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Visite surprise d?Indira Gandhi à Belle-Terre
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Visite surprise d?Indira Gandhi à Belle-Terre
Un coup de théâtre marque la troisième visite à Maurice d?Indira Gandhi. Elle décide soudainement de rendre une visite inoubliable à Belle-Terre, le village natal du vice-Premier ministre de Maurice, Harish Boodhoo. La proposition de cette visite est l??uvre de notre Premier ministre, Anerood Jugnauth. Indira Gandhi l?accepte d?emblée. L?express subodore un coup bien préparé car si le Tout-Maurice semble être pris au dépourvu par cette visite inopinée, tout semble prêt, en revanche, à Belle-Terre pour recevoir dignement la fille de Jawaharlal Nehru.
Djals et dholoks la reçoivent bruyamment à son arrivée. Elle a, bien sûr, droit à la cérémonie d?accueil d?usage. Mme Dabydyall et sa fille, Sheila, lui font le aarthi, à l?entrée du village. Mme Matadeen lui passe au cou un collier de fleurs, le haar. M. Keshwarnath Radhakeessoon lui remet une copie du Ramayana au nom du village. Quelque 700 villageois lui font une haie d?honneur pendant qu?elle traverse Belle-Terre d?un pas rapide et déterminé. Elle parvient devant le domicile d?Harish Boodhoo où l?accueille la mère du vice-Premier ministre. Elle lui souhaite la bienvenue en procédant à une nouvelle cérémonie du aarthi.
Les Boodhoo servent à Indira Gandhi du thé au gingembre qui entre ainsi dans l?histoire politique de Maurice. Dr Dinesh Ramjuttun, qui participe à la visite, trouve touchant et émouvant qu?Indira Gandhi accepte de visiter Belle-Terre. C?est le complément émotionnel à sa visite officielle et protocolaire, souligne-t-il. Le secrétaire d?Etat indien aux Affaires étrangères, M. K. Rasgotra, confirme qu?Indira Gandhi aime bien sortir du programme préétabli de son emploi du temps pour visiter soudainement un endroit ayant retenu son attention.
Indira Gandhi a aussi droit à un repas créole au restaurant La Caravelle à l?hôtel Trou-aux-Biches. Sir Seewoosagur Ramgoolam y est aussi convié. Il s?assoit aux côtés de Maurice Paturau et en face de Sir Gaëtan Duval, le chef de l?opposition d?alors. Karl Lecordier, le directeur de la restauration, et Paul Ng, le chef cuisinier, se surpassent pour leur offrir un repas créole mais princier.
Le menu comprend, entre autres, une salade de palmiste, des tranches de tomate, un émincé de volaille et de pomme, du thon, du maïs, des légumes, du melon, de l?émincé de poisson, du concombre à la mauricienne, un rougaille de crevettes et de pistache à la sauce d?huître, un poisson aigre-doux, du riz cantonais, un bryani d?agneau, du curry de volaille à la Madras, une daube d?ourite, du cerf, un curry de légumes, du riz, des chappattis, des chatinis, des chipèques, des appalams, du flan à la banane flambée, l?éclair au chocolat.
Au cours de sa visite à Maurice, Indira Gandhi inaugure le centre de formation Professeur-Upadhyaya à Piton. Elle en profite pour rendre un vibrant hommage à son ancien ambassadeur à Maurice. Elle rappelle que le défunt était un nouveau venu dans la diplomatie et qu?il hésitait à venir à Maurice, arguant que son franc-parler ne l?habituait guère aux usages diplomatiques habituels. Or les relations indo-mauriciennes ont justement besoin d?un diplomate de sa haute valeur. Elle le qualifie d?intellectuel tombé amoureux de l?île Maurice.
Elle rappelle que l?éducation et la formation technique doivent répondre aux besoins de la société. Elle cite en exemple l?Inde qui met l?accent à juste titre sur les petites et moyennes entreprises. ?Nous entrons de plain-pied dans la modernisation de l?Inde sans rien renier des meilleures traditions indiennes?, rappelle-t-elle. Nous choisissons ce qui est conforme à nos désirs. Tout ce qui est nouveau n?est pas forcément beau ni bon.
Optimiste, Anerood Jugnauth situe l?importance du centre de formation de Piton pour répondre à une demande croissante de main d??uvre qualifiée.
Une soixantaine d?associations culturelles hindoues reçoivent Indira Gandhi à l?Institut Mahatma-Gandhi. Elle souligne la complémentarité qui existe entre l?Inde et Maurice sur le plan de la diversification culturelle. La grandeur de l?Inde est d?avoir pris le meilleur dans toute culture venue la dominer pour l?adapter au besoin de ses enfants. Chaque invasion étrangère est donc venue enrichir le patrimoine culturel indien. La démocratie est le seul système de gouvernement à pouvoir contenir une telle vitalité. Elle croit dans la diversité culturelle comme dans la religion des autres.
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