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Affaire Martingale
Après la visite judiciaire à la prison de Beau-Bassin, cinq gardiens rappelés à témoigner
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Affaire Martingale
Après la visite judiciaire à la prison de Beau-Bassin, cinq gardiens rappelés à témoigner
La reconstitution des événements à la prison centrale de Beau-Bassin n’a pas dissipé les zones d’ombre entourant la mort de John Mick Martingale. Au contraire, la descente des lieux effectuée le 14 juillet dernier a conduit la cour à rouvrir l’examen de la fouille menée dans la cellule du détenu quelques heures avant son décès. Conséquence : plusieurs officiers pénitentiaires devront revenir à la barre pour être de nouveau interrogés.
C’est la principale décision prise mardi devant le magistrat Denis Vellien, siégeant en Cour de district de Rose-Hill dans le cadre de l’enquête judiciaire ordonnée par le Directeur des poursuites publiques (DPP). À la demande de Mᵉ Yanish Jeerasoo, qui représente désormais le DPP dans cette procédure, le magistrat a émis des citations à comparaître en vue de la prochaine audience, fixée au 21 août.
Parmi les témoins appelés à revenir devant la cour figurent les Prison Officers Ghoorah, Vythilinga et Nundlall, trois des gardiens qui avaient participé à la fouille de la cellule 71 le 7 septembre 2024, soit quelques heures avant que John Mick Martingale n’y soit retrouvé mort.
Emmanuel Constant, membre de la Prison Security Squad (PSS) ayant pris part à cette intervention, sera également réentendu.
Le Prison Officer Lafleur, qui assurait le service à la Control Room ce soir-là, devra lui aussi déposer à nouveau.
Ces nouvelles auditions s’inscrivent directement dans le prolongement de la visite judiciaire effectuée à Beau-Bassin. Au cours de cette descente des lieux, le magistrat et les représentants du DPP ont revisité l’ensemble des endroits considérés comme essentiels à la compréhension des faits : la cellule 71, le bureau de l’assistant surintendant de police Ramtoolah, les accès au Bloc B, la Control Room ainsi que la cellule 35, située en face de celle qu’occupait Martingale.
La visite a également donné lieu à une reconstitution. Sous la supervision de la cour, les officiers impliqués ont retracé leurs déplacements, indiqué leurs positions respectives et expliqué, étape par étape, la manière dont la fouille s’était déroulée après que des renseignements avaient fait état de la présence d’un téléphone portable dans la cellule du détenu.
Selon leur version, déjà livrée sous serment, Martingale aurait d’abord nié détenir un téléphone avant de le sortir de sous son matelas, de le briser et de le remettre volontairement aux gardiens. Tous soutiennent qu’aucune violence n’a été exercée contre lui durant cette intervention.
La décision de rappeler ces témoins laisse toutefois entendre que la cour souhaite confronter à nouveau leurs déclarations aux observations faites sur place.
Plusieurs questions restent en effet sans réponse. Les précédentes audiences ont mis en évidence des écarts présumés avec les Standing Orders de l’administration pénitentiaire. Il a notamment été établi que la Control Room n’avait pas été avertie de la fouille, empêchant les opérateurs d’orienter les caméras de surveillance vers la cellule concernée. Il a également été indiqué que Martingale n’avait pas été invité à quitter sa cellule avant le début de l’opération, contrairement aux pratiques normalement suivies.
La chronologie de la fouille continue également d’alimenter les débats. Les horaires d’entrée et de sortie des gardiens du Bloc B, tout comme la durée exacte de leur présence dans la cellule 71, devront être réexaminés à la lumière des constatations faites lors de la reconstitution.
Martingale avait été retrouvé pendu dans sa cellule le 8 septembre 2024. Si la première autopsie avait retenu la thèse du suicide, la contre-autopsie du médecin légiste sudafricain Dr Sipho Mfolozi a conclu à une mort par asphyxie provoquée par une compression du cou après une agression, à l’origine de l’enquête judiciaire en cours.
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