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Vous avez dit ?sans boussole??
Le colloque dont l?express Culture du lundi 26 avril fait un compte rendu (Colloque Entente Cordiale, tenu à l?université de Maurice le mercredi 21 avril) avait trait à la commémoration d?un accord signé à Londres, le 8 avril 1904 par le secrétaire au Foreign Office, Lord Landsdowne, et l?ambassadeur de France, Paul Cambon. C?était au temps des colonies... La communication que j?y ai présentée se voulait une réflexion de portée philosophico-historique (à orientation littéraire...) sur le vécu de cette ?Entente Cordiale? par l?intelligentsia mauricienne au cours de la première moitié du siècle dernier.
Tout en privilégiant R. E. Hart, traducteur des poètes anglais (dont Shakespeare, et Keats) et chroniqueur angliciste spécialisé, j?ai pris appui à la fois sur la poésie anglaise du 16e au 19e-20e siècle et notre bi-culturalisme. D?où les allusions aux conventions, théories et pratiques, littéraires (celle prévalant à la Renaissance, époque marquée par les emprunts à Pétrarque, Dante, etc.), qui étaient distinctes de celles qui caractérisèrent les poètes romantiques anglais : Keats, Shelley, Byron et leurs successeurs victoriens, édouardiens, georgiens, Swinburne, Longfellow, Tennyson, Brooke, Owen... Il importait donc de faire ressortir succinctement la séquence des sonnets shakespeariens, leur organisation et leur logique interne, les calques, les termes-images utilisés, et en même temps démontrer le ?bonheur? (?felicity?) avec lequel ces poèmes ont été traduits (?rendered?) par Hart dans la langue d?arrivée, c?est-à-dire en français.
Il convenait également de mentionner les représentations/clichés ? fondés ou pas ? étayés par des témoignages contemporains (voir les titres plus qu?éloquents des ?pièces? versées au dossier ?Special Report on France? ? entendez par là l?Entente Cordiale ? en date du 5 avril 2004, une entreprise conjointe des journaux Guardian & Libération pour l?occasion. ?French Foreign Policy : of Entente, Understanding and Verständnis??) Tout cela ne servait qu?à jeter un éclairage sur le thème ? ô combien riche ? de l?Entente et ses ramifications, eu égard aux rapports qu?ont entretenus Français/francophiles et Britanniques/anglophiles, en guise? de prélude à l?expérience mauricienne.
D?où la pertinence de se référer également à Hart, Toussaint, les évêques catholiques anglais/anglophones (Bilsborrow, O?Neill?), les visiteurs (tels le Révérend Patrick Flemyng en 1854 et le romancier Michael Malim en 1952), les tribuns/journalistes/érudits célèbres et moins connus (Alex Bhujoharry, Basdeo Bissoondoyal).
Enfin, vous conviendrez que la lecture des fragments poétiques ? dans leur version originale ou traduits de l?anglais ? avait pour but de mettre en perspective les différences fondamentales mais complémentaires, dans la conception même de l?art poétique anglais du 16e au 19e/20e siècle. On ne réagit pas de la même manière face à ? du moins on n?est pas censé aborder de la même façon ? un sonnet shakespearien, comme on ?lit? Wordsworth, Keats, Shelley, Byron (?) Il fallait donc étayer tout cela au moyen d?études critiques pointues menées par Patricia Thomson (du Queen Mary College, univ. de Londres) et Thomas S. Roche (de l?université de Princeton), évoquer Henri Fluchère (Shakespeare, notre dramaturge contemporain), Legouis et Cazamian (Histoire de la littérature anglaise) et Lytton Strachey (Landmarks in French history & Eminent Victorians).
A la passion il fallait allier la rigueur et le survol panoramique dans les limites des 20 minutes allouées. Donc les repères ou les balises y étaient. J?ai essayé de me livrer à un exercice d?envergure ?triangulaire? qui requérait des participants ? surtout ceux qui seraient tentés de faire une évaluation à l?emporte-pièce ? un minimum d?initiation à la discipline ?which was being addressed?, c?est-à-dire l?histoire littéraire/culturelle (?)
George L. EASTON
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