes de la démocratie, il importe d?éviter les excès. Aujourd?hui, ce n?est un secret pour personne, ce n?est pas dans les meetings et réunions que se décide l?adhésion politique. Ce n?est pas non plus un secret que ce sont toujours les partisans de l?opposition qui se montrent les plus bruyants et exubérants à l?approche d?une élection. La fièvre électorale, comme on l?appelle, est toujours une illusion que créent les politiques.

Le véritable danger, il est ailleurs. Chez ceux qui se croient autorisés à sermonner à partir des idées reçues. Ceux pour qui le pouvoir est avant tout et exclusivement un symbole. Ce sont les quelques brebis adolescentes, qui refusent de grandir, de la République mauricienne. Les politiques ne sont pas aussi désespérés que cela. Ils n?ont pas besoin de ces dinosaures idéologiques pour conquérir le pouvoir.

Il y a une autre majorité à Maurice. Elle est foncièrement modérée. Elle n?a pas de camp politique. Et tous les extrêmes suscitent des haut-le-c?urs chez lui.

A l?île Maurice, on s?est toujours vanté d?avoir un taux d?absentéisme très bas. On s?est aussi targué du rôle minimal des partis racistes. Déjà, lors des dernières élections, on a pu voir que ces partis et même des candidats exclusivement sectaires sur les listes des grands partis traditionnels sont parvenus à réaliser des scores fort honorables. Il s?agit aujourd?hui de se réveiller avant que la désillusion des électeurs ne se transforme en un cauchemar électoral pour toutes les formations politiques.

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