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Vers l?éclatement de la MCIT
L?avenir de la Major Crime Investigation Team (MCIT) est incertain après la mort de Rajesh Ramlogun. Une vague de transferts est à prévoir dans les jours à venir dans ce département de la police. Elle touchera presque tous les membres (une trentaine). Ce transfert de policiers a été évoqué au plus haut niveau, hier, aux Casernes centrales. Les responsables de la police sont arrivés à la conclusion qu?il fallait prendre cette mesure à la suite des allégations de brutalités policières et du décès de Rajesh Ramlogun.
La MCIT continuera d?exister mais sera prise en charge par des éléments du Central Criminal Investigation Department (CCID), dirigés par le Deputy Commissioner of Police Tangavel Seerungun.
Quant au sort du surintendant de police (SP) Prem Raddhoa, il demeure encore flou. Mais aux Casernes centrales, nombreux sont les hauts gradés qui souhaitent sa mutation dans un autre département de la police. La décision finale revient cependant au Premier ministre.
Toujours est-il que le chef de la MCIT fera l?objet d?une enquête pour outrage à la cour. Les magistrats Denis Mootoo et Crishna Kumar Hurreesing ont, dans un ruling rendu hier en cour de Flacq, demandé au commissaire de police de démarrer cette enquête. Cette décision fait suite à certains propos tenus dans la presse par le SP sur la décision du magistrat Denis Mootoo d?émettre un mandat d?arrêt contre lui et ses hommes lundi.
Quant au mandat d?arrêt émis contre Prem Raddhoa et des enquêteurs de son équipe, il a été annulé hier au tribunal de Flacq. Les magistrats motivent leur décision du fait une enquête judiciaire a été logée en cour de Port-Louis. Cette enquête judiciaire sera entendue pro forma aujourd?hui.
Vingt témoins assignés
La séance d?hier a été marquée par une déclaration du représentant du parquet, Me Manish Gobin. Celui-ci a soutenu qu?une enquête judiciaire a été logée en cour de district de Port-Louis hier à la requête du Directeur des poursuites publiques (DPP). L?enquête devra permettre de faire la lumière sur la mort de Ramdoollur Ramlogun, aussi connu comme Rajesh.
Ce fonctionnaire du ministère de l?Agriculture est mort pendant sa détention policière. Pas moins de vingt témoins ont été assignés à comparaître, dont les membres de la MCIT et les médecins ayant examiné la victime pendant qu?il était admis à l?hôpital Jeetoo.
Aux environs de 11 h 30, le SP Raddhoa et son équipe, sont arrivés en cour sous forte escorte policière. L?Assistant commissaire de police (ACP) Pritamsing Juwaheer, affecté au CCID, a été appelé à témoigner dans le cadre de l?enquête initiée en cour de Flacq sur les allégations de brutalité policière portées contre le surintendant Raddhoa et ses hommes. L?ACP Juwaheer soutient que la police a démarré sa propre enquête à elle sur ces allégations depuis le 14 janvier.
Treize officiers de la MCIT sont concernés par l?arrestation et l?interrogatoire du suspect Rajesh Ramlogun. Durant sa détention, ce dernier a été hospitalisé à deux reprises. C?est au cours de sa deuxième hospitalisation qu?il a rendu l?âme. Le soir venu, une autopsie a été pratiquée par le Dr Sudesh Kumar Gungadin médecin de la police, en présence du Dr Amah Charya Gujjalu, médecin légiste à la retraite, dont les services ont été retenus par la famille de la victime. La cause du décès est attribuée à un intra-cerebral hematoma with brain necrosis. Des officiers de la MCIT ont été interrogés, des diary book entries de même que d?autres registres de la police et des documents émanant de la MCIT, de l?hôpital Jeetoo et du Line Barracks ont été saisis par la police.
Les officiers de la MCIT interrogés par la police n?ont pu justifier les blessures relevées sur la victime. L?ACP Juwaheer a soutenu que de ?strong indications? montraient qu?il y a eu une forme de violence exercée sur le défunt.
Pas d?inculpé
Toutefois, la police mène toujours l?enquête et va consigner les dépositions de tous les officiers qui étaient directement ou indirectement concernés par la prise en charge du suspect Ramlugon. Jusqu?ici, aucun officier de la MCIT n?a été inculpé en cour, l?enquête policière étant à un stade préliminaire, affirme l?ACP Juwaheer.
Par ailleurs, la cour a ordonné que la police prenne les mesures adéquates pour éviter toute manipulation de preuves. Cet ordre fait suite à une demande formulée par Me Viren Ramchurn, avocat de Ramlogun. Il a reçu un appel anonyme aux environs de 13 heures l?informant qu?un diary book détenu par le CCID aux fins d?enquête n?est pas un original.
Dans une autre démarche en Cour suprême tôt hier matin, les hommes de loi de Raddhoa ont demandé un stay of execution du mandat d?arrêt émis contre lui par le magistrat de Flacq. Me Jacques Tsang Mang King et Ayesha Jeewah ont déposé un affidavit pour demander ce stay of execution devant la juge Nalini Matadeen.
Toutefois, l?après-midi, la demande de stay of execution a été retirée, après la décision de la cour de Flacq d?annuler le mandat d?arrêt. Pour rappel, les avocats de Raddhoa avaient essayé de rencontrer le juge de la Cour suprême, Bushan Domah, lundi pour qu?il renverse la décision du magistrat de Flacq. Ils n?ont pu le faire car le juge n?était pas chez lui.
Enquête officielle sur ce vendredi 13
Après un premier round de collecte de renseignements, l?enquête sur les policiers de la MCIT atteint aujourd?hui sa vitesse de croisière. Les agents du CCID interrogeront officiellement leurs collègues des services de police. Il s?agit de situer la responsabilité des policiers de la MCIT qui sont directement concernés par l?interrogatoire du suspect Rajesh Ramlogun. D?après un scénario développé aux Casernes centrales hier, quatre agents de la MCIT pourraient donner des détails concernant la mort de Ramlogun. Si ces agents confirment les allégations de brutalités policières qui ont causé mort d?homme, le commissaire de police devra référer l?affaire à la justice. Toujours d?après le même scénario, les agents concernés pourraient entraîner, à leur tour, leur patron, le SP Raddhoa, avec eux. Des compléments d?information précisent les choses : dans la nuit du 13 janvier, la victime aurait été tabassée à coups de livres (annuaires de téléphone), de poing et de règles graduées en bois. Le but en était de l?obliger à relater les événements précédant le meurtre d?Indira et de Geeta Jhurry.
Cependant, des agents de la MCIT assurent qu?ils n?ont jamais usé de force pour extorquer une confession quelconque. Ils soulignent qu?ils avaient reçu des instructions du SP Raddhoa pour interroger le suspect dans le cadre de la loi et de ne jamais se servir de la violence pour que leur dossier soit solide en cour. Mais à la MCIT, certains n?approuvent pas les manières de faire du SP Raddhoa. Ils ont fait des confidences à leurs collègues du CCID?
Lundi matin, un rapport provisoire a été remis au DPP. Il contient les dépositions de 24 officiers de la MCIT qui étaient de service du jour de l?arrestation de Rajesh Ramlogun, le 12 janvier, à celui de son décès au matin du 14 janvier. Un des enquêteurs du CCID a précisé à l?express que le volet de la brutalité policière alléguée n?a pas encore été soulevé : les agents de la MCIT concernés ne sont pas encore en présence du rapport d?autopsie. Certains éléments de la Special Supporting Unit seront également entendus. Il s?agit de ceux qui avaient escorté Rajesh Ramlogun en trois occasions. Une première fois au tribunal de Flacq vendredi matin, puis durant son transfert à l?hôpital Jeetoo, Port-Louis dans la soirée du 13 janvier et au matin du 14. Le personnel médical de l?hôpital,et des policiers de service au centre de détention d?Alcatraz aux Casernes centrales seront également appelés à donner leurs dépositions.
L?enquête est menée par les hommes du SP, Suthchidanund Lollbeeharry et de l?ASP, Heman Jangi, placée sous la supervision du numéro 2 du CCID, l?assistant commissaire de police Pritamsing Juwaheer. Au cours de l?audience d?hier matin, ce dernier a cité les noms de 13 officiers de la MCIT qui étaient concernés par l?arrestation et l?interrogatoire de Rajesh Ramlogun. Ils sont les sergents Jagdeo, Balgobin, et Ramcharan, le caporal Madarbux, les policiers, Husnoo, Manoovelloo, Marimootoo, Kawal, Manaho, Auckloo, Levasseur, Potier et l?agent féminin Provence.
Premières observations du Dr Gungadin
Les premières auditions du National Human Rights Commission ont eu lieu hier. Les trois membres de la commission, ont écouté le médecin légiste de l?Etat, Oudesh Kumar Gungadin.
Celui-ci, qui a déjà remis son rapport, devra toutefois revenir devant la commission, une fois les résultats des analyses des différents prélèvements obtenus. Au cours de la séance d?hier, il a expliqué, différents éléments techniques de son rapport.
Une copie du rapport de l?ancien médecin légiste, le Dr Gujjalu, est également en la possession de la Commission des droits de l?homme. Les services de ce spécialiste ont été retenus par la famille de Rakesh Ramlogun. La copie du rapport a été déposée à la commission par Me Sunil Lutchmun et Me Viren Ramchurn, respectivement avoué et avocat du défunt.
Ces hommes de loi ont demandé à la commission d?accélérer ses travaux pour faire connaître la vérité. Ils demandent aussi à Rama Valayden, ministre de la Justice, de faire un suivi rigoureux de la situation. Les autres médecins concernés par cette affaire pourraient être entendus aujourd?hui, outre le Dr Gujjalu. Les premières observations médicales de ceux qui ont ausculté Ramlogun à son arrivée à l?hôpital intéressent aussi la commission.
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