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Venus d?ailleurs mon Afrique, ma blessure

28 juillet 2008, 00:00

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Nous prendre par la racine. Pour que se dressent les pointes du présent. Aborder les côtes du Mozambique, s?arrêter à Foulpointe. Pour plonger au coeur des débats d?actualité. L?affirmation de l?identité créole. Ses tabous, ses replis. Ses hontes, ses pudeurs. Ses divergences aussi. Réparation contre compensation.

Ce sont là les thèmes abordés par le tandem Alain Gordon-Gentil et David Constantin, dans le deuxième film-documentaire de la série «Venus d?ailleurs». Cinquante-deux minutes consacrées cette fois à «la grande aventure de l?immigration africaine». La première a eu lieu vendredi soir au cinéma Star au Caudan.

Le sujet est sensible. Objet de passions, de douleurs passées, de frustrations bien présentes. Le documentaire, lui, choisit de juxtaposer les points de vue. Pour que s?établissent des correspondances. Pour que les dissonances se répondent. Sans prendre parti. Mais avec le parti pris du symbolique.

Tout est dans le choix des interlocuteurs. Leurs arguments sont déjà connus du public. Ce n?est pas la première fois qu?ils tiennent le discours qu?ils ont dans le film.

Effet grossissant

La caméra de Constantin a simplement un effet grossissant. Tout est dans le plan fixe sur les visages. Ceux motivés par l?aspect financier de la réparation des frères Michel. Celui porté sur le long terme, sur l?éducation, de Jean Claude de l?Estrac, journaliste et auteur de «Mauriciens enfants de mille races».

De Macao à l?île Maurice. De l?esclavage au marronage. Le film adopte le rythme de la marche. Presque celui du cortège funéraire. Les mots «douleurs» et «humiliations» deviennent des refrains. Servis par Yves Herman en voix off.

Vijaya Teelock, dans le rôle d?historienne, est mise en scène, assise sur les marches au bassin aux esclaves à Pamplemousses. Comme une sorte de pendant : Amédée Nagapen. Visiblement à l?étroit sous ses casquettes : historiens et haut placé dans la hiérarchie de l?Eglise. Le spectateur le sent. Pris entre son admiration palpable pour les marrons, ces «résistants», ces «guérilleros aux mains nues». Et sa tentative de justifier l?attitude de l?Eglise au cours de la période de l?esclavage. Quand il se range aux côtés des missionnaires lazaristes, ?muselés?, impuissants, entravés par un système basé sur les critères racistes.

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