Publicité

Vers la modernisation des traitements du diabète

13 novembre 2005, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Les diabétiques peuvent se rassurer. Les traitements à venir bénéficieront des progrès récents. Les autorités envisagent quelques projets en vue de proposer un traitement plus complet aux malades.

Comme l?a souligné à plusieurs reprises, le ministre de la Santé, Satish Faugoo, la prévention et l?éducation des malades devront être les maîtres-mots pour mieux gérer cette maladie.

Le thème de la Journée mondiale du diabète, célébrée aujourd?hui, est Put your feet first en vue de prévenir les amputations, une des complications liées au diabète.

La première étape sera de faire du HbAIC, un test de routine. Ce test mesure le taux moyen de glucose d?un malade sur une période de trois mois et ce paramètre est utilisé pour évaluer la qualité du contrôle du diabète. ?Nous faisons déjà ce test mais pour des cas spécifiques. En le généralisant, c?est une étape importante que nous allions franchir dans le traitement du diabète?, soutient le Dr Tilochunram Nundlall de l?hôpital du Nord.

<B>Pour une meilleure détection</B>

La Mauritius Diabetes Association, par la voix de sa présidente, Veenoo Basant Rai, avait souhaité que le ministère de la Santé puisse effectuer ce test au moins deux fois l?an : ?Souvent, les malades, à quelques jours de leur rendez-vous à l?hôpital, sont rigoureux sur l?alimentation alors qu?ils avaient été négligents auparavant. Ce test permettra de détecter ces cas.?

Un des diabetes educators, Rani Balloo : ?Une fois que nous aurons introduit ce test à une échelle plus grande, nous allons aider d?une manière significative les malades. C?est ce que les professionnels de santé attendent comme prochaine étape à Maurice dans le traitement du diabète.?

Le painful vascular disease est une des deux complications la plus commune avec la neuropathie (nerfs qui deviennent insensibles) des sujets diabétiques. Et l?autre étape importante envisagée est justement la chirurgie vasculaire. La circulation sanguine obstruée au niveau des artères au-dessus du genou provoque de sérieuses complications aux pieds avec des risques importants d?amputation. Par manque de chirurgiens vasculaires et d?équipement, ce traitement n?est pas encore disponible pour les malades. Certains des médecins d?hôpitaux sont actuellement initiés à ces nouvelles techniques.

Le Dr Nundlall apporte des précisions :?Nous avons eu l?opportunité d?approfondir la question avec les diabétologues roumains, venus à Maurice dans le cadre d?une formation. Améliorer la circulation sanguine à travers cette technique est vitale pour le patient diabétique. Le risque de l?amputation diminue grandement.?

Un nouveau footcare protocol est actuellement en finalisation pour les médecins. Le protocole existant fait l?objet de modifications afin de mieux aider le malade nécessitant des soins aux pieds. Comme les amputations des pieds prennent une courbe ascendante, le ministère de la Santé veut aménager des footcare clinics dans chaque hôpital. Veenoo Basant Rai, avait aussi souhaité une unité indépendante pour traiter le diabète dans les hôpitaux.

En attendant que ces nouveautés fassent leur entrée dans les hôpitaux, un changement de mode de vie, (alimentation saine, exercices physiques, pas de cigarettes et d?alcool, moins de graisse) est un impératif dans la vie des diabétiques. ?Nous menons un travail de sensibilisation vaste sur le mode de vie, sur les risques et sur les précautions à prendre pour éviter les complications?, explique le Dr Nundlall.

<B>?L?injection fait souvent peur?</B>

Ce dernier note par ailleurs, comme sa collègue, Veenoo Basant Rai, une réticence vis-à-vis de l?insuline. ?L?injection fait souvent peur et nous sommes confrontés à un réel problème à ce niveau?, précise-t-il. Veenoo Basant Roi précise que ? les médicaments stimulent le pancréas pour la fabrication de l?insuline. Or, quand cet organe ne fonctionne pas, c?est là que l?insuline entre en jeu et les médicaments ne servent à rien dans ce cas-là?. Mais en attendant que l?insuline soit introduite à Maurice sous d?autres formes, à savoir en inhalation comme cela se fait à l?étranger, les diabétiques devront encore subir les injections d?insuline?

SPÉCIALISTES

<B>Aucun diabétologue à Maurice </B>

■ La prévalence du diabète dans l?île ? soit 20 % de la population de plus de 30 ans touchée ? exige au moins qu?il y ait quelques diabétologues dans l?île. Or, le traitement dans le service public et privé est suivi essentiellement par des médecins spécialisés en médecine interne. Ce fait n?a pas manqué de susciter des commentaires de deux diabétologues roumains venus à Maurice à l?invitation de la Mauritius Diabetes Association (MDA) dans le cadre d?une formation de quatre jours, destinée au personnel de santé. Dans les milieux proches de la santé, l?on estime que ?nos médecins sont très compétents dans le domaine et le travail se fait efficacement bien.? D?où le fait que le manque de diabétologues ne se soit pas réellement fait sentir. Par contre, le thème de cette année étant ?Put your feet first?, la nécessité d?avoir des podologues (spécialiste en maladie des pieds) a été mise en avant par la présidente de la MDA, Veenoo Basant Rai. Elle a ainsi demandé au ministre de la Santé de songer à accorder des bourses d?études à ceux qui souhaitent se spécialiser. C?est là, dit-elle, un moyen de prévenir les amputations dans la mesure où les problèmes aux pieds seront détectés bien plus tôt. Car 70 % des amputations à Maurice touchent des diabétiques.

TÉMOIGNAGE

<B>?Mo seye menn enne lavi normal?

■ D.B., 16 ans, découvre qu?elle est diabétique alors qu?elle n?a que sept ans. A cet âge, elle apprend à réaliser elle-même ses tests d?insuline. Comme elle, il sont une centaine d?enfants à avoir le diabète du type 1. Celui-ci survient lorsque le système immunitaire s?attaque par erreur aux cellules pancréatiques du malade, celles qui produisent l?insuline. Une cinquantaine de ses enfants sont des adhérents de la MDA. C?est la fréquence de ses urines de mêmes quelques douleurs aux ventres qui alertent les parents de D.B. lorsqu?elle à 7 ans. Depuis, des visites et des séjours à l?hôpital se succèdent : ?Malgré tou, mo seye amenn lavi normal. Mo fer atention ek se ki mo manze. Mo diabet pa enn handicap pou mo letud. C?est le contrôle qui pli importan.? Elle ne dévore plus les glaces, les chocolats et les autres sucreries comme le font ses amis mais reconnaît toutefois ne pas faire assez de sport?

MATÉRIEL

<B>Glucomètres et bandelettes : pas de taxes</B>

Un glucomètre coûte entre Rs 1 000 et Rs 2 000. Les bandelettes, plus de Rs 1 000 par boîte de 50. Le matériel pour les tests de glycémie dans le sang, si importants pour les diabétiques ? ils doivent être réalisés quotidiennement ? coûte cher. Veenoo Basant Rai, présidente de la Mauritius Diabetes Association (MDA) a fait une demande pour des exemptions sur ces deux items. Requête qui a été favorablement accueillie par le PM, Navin Ramgoolam, présent à la célébration de la Journée internationale du diabète, samedi, au siège de la MDA. Le prochain budget inclura cette mesure, assure-t-il. Le cas d?une jeune fille atteinte de diabète depuis sept ans, qui ne peut acheter les bandelettes faute d?argent, ne laisse pas insensible : ?Mo capav fer li just enn foi par semaine.? Dans son intervention, le PM trouve inacceptable qu?un Mauricien sur cinq est diabétique. Il a annoncé pour bientôt une importante conférence sur le diabète, à Maurice, en collaboration avec des spécialistes britanniques. Il insiste sur le fait que le diabète ne doit pas être considéré comme une fatalité : ?Ou capav viv couma tout dimoune. Mai ou bisin capav control complication, en ayant enn mode de vie plus sain.? L?espoir est là, selon lui, car les recherches prévoient des développements positifs pour le traitement de cette maladie. Le ministre de la Santé, Satish Faugoo, annonce une réorganisation du Trust Fund for Community Health, qui a la responsabilité de mener une éducation préventive auprès des malades. Devant les chiffres ?effrayants? (194 m en 2003 dans le monde), le ministre estime que la prévention est impérative. D?autant que les complications liées à cette maladie se multiplient.

Publicité