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W. Lam Po Tang prône l?approche bioclimatique
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W. Lam Po Tang prône l?approche bioclimatique
En octobre 1980, l?architecte Wellington Lam Po Tang confie à la presse sa prédilection pour l?approche bioclimatique en matière de construction d?un habitat, en pays insulaire tropical. Il est de ceux pensant que la valeur d?un habitat repose sur son confort. Qu?il tonne, qu?il pleuve ou que prévalent des conditions cycloniques, il doit conserver la totalité de son confort. Sa thèse universitaire s?intitule : ?Approche biologique pour l?habitat à l?île Maurice?, thèse soutenue à l?université de Strasbourg.
Il définit ainsi l?habitat bioclimatique : une démarche incorporant les facteurs physiques du climat, du site, les contraintes de terrain, celles des matériaux et composant avec eux pour obtenir l?ambiance confortable optimale à l?intérieur. Dans un sens plus large, l?habitat doit tenir compte du milieu humain et s?intégrer parfaitement à l?environnement.
Il effectue une analyse exhaustive des types de climat prévalant à Maurice. L?inconfort résulte principalement des fortes températures estivales et de l?humidité élevée, enregistrée tout le long de l?année. L?air est alors saturé de vapeur d?eau et ne peut en absorber davantage. La transpiration ne s?évapore pas. D?où la désagréable sensation de moiteur.
La solution est d?assurer une bonne ventilation. La forte humidité estivale exige une aération permanente, impliquant l?ouverture des portes et des fenêtres. Les ouvertures de ventilation doivent être dirigées vers les vents dominants, l?angle d?incidence ne devant pas dépasser les 50°. La ventilation doit se faire à une hauteur située entre un demi-mètre et un mètre et demi du sol. L?air doit traverser en ligne droite pour une vitesse maximale. La surélévation de la construction, au besoin sur pilotis, permet de bénéficier d?une vitesse de l?air supérieure. Elle place aussi les ouvertures au-dessus des buissons.
La chaleur à l?intérieur de l?habitat dépend beaucoup des matériaux utilisés. Le béton, un matériau à forte inertie, restitue, pendant la nuit, la chaleur enregistrée pendant la journée. La chaleur est alors restituée pendant la première partie de la nuit, créant une sensation inconfortable de chaleur au moment de se mettre au lit. D?où le besoin de climatisation et les dépenses qu?elle entraîne. La température à l?intérieur est plus élevée que celle de l?extérieur, atténuée par la fraîcheur de la nuit. D?où l?intérêt d?utiliser des matériaux à faible inertie. L?île Maurice étant exposée au passage des cyclones, l?utilisation de matériaux à faible inertie n?est cependant pas recommandée en raison de leur faible résistance mécanique.
L?idéal est donc de recourir à des matériaux à faible inertie mais résistant aux cyclones. La solidité des parois extérieures demeure la priorité des priorités même si elle entraîne une augmentation de la conductivité thermique et augmente le coefficient d?absorption de chaleur. Les couleurs réfléchissantes permettent d?abaisser la chaleur ambiante à l?intérieur de l?habitat. Elles ne doivent toutefois pas éblouir. Pour les cloisons intérieures, on a intérêt à utiliser des matériaux à faible inertie mais en veillant à l?isolation phonique.
La toiture doit protéger l?habitat et l?habitant contre les intempéries. Elle doit résister aux cyclones, assurer l?isolement thermique, empêcher la transmission de chaleur et ne pas stocker de la chaleur.
La varangue ou véranda doit être maintenue autant que possible, car elle favorise les zones d?ombre propices au repos et aux conversions conviviales en fin de journée. Elle protège les parois extérieures des rayons du soleil. Elle permet la ventilation même quand il pleut.
La thèse de Wellington Lam Po Tang recommande les éléments et facteurs architecturaux suivants car favorables du point de vue bioclimatique : la véranda ouverte, la toiture à forte pente, la séparation de la cuisine de la maison, le vide d?air sous le plancher, la faible inertie du bois, les ouvertures à double battants protégées par des auvents adéquats, un comble ventilé.
Malgré sa forte inertie, le béton demeure le matériau offrant le plus d?avantages en raison de sa solidité, de son invulnérabilité aux insectes, de son imputrescibilité. L?utilisation du rocksand pourrait atténuer ces inconvénients. La tôle métallique requiert un système de fixation amélioré et adéquat. Alliée au top board, elle fournit une toiture très performante. Il ne faut pas sous-estimer les avantages d?une solution mélangeant habilement la solidité à forte inertie d?une charpente en béton, soutenant une toiture en tôle et top board à faible inertie.
Bref, il s?agit pour l?architecture mauricienne de retrouver l?esprit des pionniers qui construisaient si harmonieusement avec le milieu naturel, sans tomber dans le piège de l?imitation pure et simple du passé car le monde évolue et rien ne peut l?empêcher.
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