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Vino Sookloll «Il faut rehausser le niveau de la pub locale »
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Vino Sookloll «Il faut rehausser le niveau de la pub locale »
Vous êtes depuis peu, le nouveau président de l?AAA. Quels sont les projets de l?association pour cette année?
? Je crois très sincèrement qu?il y a beaucoup à faire pour réglementer la publicité. L?arrivée des radios privées et l?affichage sauvage, n?ayons pas peur des mots, sont venus dynamiser la publicité locale. Il est important néanmoins de revoir le fonctionnement de l?AAA et ses objectifs. Ce ne sont pas forcément les agences de publicité qui sont responsables de l?affichage sauvage, mais les fournisseurs des panneaux publicitaires. Cela fait deux ans que nous attendons la loi de la Road Authority sur cette question.
L?affichage sauvage vous préoccupe à ce point ?
Nous assistons presque impuissants à l?invasion des rond-points et même celle de la Place d?armes. Je ne suis pas contre le outdoor advertising, je suis d?avis qu?il est impératif de réglementer l?affichage, avec l?aide du ministère de l?Environnement. Nous voulons aujourd?hui que notre pays soit un duty free island, mais sans une loi bien définie sur le outdoor advertising, nous ne serons pas en mesure de montrer le vrai visage de Maurice. Il faut aussi rehausser le niveau de la publicité locale car avec les nouveaux défis, notamment celui du duty free island, il faudra savoir comment mieux communiquer dans un environnement qui sera de plus en plus un heavy tourist market, à l?instar du Dubayy ou de Singapour.
La publicité mauricienne fêtera prochainement ses cent ans, grâce à l?agence Maurice Publicité. On n?avait pas l?impression que la publicité mauricienne était aussi âgée?
? Si la MBC télé a choisi la publicité pour clôturer ses célébrations dans le cadre de ses quarante ans, c?est dire à quel point la publicité fait partie intégrante de nos vies. La télévision est une importante fenêtre sur le monde commercial. Il permet de découvrir un produit. Je crois qu?il y a eu des étapes que la MBC télé à travers quarante ans de pub, a su mettre en exergue. Nous sommes passés des pellicules aux captions, des captions à la vidéo. Et là, il faut saluer Christian Nayna, qui a été le premier à prendre le risque d?importer des équipements.
Aujourd?hui on peut faire des merveilles, il suffit d?avoir les moyens. Nous les publicitaires, nous ne faisons pas de cinéma à la télévision, on est des commerciaux, notre mission consiste à faire vendre un produit, en attirant le client. Un grand publicitaire disait qu?à la télévision, si on se permet d?interrompre un film de Spielberg, il faut faire aussi bien que lui.
La venue des chaînes satellitaires a-t-elle changé la manière dont vous, publicitaires locaux, élaborez vos publicités ?
? Il y a une fausse perception selon laquelle les chaînes satellitaires sont venues changer la donne. Ce qui a changé, c?est que nous savons, grâce à ces chaînes, ce que consomme le Français. Mais tout le monde ne regarde pas les chaînes satellitaires. Nous sommes Mauriciens. Nous avons une culture qui nous est propre et une couleur locale que nous aimons. Lorsque nous, publicitaires, nous regardons les publicités étrangères, notre seul souci est de faire aussi bien qu?eux. Mais ce qui nous fait retomber sur nos pieds, ce sont les moyens. Les clients veulent la meilleure pub avec le moins d?argent possible. Le client veut un super spot à la Hollywood, dans les plus brefs délais et avec un budget parfois dérisoire. On fait avec les moyens du bord.
L?île Maurice est devenue depuis quelque temps, une société de consommation. Quel rôle la publicité joue-t-elle dans cette réalité ?
? La publicité a indéniablement accompagné le développement économique de Maurice. On nous reproche souvent de faire de la publicité mensongère, mais il est important de comprendre que parce que la publicité est médiatisée, elle est souvent attaquée.
C?était le cas d?une campagne orchestrée par votre agence au profit de l?ICAC ?
? Absolument. On a fait de la pub autour de cette pub. L?effet boule de neige qui a suivi a été terrible. Notre métier c?est d?anticiper, de voir et de prévoir ce qui arrivera. C?est le cas avec la téléphonie 3G, personne ne savait ce que c?était. Grâce à la publicité et aux campagnes qu?il y a eu autour, les consommateurs apprennent à se familiariser avec la nouveauté et la technologie. Mais tout cela demande un énorme travail. C?est pourquoi il est important que les lois soient claires au sujet de ce que nous pouvons faire ou pas.
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