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Vers une sortie de crise grâce à la réunion gouvernement-MSPA ?
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Vers une sortie de crise grâce à la réunion gouvernement-MSPA ?
La situation, tendue ces dernières semaines entre l?Hôtel du gouvernement et l?industrie sucrière, pourrait se décanter grâce à la réunion prévue pour demain à 14 h 30 au bureau du Premier ministre. La Mauritius Sugar Producers Association (MSPA) a reçu hier une correspondance à ce sujet.
Quelles sont les attentes de la MSPA concernant cette rencontre ? Jean Li Yuen Fong, directeur de la MSPA répond : ?Nous accueillons favorablement cette rencontre de mercredi car le dialogue est essentiel à la réussite de la réforme de l?industrie sucrière. Nous avons aussi pris note de la déclaration du ministre des Finances, samedi, disant que le gouvernement veut réussir la réforme de l?industrie sucrière et qu?il faut arriver à une win-win situation.?
?Sans réforme, ajoute Jean Li Yuen Fong, le secteur sucrier ne sera plus économiquement viable. La baisse du prix du sucre atteindra 36 % en 2009, que le secteur sucrier mauricien soit prêt ou non à relever ce défi.?
Jean Li Yuen Fong fait ressortir que d?ici là, la réforme doit avoir atteint ses objectifs. L?industrie sucrière joue maintenant contre le temps. ?Les décisions concernant la réforme doivent être prises maintenant, afin d?avoir le temps de mettre en place les piliers de cette reforme, avant 2009. Si elle ne réussit pas, c?est toute une partie de l?économie du pays qui sera affectée.?
Une réunion au cours de laquelle les principaux piliers de la réforme du secteur sucre seront évoqués. En premier lieu, la centralisation, une des conditions essentielles pour l?aide financière de l?Union européenne (UE) au secteur sucre. Cette aide intervient comme mesure d?accompagnement dans le cadre de la réforme du régime sucre de l?UE, qui entraîne la baisse du prix du sucre.
Il est prévu que trois usines sucrières ferment leurs portes cette année ? Mon-Loisir, Mon-Trésor et Riche-en-Eau. Mais ces projets de fermeture sont en suspens, provoquant la colère du privé.
Chômage technique
Colère qui s?explique par le fait que le gouvernement, après avoir autorisé la fermeture de ces trois usines, a changé les règles du jeu en y ajoutant une condition qui ne figurait pas au départ dans les négociations de la réforme.
Le gouvernement insiste pour que l?industrie sucrière lui cède 1 500 à 2 000 arpents de terre pour la réalisation de projets d?intégration sociale en contre-partie de la centralisation. C?est la goutte d?eau qui a fait déborder le vase.
Du côté du gouvernement, l?on considère cette demande ?juste? et ?légitime? dans le contexte de réconciliation du social et de l?économie.
Mais si le feu vert du gouvernement n?est pas obtenu d?ici le 31 mai Mon-Loisir devra tourner pour la récolte 2007. Elle est la seule des trois usines qui pourra fonctionner. Les deux autres, n?ayant pas fait de maintenance, seront en chômage technique mais auront à payer les employés, comme ce qui s?est passé avec la sucrerie St.-Félix après sa fermeture.
Ensuite, il y a eu l?annonce du Premier ministre, Navin Ramgoolam, au sujet de l?introduction de la semaine de 40 heures en période de coupe, alors que le Tribunal d?arbitrage permanent s?apprête à se prononcer sur la question.
Pour l?industrie sucrière, l?introduction de la semaine de 40 heures causerait une augmentation de 10 % du budget salarial. Elle juge cela ?incompatible? avec la réussite de la réforme, dont un des piliers est une réduction des coûts de production. La semaine de 40 heures sur cinq jours équivaudrait à une augmentation de Rs 260 millions par an. Si la semaine de 40 heures était introduite sur six jours, l?augmentation serait d?environ Rs 30 millions.
Propositions ?contradictoires?
A tout cela s?ajoute le financement du coût social de la centralisation, qui préoccupe aussi l?industrie sucrière. Car le gouvernement est revenu sur son engagement, pris dans le blueprint sur la réforme sucrière, de financer à hauteur de 75 % les coûts associés à la centralisation des opérations de l?industrie. Ce changement de position implique que les sucriers devront financer plus de 25 % de ces frais. Mais les proportions exactes de financement ne sont pas connues.
Autre polémique entre l?État et le privé : la politique énergétique. L?inquiétude du privé s?accroît. Car dans le document sur la politique énergétique soumis à l?UE beaucoup d?accent est mis sur l?utilisation du charbon pour la production d?électricité.
Du côté du ministère des Services publics et du Central Electricity Board (CEB) on s?accorde à dire que ?le charbon ne sera pas privilégié par rapport à la bagasse mais par rapport à l?huile lourde?. Une position gouvernementale qui ne réduit pas pour autant les appréhensions du privé, d?autant que le CEB se propose d?investir, aux côtés de la société malaisienne CT Power, dans une centrale à charbon à Pointe-aux-Caves.
Pour les sucriers, le document ne tient pas compte du fait qu?il existe des technologies qui permettent aux centrales mixtes bagasse-charbon d?atteindre le même degré d?efficience que les centrales opérant au charbon exclusivement.
Pour cette raison la MSPA juge ?contradictoires? les propositions ayant trait à la politique énergétique gouvernementale. Elle estime que cette politique remet en question l?efficience des centrales bagasse-charbon et veut décourager le charbon dans les centrales mixtes.
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