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Vieille histoire d?amour? avec le tourisme
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Vieille histoire d?amour? avec le tourisme
S?il y a un homme qui avait toutes les raisons de sabler le champagne lors de la brillante inauguration du Taj Exotica, mardi à Wolmar, c?est bien Sir Kailash Ramdanee. Ce gentleman de 77 ans, qui fait partie des premiers Mauriciens à avoir cru et investi dans le tourisme, peut enfin ajouter le plus beau des joyaux à une couronne d?homme d?affaires déjà bien sertie.
Le tourisme et Sir Kailash, c?est une vieille histoire qui remonte aussi loin que les années 60. En effet, en 1965, il lance, avec un groupe d?amis, Stella Travel Agents, première agence de voyages mauricienne accréditée par l?International Air Transport Association (IATA), l?organisme international régulateur. Quelques années plus tard, en 1970, un autre établissement légendaire voit le jour. Il s?agit du Rocking Boat Pub, à la rue Sir William Newton, à Port-Louis. Un établissement destiné essentiellement à une clientèle touristique. «A cette époque, il n?y avait pas vraiment d?endroits où un visiteur étranger pouvait satisfaire sa soif dans de bonnes conditions», insiste aujourd?hui Sir Kailash.
<B>«NE JAMAIS CEDER AU CHANTAGE»</B>
Sir Kailash lance simultanément le restaurant La Bonne Marmite, un haut lieu de la gastronomie mauricienne. «J?ai lancé cet établissement avec le désir de faire connaître les traditions culinaires de mon pays», explique-t-il. En effet, La Bonne Marmite propose des plats typiques de la cuisine locale, exactement ce que les Mauriciens mangent à la maison. Contrairement aux petits pois, carottes ou pommes de terre servis dans les hôtels, on pouvait y déguster des légumes du terroir, inconnus des visiteurs de l?époque, aujourd?hui à la base des mets les plus recherchés.
Né à Brisée-Verdière, Sir Kailash a débuté sa carrière dans la pharmacie familiale. Mais, en quinze ans, il passe de la vente au détail de médicaments à celui de grossiste, puis de fabricant. «Dans notre région, on croyait que c?était impossible de produire des médicaments à moins cher», lance Sir Kailash. Il relève donc le défi et devient l?un des industriels les plus performants de Maurice.
Mais le goût pour l?innovation, l?un des traits les plus marquants de son caractère, va le pousser à aller plus loin, toujours plus loin. En 1981, Sir Kailash fait l?acquisition de l?immeuble qui abrite le restaurant. Il hésite entre la démolition et la rénovation. Finalement, il opte pour la deuxième solution et, avec l?aide de l?architecte Maurice Giraud, le bâtiment bicentenaire est finalement réhabilité et agrandi. «A l?époque de la rénovation, nous avions eu toutes les peines du monde à retrouver les égouts», raconte le propriétaire des lieux. C?est dire à quel point l?édifice est ancien.
En 1984, la Nouvelle Bonne Marmite voit le jour. «Depuis longtemps, j?ai toujours eu la conviction que le tourisme représentait l?avenir de Maurice», insiste-t-il. C?est ainsi qu?au milieu des années 1980, il fait une demande pour un terrain à bail sur les pas géométriques. Le gouvernement de l?époque lui réserve un terrain sur le littoral encore sauvage de Wolmar, à l?entrée de la Baie-de- Tamarin, face au Morne. Mais ce terrain était rongé par l?érosion, sous le choc constant des houles du sud, qui déferlent en force à cet endroit.
Ce n?est finalement qu?en 2000, plus de quinze ans plus tard, qu?un premier projet peut enfin aboutir. «Nous avons dépensé des millions pour stabiliser le terrain et lutter contre l?érosion», explique le promoteur. Le projet provoque la colère des pêcheurs de la région mais Sir Kailash reste serein. «J?étais intimement convaincu de faire quelque chose de bien et, par ailleurs, j?ai pour principe de ne jamais céder au chantage.» Tant et si bien que le projet finit par voir le jour. C?est The Sands Resort and Spa, le premier établissement de Mauriplage Investment Co., société hôtelière mise sur pied par Sir Kailash et sa famille.
L?ouverture de ce premier établissement est une grande satisfaction. Mais les idées continuent d?affluer dans la tête de l?homme d?affaires qui ne veut pas s?arrêter en si bon chemin après avoir attendu si longtemps? «Nous avions mis neuf mois pour construire un quatre- étoiles (Ndlr, The Sands), nous voulions désormais lancer un hôtel de luxe. Le projet a pris deux ans», explique Sir Kailash.
Après l?ouverture de The Sands, des contacts sont pris. Le groupe indien Taj recherche des partenaires à Maurice. Les négociations sont rapides et discrètes. Sans tapage, un accord est signé avec le groupe indien en 2003. Le terrain, qui jouxte The Sands, est disponible et l?occasion est saisie. «Nos partenaires indiens ne croyaient pas, au départ, que le projet serait prêt à temps. Mais ils ont été impressionnés par les moyens et les équipements mis en ?uvre et le délai a été respecté», précise, non sans une certaine fierté, Sir Kailash.
Pour la construction du nouvel établissement, Sir Kailash fait appel à ses amis de toujours : Maurice Giraud pour l?architecture, General Construction pour la construction.
<B>L?AME D?UN GRAND BUSINESSMAN </B>
C?est ainsi que Taj Exotica voit le jour. Un établissement de luxe à capitaux entièrement mauriciens, géré par un groupe international prestigieux, bref une vitrine de l?île Maurice d?aujourd?hui. «C ?est ce que j?ai toujours voulu faire», insiste encore Sir Kailash.
Aujourd?hui, à près de 80 ans, Sir Kailash a toujours l?âme d?un grand businessman. Il a délaissé certaines de ses activités premières comme l?industrie pharmaceutique et son agence de voyages pour se concentrer sur l?hôtellerie. Même les télécommunications, un univers qu?il a exploré, ne sont plus une priorité pour lui. Pourtant, c?est lui qui a présidé à la fusion de MTS et OTS et la naissance de Mauritius Telecom. C?est encore lui qui a eu le flair de jeter les bases de la Telecom Tower. «Mais j?ai surtout agi en gestionnaire, pas en tant qu?homme de technologie», avoue modestement l?ancien président du conseil d?administration de MT.
Homme de la terre, né à la campagne, il est plus volontiers tourné vers la montagne que vers la mer. D?ailleurs il aime se rendre à Les Mariannes, une petite localité où il possède des terres et où il peut respirer l?air pur qui descend des montagnes voisines. «C?est un site qui attire également les touristes», note Sir Kailash qui a décidément toujours une idée d?avance dans le tourisme?
Ce créneau d?activité, il le partage désormais avec son fils Sanjeev et sa fille, Kobita. Une affaire de famille, donc. Car la famille est un élément important dans la vie de Sir Kailash. Aujourd?hui, Sir Kailash reste fidèle à ses principes. L?honnêteté, le travail, la persévérance. Des principes qu?il veut appliquer au tourisme, ce secteur d?avenir mais qui demande de l?innovation et des idées nouvelles. «Le tourisme n?est pas une chasse gardée à Maurice, il suffit de faire valoir ses droits, de suivre les procédures.» Il reconnaît que c?est aussi un domaine où sévissent parfois des spéculateurs?
Mais, pour Sir Kailash, le tourisme devrait permettre aux Mauriciens de préserver leur âme. Celle qui fait de notre terre, une terre d?accueil et de notre peuple, un peuple fraternel avec un sens profond de l?hospitalité. «Je souhaite ardemment que ces valeurs ne disparaissent pas», conclut-il.
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