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Washington révoque le visa du Premier ministre du Gujarat
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Washington révoque le visa du Premier ministre du Gujarat
Les Etats-Unis ont révoqué le visa du Premier ministre de l'Etat indien du Gujarat, un nationaliste hindou, a fait savoir hier l'ambassade des Etats-Unis. Narendra Modi est accusé par des organisations de défense des droits de l'homme d'avoir ignoré des massacres de musulmans survenus en 2002 au Gujarat.
Selon ces organisations, environ 2 500 personnes, des musulmans pour la plupart, ont été battus, frappés à la machette ou brûlés après le décès de 59 pèlerins et activistes hindous dans l'incendie d'un train imputé à une foule de musulmans. Une enquête diligentée par le gouvernement a conclu récemment que cet incendie résultait en fait d'un accident. La Cour suprême indienne a critiqué le gouvernement du Gujarat, dirigé par le Bharatiya Janata Party (BJP), la principale formation d'opposition, pour avoir fermé les yeux sur ces violences.
«Le visa de tourisme/affaires de Modi a été révoqué en vertu de l'article 212 (A) (2) (G) de la loi sur l'Immigration et la Nationalité,» a déclaré à New Delhi une porte-parole de l'ambassade des Etats-Unis. «Cet article rend inéligible pour un visa tout responsable gouvernemental qui est responsable de violations graves de la liberté de religion.»
Modi, qui est très populaire au sein de la droite hindoue, comptait se rendre ce mois-ci aux Etats-Unis pour y rencontrer des membres de la communauté gujaratie. La décision de Washington est le résultat d'intenses pressions exercées auprès du département d'Etat par des organisations musulmanes et de la gauche américaine pour que la visite n'ait pas lieu. Le BJP, battu par le Parti du Congrès (gauche) lors des élections fédérales de mai dernier, a vivement réagi à cette décision.
«Les raisons avancées sont totalement inacceptables. Le gouvernement indien devrait fermement évoquer cette question avec le gouvernement américain, a déclaré le président du parti, Yashwant Sinha, un ancien ministre des Finances et des Affaires étrangères.
Modi rejette les accusations voulant qu'il s'est sciemment abstenu de réagir aux massacres de musulmans lors des émeutes de 2002, et maintient que la police a agi comme il le fallait. Mais des témoins et des rescapés des tueries affirment que la police n'a rien fait pour empêcher des hindous d'attaquer des musulmans et que, dans certains cas, elle a même conduit les victimes à leurs bourreaux.
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