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Viols en série à Roche-Bois : Un suspect sous les verrous
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Viols en série à Roche-Bois : Un suspect sous les verrous
Deux filles de 13 ans disent avoir été violées par Jean Daniel Selmour dans un bâtiment abandonné. La police le soupçonne d?être l?auteur d?autres viols de collégiennes au même endroit.
Cette triste histoire aurait pu être l?intrigue d?un roman policier, mais les faits sont bien réels. Les victimes sont deux adolescentes de 13 ans qui, se rendant à leur collège dans la capitale, ont eu le malheur de croiser le chemin, disent-elles, de Jean Daniel Selmour, un Rocheboisien de 28 ans. Elles allèguent qu?elles ont été violées.
Ce dernier, arrêté hier matin, est soupçonné d?une série de viols. Il a passé la nuit au centre de détention d?Alcatraz, aux Casernes centrales. Jean Daniel Selmour nie toutefois l?accusation de viol dont il fait l?objet et plaide le consentement de deux accusatrices. Il affirme : ?Mo de kopinn sa?. Officiellement, deux cas ont été rapportés à la police. Mais, dans le milieu des enquêteurs, on laisse entendre que d?autres collégiennes ont pu connaître le même sort.
Les parents de ces deux adolescentes sont animés d?un sentiment de révolte. ?Bizin kass kass li sa?, lance une des mères de ces collégiennes. Elle est à l?entrée du quartier général de la police à Abercrombie, Ste.-Croix. Une petite foule s?y est massée après l?arrestation de Jean Daniel Selmour. Tous ceux présents tiennent des propos sans équivoque envers le suspect : ?Pa kapav less li koum sa mem sa.?
C?est mardi, vers 16 h 10, que l?affaire est mise au jour. Une fillette, habitant un faubourg sud de la capitale, rentre chez elle en sanglots. Ses parents étaient déjà inquiets de son retard pour rentrer à la maison. Un voisin, élève du même collège que la fille, avait confié à sa mère : ?Li pa finn vinn lekol. Pandan rekreasyon ousi mo pa finn trouv li.?
Le père de la fille retardataire, rendu furieux car il croyait que celle-ci avait fait l?école buissonnière, a failli la gifler. Mais la mère, déjà informée de la terrible mésaventure, est intervenue, lui racontant les sévices subis par leur fille. Les parents conduisent alors la fille au poste de police de Trou-Fanfaron pour consigner sa déposition. Presque au même moment, une autre collégienne, habitant elle un faubourg nord de la capitale, se pointe au même poste de police. Accompagnée de ses parents, elle se dit aussi victime d?un viol lundi matin.
Dans les deux cas, le signalement donné aux enquêteurs par les deux filles indique qu?il s?agit de la même personne. Le modus operandi est identique : le présumé violeur accoste ses victimes et, sous la menace d?un couteau, elles sont contraintes à le suivre jusqu?à un bâtiment abandonné à la route Abattoir à Roche-Bois. Là, il abuse d?elles sexuellement.
Les deux collégiennes, traumatisées, ont expliqué en détail leur rencontre avec l?individu. Dans le milieu des enquêteurs, on déclare que le suspect opère à partir de la gare routière de la Place de l?Immigration à Port-Louis. Tout indique que le suspect Jean Daniel Selmour repère sa proie à cet endroit avant de la filer en vue de commettre son crime.
Contraintes à faire du strip-tease
Avant qu?il n?abuse de ses victimes, le violeur les contraint à se livrer à un véritable strip-tease. C?est du moins ce qu?ont raconté les filles, en pleurs, aux enquêteurs. La collégienne du faubourg sud a été abusée sexuellement à deux reprises. La deuxième victime a, elle, déclaré aux enquêteurs qu?elle a été d?abord accostée par une adolescente. Celle-ci lui a déclaré : ?Enn garson pe krye twa get to zafer mo pe ale mwa.? Aussitôt, un individu s?est approché d?elle et a pointé un couteau sous sa hanche. Tétanisée par la peur, l?adolescente a exécuté à la lettre les demandes de son agresseur : ?Pa bouze sinon mo touy twa. Ena lavi to fami an danze. Nou, nou touy dimoun ek nou anterr dimounn nou?, lui aurait dit son agresseur d?une voix grave.
À 9 heures hier matin, le père d?une des deux victimes s?est rendu à Camp-Zoulou, Roche-Bois, après avoir visité le lieu où sa fille déclare avoir été violée. Il s?était d?abord renseigné auprès d?un des sans domicile fixe qui s?abritent dans ce bâtiment abandonné où le délit a été commis. ?Pa premye foi ki li amenn zenfan lekol isi?, devait apprendre le père.
Le quartier général d?Abercrombie, prévenu de ce développement, dépêche alors une équipe de la Criminal Investigation Divison (CID) de la Metropolitan Division inspecter le bâtiment. Sur place, ces policiers, dirigés par l?assistant surintendant de police Noël et de l?inspecteur Jocelyn Mootooveeren, sont témoins d?une scène peu banale : un individu est roué de coups par un groupe de personnes. Les policiers interviennent et réussissent à dégager l?individu que ses agresseurs présentent comme le violeur. Il s?agit de Jean Daniel Selmour.
Tests sanguins
Il est conduit sous forte escorte policière au quartier général d?Abercrombie. Peu après, ayant appris l?arrestation, des parents et proches des deux fillettes violées débarquent à Ste.-Croix. Ils affichent un air hostile et veulent voir la tête du présumé violeur. L?assistant commissaire de police, Vinod Appadoo, de la Metropolitan Division North intervient et leur demande de laisser agir la police. Il leur assure que la justice suivra son cours.
Pour parer à toute éventualité, des éléments de la Divisional Support Unit, ceux de l?Emergency Response Service et de la Special Supporting Unit, ont été mandés sur les lieux. Des dispositions similaires ont également été prises au poste de police de Trou-Fanfaron à Port-Louis.
Vers minuit, les deux adolescentes ont été conduites à l?hôpital Victoria, Candos, pour leur examen par le Dr Sudesh Kumar Gungadin, principal police medical officer. Ce dernier a confirmé qu?il y a bien eu agression sexuelle sur les deux filles. Durant la journée d?hier, toutes deux, accompagnées de leurs parents, se sont rendus à l?hôpital pour subir des tests sanguins.
Le présumé violeur, provisoirement accusé de relations sexuelles avec mineure de moins de 16 ans, comparaît ce matin devant le tribunal de Port-Louis. Par mesure de précaution, des dispositions ont été prises pour que Jean Daniel Selmour soit conduit au tribunal loin du regard des parents de ces deux petites victimes et d?autres curieux.
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