Publicité
Vente à l?encan : chasse gardée pour de gros profits
Par
Partager cet article
Vente à l?encan : chasse gardée pour de gros profits
Un monde parallèle. Une chasse gardée. Des occasions en or. Les expressions sont multiples pour décrire l?univers de la vente à l?encan, spécialement celle de voitures. Ce monde unique est peuplé de connaisseurs, tous à l?affût de la bonne affaire. Même la manière de communiquer y est atypique. Pas de place pour l?à-peu-près : ceux qui sont là font du business.
10 h 30 vendredi. Dans un garage de la route Nicolay, un faubourg de la capitale, une cinquantaine d?hommes se trouvent à l?intérieur d?une cour qui abrite des voitures accidentées. Elles sont une quinzaine au total.
Des ventes de ce genre sont organisées à travers l?île toutes les semaines par les assurances. «La compagnie d?assurances nous dit combien elle recherche, explique Christian Samouilhan, commissaire-priseur, mais un commissaire-priseur est le seul à décider de la mise de départ pour l?enchère, toujours en dessous de ce que réclame l?assureur.»
A partir de là, les acheteurs potentiels font monter le prix. Les sommes recherchées par l?assureur ne sont toutefois pas toujours atteintes. Le client est seul maître à bord, même si le commissaire-priseur fait de l?humour, histoire de chauffer l?assistance et d?encourager les offres.
L?atmosphère est bon enfant entre les acheteurs qui se connaissent presque tous. Ils discutent et plaisantent, jusqu?au moment où les commissaires-priseurs, ils sont deux, donnent la mise de départ.
Christian Samouilhan et Ardeshir Coothoopermal sont debout à côté d?un 2x4 pour lequel l?enchère va bientôt débuter. Ils viennent d?assurer la vente de trois véhicules déjà. L?un d?eux, une vieille Toyota, a été vendu à 500 piastres. Un terme propre à la vente aux enchères. «Une unité est équivalente à Rs 2.» En gros, le véhicule s?est vendu à? Rs 1 000 !
Déchiffrer les intentions du client
Que va en faire le propriétaire ? Il pourrait choisir de retaper la vieille Toyota ou de revendre la tôle, comme de la ferraille. Les roues peuvent également être soldées. Rien ne sera jeté.
Les intentions du nouveau propriétaire restent toutefois secrètes. Impossible de savoir combien il pense en tirer. Ici, on reste discret. La majeure partie des acheteurs est toutefois là pour trouver des voitures. Le but : acheter, réparer et revendre les véhicules avec de gros profits.
La présence d?autant d?acheteurs témoigne du fait que ces ventes représentent une occasion en or de même que les sommes que certains sont prêts à débourser. Christian Samouilhan raconte une vente il y a un an, où l?enchère sur une BMW a grimpé jusqu?à Rs 1,4 million. Ce monde n?a apparemment pas de limite pour ceux qui peuvent y investir. Pour preuve : les véhicules des acheteurs présents, de vieux camions garés à côté de belles allemandes et de voitures flambant neuves.
La plupart des acheteurs sont mécaniciens ou vendeurs de voitures. L?amateurisme n?a pas sa place dans ces ventes et des batailles acharnées ont parfois lieu. Deux voitures ont été très disputées vendredi : un 2x4 Toyota et un van de la même marque. Pour les deux véhicules, la mise de départ tourne autour de 30 000 piastres, mais les enchères décollent vite. Le nombre d?acheteurs potentiels diminue au fur et à mesure que la mise augmente.
C?est presque le silence dans la cour du garage où se passe la vente. Les commissaires-priseurs sont les seuls à parler. Ils énoncent les mises, qui ne cessent d?augmenter.
De seconde en seconde, le prix du 2x4 Hilux continue de grimper. A 70 000 piastres, deux acheteurs se battent pour la voiture. Les autres ont jeté l?éponge.
Les acheteurs ne parlent presque pas, mais Christian Samouilhan et Ardeshir Coothoopermal ont des années d?expérience. Ils lisent les petits gestes, parfois juste un haussement de sourcils afin de déchiffrer les intentions des acheteurs. La tension monte dans la cour, certains secouent la tête. L?enchère a dépassé les 100 000 piastres.
Quelques minutes plus tard, Christian Samouilhan annonce le prix trois fois, comme un compte à rebours. Cherchant la foule du regard, il est à l?affût, au cas où quelqu?un ferait une nouvelle offre. Rien.
Le véhicule sera finalement adjugé à Rs 220 000. L?acheteur est souriant mais tient à garder l?anonymat. Il explique qu?il est un habitué mais que ce véhicule, il le réserve pour son usage personnel?
Publicité
Publicité
Les plus récents