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Vers une «révolution» des syndicalistes
Une «révolution». Le ton est donné : les syndicalistes entendent agir, secouer les gens, renverser la situation actuelle. Mais ils ne pourront le faire qu?avec l?appui du peuple. Ils s?exprimaient, hier, devant quelque 200 personnes.
Ce meeting d?explication, a eu lieu à La Louise. Un endroit «symbolique», car c?est là que Rama Sithanen «a eu son visa pour le Parlement». Ils s?en prennent à la fois au gouvernement et à l?opposition. Veulent-ils faire de la politique active ? Question pertinente vu le ton et les arguments utilisés. Reaz Chuttoo affirme qu?il fallait «des personnes qui fassent de la politique alternative. Il faut réfléchir car on ne peut plus compter sur bannla». «Bannla» veut dire un gouvernement qui «n?a plus de vision», «protège le secteur privé aux dépens du petit peuple», «est à la solde du FMI» aussi bien qu?une opposition «complice» qui tient des «conférences de presse à l?hôtel Labourdonnais avec tapis rouge».
Pour les syndicalistes Deepak Benydin, Atma Shanto, Kenzi Bibi, Teelocki, Reaz Chuttoo, Radhakrishna Sadien et Toolsiraj Benydyn, le problème est surtout la montée des prix, le démantèlement des tripartites, l?enlèvement des subsides sur le riz et la farine et l?âge de la retraite à 65 ans. Ils se disent convaincus que les jours du gouvernement sont comptés mais trouvent le besoin de conscientiser les travailleurs du fait que «zot pe ramas beze dan sa pei la.» La révolution viendra des syndicalistes et va se faire au fur et à mesure que les campagnes d?explications s?intensifient. Cela, bien entendu, si le gouvernement ne «rectifie pas sa politique de droite».
Le MMM aussi déçoit. «ce MMM qui a incarné l?espoir des travailleurs contre la politique de droite», disent-ils, a perdu sa raison d?être. Et la plateforme syndicale doit remplir ce rôle. Pour cela, «il faudra une alliance entre la plateforme syndicale et le peuple». Le ton n?est plus syndical, il devient politicien. «Il y a trois ministres des Finances dans ce gouvernement. L?un est avocat et médecin. Ki li kone dan lekonomi ? L?autre, le ministre Sithanen, peine à vendre son budget. Apre ena Ali Mansoor, ce technicien de la Banque mondiale. Ou ti vot li, ou ?» se demande Atma Shanto.
La cerise sur le gâteau venait de Toolsiraj Benydin. «Quelle croissance ? La croissance ne va pas nous remplir le ventre, elle ne va pas nous nourrir. »
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