Publicité
Vers une taxe sur les billets d?avion
Maurice fait partie des premiers pays qui sont d?accord pour appliquer une taxe de solidarité internationale sur les billets d?avion. Si en France, la mesure entrera en vigueur à partir du 1er juillet, à Maurice aucune date n?a été fixée. De même aucun quantum n?a encore été arrêté.
Pour Rama Sithanen, la question de savoir si cette taxe aura un impact sur l?industrie touristique ne se pose même pas. «Ce sont les pays émetteurs qui décident. Et je prévois que d?ici l?année prochaine, tous les pays européens qui sont pour Maurice des marchés touristiques auront déjà appliqué cette taxe», dit-il. «Nous soutenons toute initiative visant à alléger la souffrance humaine. Mais il ne faudrait pas que la taxe devienne dissuasive pour les voyageurs», déclare, Robert Alizart, porte-parole d?Air Mauritius.
Madagascar a décidé d?appliquer une taxe d?un euro sur chaque billet d?avion pour les vols internationaux. Au Chili, la taxe est de deux euros pour les vols internationaux et pour la France, une taxe de quatre euros sera appliquée pour les billets de la classe économique et de 40 euros pour ceux de la classe affaires et première.
La France compte ainsi lever 200 millions d?euros qui permettront de donner des médicaments à 1,3 million de sidéens dans les pays pauvres. La lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose est d?ailleurs une priorité car ces pandémies tuent six millions de personnes par an dans le monde. Le ministre des Finances, qui a participé à une conférence sur la solidarité internationale et les financements innovants à Paris en début de semaine, insiste qu?un des principes clés est que le prélèvement doit être infime mais touchant une assiette suffisamment large pour rapporter gros.
Le Chili, le Brésil, Chypre, le Congo, la Côte d?Ivoire, la Jordanie, le Luxembour et le Nicaragua ont également annoncé leur intention d?appliquer une contribution internationale de solidarité sur les billets d?avion. La Norvège a l?intention de se joindre à l?initiative prochainement, tandis que l?Angleterre a décidé de réaffecter les taxes existantes sans en créer de nouvelles. L?Inde, l?Allemagne et la Belgique sont également intéressées mais n?ont pas franchi le pas.
Cette taxe sur les billets d?avion est une des multiples pistes qu?explore la communauté internationale pour aider les pays pauvres notamment dans les domaines de la santé et de l?éducation. La taxation des transactions financières ou les transactions en devises, la réduction des commissions sur les transferts d?argent des migrants vers leurs pays d?origine et le lancement d?une loterie internationale, sont autant de solutions envisagées pour lever des fonds en faveur des pays les plus pauvres.
La recherche des ces «financements innovants», comme on les a baptisés, est de contribuer à atteindre les objectifs du millénaire notamment de réduire de 50 % l?extrême pauvreté en 2015. Or, il se trouve qu?avec les ressources financières actuellement disponibles, les objectifs du millénaire ne seront atteints qu?en 2115. D?où la nécessité de trouver d?autres sources de financement.
Mais Rama Sithanen assure que les pays riches ont parallèlement pris l?engagement de porter leur aide au développement à 0,7 % de leur produit intérieur brut.
Publicité
Publicité
Les plus récents