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Verdict de la cour d?assises pour Liyyakat Polin ce matin
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Verdict de la cour d?assises pour Liyyakat Polin ce matin
?Sinserman mo prezant eskiz la cour, prezant eskiz bann fami ki la...? Les paroles sont de Liyyakat Polin, adressées au juge Paul Lam Shang Leen. C?était hier matin en cour d?assises.
L?accusé, ex-membre de ?l?escadron de la mort? reconnaît sa culpabilité, sous trois chefs d?accusation de coups et blessures. Ceux-ci avaient coûté la vie à Abdal Safar Udina (Babal) Joomun, Zoulefekar Osman Beekhy et Yousouf Mourade, trois activistes de l?alliance Mouvement militant mauricien-Parti travailliste (MMM-PTr) à la rue Gorah-Issac, Plaine-Verte le samedi 26 octobre 1996. Le juge Lam Shang Leen rend son jugement ce matin.
Le procès débute à 10 h 30. Après la lecture de l?acte d?accusation par l?huissier de la cour, Liyyakat Polin, plaide coupable. Les membres du jury sont dispensés et seulement huit témoins sont requis pour l?audience.
Me Rama Valayden informe le juge Lam Shang Leen qu?il assure la défense de l?accusé. Il est assisté de l?avocat britannique Mohammed Latif et de Me Sunil Bhugul. Le Parquet est représenté par Me David Chan Kan Cheong, Assistant Solicitor, assisté de Mes Carole Green-Jokhoo et Sooraya Gareeboo, respectivement Senior State Counsel et State Counsel.
Siddick Rasmally, Principal Court Officer, assisté par le Senior Court Officer, Vijay Seebajun, lors de l?enquête préliminaire de l?affaire, est appelé à la barre des témoins. Il produit un dossier du procès-verbal, des pièces à conviction et un rapport du défunt Dr Indredeo Sohun, médecin légiste qui avait autopsié deux victimes.
Le Dr Satish Boolell, médecin légiste qui avait autopsié le cadavre de Yousouf Mourade dans la soirée du 4 novembre 1996, avait extrait deux fragments balles de la tête de Yousouf Mourade. Il est appelé à lire son rapport. Ce dernier attribue le décès de la victime à un coup de balle à la tête, qui a provoqué une fracture du crâne et une déchirure du cerveau.
Saoud Mohamed, sergent de police alors affecté à la section photographie, montre un album de 16 photos prises entre 8 h 45 et 9 h 30 le 26 octobre 1996, sur les instructions de Samuel Gungadoo, technicien au Forensic Science Laboratory (FSL), en présence de l?ins- pecteur Chummun et de Rajesh Hurriram, eux aussi du FSL. Dans sa déposition, Samuel Gungadoo donne des explications sur des photos prises des voitures immatriculées X 5 et J 115.
Le récit du drame
Le constable Tangavel Valaydon vient, lui, avec un album de neuf photos qu?il avait produit au cours de travaux de l?enquête préliminaire. Il avait aussi pris de clichés lors de la reconstitution de faits à la rue Gorah-Issac, Plaine-Verte et à Flic-en-Flac, le 1er décembre 2000.
Certaines photos prises le 11 novembre 1996, concernent un 4x4 de la marque Nissan de couleur rouge immatriculé 3538 NV 95. A une question de Me Valayden, il donne des précisions concernant des trous, sur une des portières arrière du véhicule, qui ressemblent à des impacts de balles.
Puis c?est au tour de l?ex-chef inspeteur Hurrydev Raddhoa de lire les deux dépositions consignées par l?accusé Polin le 30 novembre 2000 et le 1er décembre 2000.
La veille de la fusillade, Liyyakat Polin se trouve à Mare-Anguilles, Mont-Blanc, en compagnie de Cehl Meeah. Celui-ci reçoit un appel téléphonique sur son portable l?informant qu?il y a une bagarre devant le centre de Port-Louis où un des membres du groupe a été agressé. Cehl Meeah descend sur la capitale pour parler à un des protagonistes.
Dans la soirée Bahim Coco aurait dit : ?Bizin ale rode bann couyon ki finn fer mari.? Dans le groupe, il y a Riaz et un homme qui vient du Pakistan. C?est à ce moment-là que le plan de la fusillade est mis en branle. Un sac de jute rempli d?armes à feu, de cagoules et de gants est embarqué dans le véhicule qui passe prendre Azad Nandoo. Puis la voiture fait une tournée à Rose-Hill dans le but de trouver ?Rajesh Bhagwan pou al fer desord?.
Bahim Coco recommande à Riaz même s?il voit des policiers. C?est après avoir attaqué un couple malaisien sur la plage de Flic-en-Flac, pris possession de leur Nissan Rouge avant de l?abandonner dans un champ de cannes à Médine qui le groupe regagne Plaine-Verte aux petites heures du matin pour commettre l?irréparable.
?Sov mo lavi?
A la demande de Me Chan Kan Cheong, Nasser Hassan, seul témoin de cette fusillade, fait le récit de ces moments tragiques. Cette nuit-là, les activistes de l?alliance MMM-PTr se déplacent pour vérifier si les affiches qu?ils ont placardées auparavant sont toujours là. Nasser Hassan voyage à bord de la voiture X 5 avec Yousouf Mourad tandis que Babal Joomun est dans la J 115 avec Zoulefekar Beekhy.
Alors qu?ils rentrent chez eux en direction de la Plaine-Verte, survient la fusillade. La J 115 est devant la X 5 talonnée par une Datsun immatriculée 9347. Selon Nasser Hassan, arrivés à la rue Gorah-Issac, un 4 x 4 rouge ?finn depas nou a tout vites et mo finn tann son cout bal plizir foi?.
Yousouf Mourade a des blessures à la tempe gauche. Avec l?aide de volontaires, Nasser Hassan retire le blessé du véhicule. Un peu plus loin il voit Babal Joomun allongé sur le ventre dans une mare de sang. ?Babal krie «sap moi sov mo lavi» et li dir moi amen li lopital.?
A la barre, l?inspecteur Roland Dabeesing explique que lors de son interrogatoire, en l?an 2000, Liyyakat Polin avait pleinement collaboré à l?enquête. Appelé dans le box des accusés, Liyyakat Polin implore, pendant sept minutes le pardon de la cour et des familles des trois victimes. Il est interrompu par des proches de ces mêmes victimes: ?Nou pale to pardon !?
Me Valayden fait ressortir que l?accusé est poursuivi selon l?article 228 du Criminal code de la sub-section 3, qu?il a commis un délit sans aucune intention de tuer.
L?avocat ajoute que Liyyakat Polin a plaidé coupable dès le début de son arrestation durant le mois dsu ramadan, qu?il jeûnait, qu?il avait des remords et qu?il avait affirmé qu?il disait toute la vérité.
Me Chan Kan Cheong attire alors l?attention de la cour sur l?article 140 du Criminal Procedure Act, à l?effet tout accusé traduit devant les assises doit purger sa peine consécutivement.
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