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Vicky Virahsawmy raconte les ?tortures? qu?il aurait subies
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Vicky Virahsawmy raconte les ?tortures? qu?il aurait subies
?Zot pe zour touzour, pe ekrir touzour et pe bat touzour.? Jaganaden Virahsawmy, remis en liberté sous caution hier, n?en démord pas : il maintient avoir été brutalisé par les policiers qui l?ont interrogé. Une allégation que rejette d?emblée le chef de la Major Crimes Investigation Team (MCIT), le surintendant (SP) Prem Raddhoa. Versions croisées de ces deux hommes?
Hier après-midi, après l?annonce de sa remise en liberté sous caution, des parents venant de différentes régions de l?île se rendent chez la famille Virahsawmy, à Circonstance. Le père endeuillé est accueilli chez lui en héros. Échappant un moment à cette agitation, il s?est confié à l?express.
Selon Vicky Virahsawmy, devant son refus d?admettre, lors de l?interrogatoire, que c?est lui qui avait mis le feu à sa maison, les policiers auraient commencé à le malmener en lui donnant d?abord un coup de poing en pleine figure. Cela, dit-il, après qu?il eut été emmené, suivant les ordres qui auraient été donnés aux officiers par un haut gradé, ?là-haut dan la chambre disko?.
Il aurait ainsi été forcé à se mettre nu avant de s?allonger à plat ventre sur une longue table. Deux policiers lui auraient alors maintenu les bras écartés pendant qu?un autre lui aurait immobilisé les jambes. Et un quatrième officier serait venu s?asseoir sur son dos.
Le suspect aurait ensuite eu droit à une bastonnade sur la plante des pieds. Cela, avant d?être remis sur une chaise et de subir, précise-t-il, des coups infligés à l?aide de gros dossiers que l?on trouve dans les postes de police. Il aurait, en outre, reçu des claques douloureuses au niveau des oreilles. Et ces coups n?auraient été que le début d?un véritable passage à tabac lors duquel, dit-il, les officiers présents lui auraient aussi écrasé les testicules.
?Je ne sais pas lire?
Tout cela, affirme Vicky Virahsawmy, aurait été accompagné des vociférations des policiers qui n?auraient pas cessé de l?injurier. Les réponses aux questions lui auraient toutes été suggérées. Et il se serait senti obligé de ?collaborer?. Cela, ?pour échapper aux griffes de mes tortionnaires?. Ainsi, fait ressortir le suspect, ?je ne sais pas lire et j?ai été forcé de signer ma déposition.? Et d?ajouter que ?après ma comparution en cour, lorsque j?ai parlé au magistrat, on m?a encore frappé et forcé, cette fois, à donner une autre déposition.? Celle-là aurait été faite devant la caméra vidéo.
Réagissant à ces allégations, le surintendant Raddhoa se montre sarcastique. ?Il n?y a qu?à arrêter d?avoir recours aux tribunaux et laisser aux journalistes le soin de blanchir les gens.? Il explique ensuite qu??on a tendance à très vite oublier les actes perpétrés par certaines personnes. Rol ki zot (les suspects) amene, ou kapav donn zot bondie san konfesyon?.
En ce qui concerne la seconde déposition dont parle le suspect, le SP insiste sur le fait que la police a eu recours à la caméra vidéo pour son enregistrement. Lors de cette déposition ?choc?, le prévenu aurait incriminé son propre avocat comme étant celui qui l?aurait incité à dire des mensonges devant le magistrat du tribunal correctionnel de Moka.
?Il ne faudrait pas y prêter foi, soutient Prem Raddhoa, c?est maintenant devenu une habitude chez les accusés de plaider la brutalité policière pour tenter de se tirer d?affaire. Mais le cas qui nous intéresse est trop grave pour que nous n?y accordions pas toute l?importance qu?il mérite.?
Vicky Virahsawmy est soupçonné d?être l?auteur d?un incendie criminel survenu le jeudi 17 no- vembre et qui a coûté la vie à trois enfants et fait deux blessés par brûlures à la cité de la SILWF à Circonstance, St-Pierre. Cet homme de 28 ans a été arrêté le samedi suivant alors qu?il se trouvait à son domicile. Il affirme avoir été forcé de confesser un crime qu?il n?a jamais commis.
TRIBUNAL DE MOKA
Libre contre une caution de Rs 300 000
■ Jaganaden Virahsawmy, dit Vicky, a été remis en liberté provisoire après avoir fourni une caution de Rs 300 000 et signé une reconnaissance de dette de Rs 1 m hier. Lors de la comparution du suspect devant le magistrat Panray Sewpal, siégeant au tribunal de Moka, Me Kushik Goburdhun, ?State Counsel?, a informé la cour que la police ne comptait pas objecter à la demande de cet homme provisoirement accusé d?incendie criminel ayant causé la mort. Vicky Virahswamy aura à se présenter au le poste de police le plus proche de sa demeure trois fois par semaine. Il pourra également rendre visite à ses enfants en présence d?un ?Child Welfare Officer?. Vicky Virahsawmy était représenté par Me Siddhartha Hawoldar et Me Devina Deonarane.
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